Selon Journal du Coin, une enquête judiciaire est en cours en Ukraine pour des faits d'extorsion présumée commis par des membres des forces de l'ordre locales. Ces derniers auraient systématiquement ciblé des entrepreneurs du secteur des crypto-monnaies, les enlevant pour leur soutirer plusieurs millions de dollars.
Ce qu'il faut retenir
- Des policiers ukrainiens sont accusés d'avoir kidnappé et extorqué au moins cinq entrepreneurs spécialisés dans les crypto-monnaies.
- Les montants réclamés s'élèveraient à plus de 5 millions de dollars, selon les premières estimations des autorités judiciaires.
- Les victimes, pour la plupart des professionnels du secteur, auraient été ciblées en raison de leur visibilité financière et de leur difficulté à porter plainte.
- Une enquête conjointe a été ouverte par le parquet national anti-corruption ukrainien et le service de sécurité nationale (SBU).
- Les premières arrestations sont intervenues dès le mois de mars 2026, mais d'autres investigations se poursuivent.
- Les faits remontent à 2024 et 2025, période durant laquelle les victimes auraient payé sous la contrainte.
Un schéma criminel systématique et méthodique
Comme le rapporte Journal du Coin, les enquêteurs ukrainiens auraient identifié un modus operandi récurrent. Les victimes, toutes des entrepreneurs ou investisseurs en crypto-monnaies, étaient approchées par des hommes en uniforme, se présentant comme des policiers. Ces derniers profitaient de leur statut pour les interpeller de manière arbitraire, souvent dans des lieux publics ou à leur domicile.
Une fois retenues contre leur gré, les victimes étaient menacées de poursuites judiciaires ou de révélations compromettantes à leur encontre. Les ravisseurs exigeaient ensuite des virements en crypto-monnaies, principalement en Bitcoin et en Ethereum, sous peine de graves conséquences. Bref, il s'agissait d'un chantage organisé à grande échelle, exploitant la faiblesse des victimes et leur réticence à alerter les autorités.
Des victimes contraintes au silence
Selon les éléments recueillis par les enquêteurs, la plupart des entrepreneurs ciblés n'ont pas porté plainte immédiatement, par crainte des représailles ou par méfiance envers un système judiciaire déjà fragilisé par la guerre. Certains auraient même versé les sommes réclamées pour éviter des ennuis supplémentaires. Pourtant, plusieurs victimes ont finalement décidé de témoigner, permettant ainsi d'identifier des schémas répétitifs et des responsables communs.
Les enquêteurs ukrainiens auraient également relevé que les comptes crypto utilisés pour recevoir les rançons provenaient souvent de plateformes basées à l'étranger. Une piste qui complique le traçage des fonds et leur restitution. Les autorités judiciaires tentent désormais de remonter les flux financiers pour identifier les bénéficiaires finaux.
« Nous avons identifié plusieurs cas où des entrepreneurs ont été enlevés, puis libérés après paiement, sans que les autorités locales n'enregistrent aucune plainte formelle. Cela révèle une corruption profonde au sein de certaines unités policières. »
— Un porte-parole du parquet anti-corruption ukrainien, cité par Journal du Coin
Une enquête qui révèle les failles du système judiciaire ukrainien
Cette affaire éclate alors que l'Ukraine tente de renforcer son cadre réglementaire sur les crypto-monnaies, dans un contexte de guerre et de crise économique. Pourtant, la corruption au sein des forces de l'ordre reste un fléau persistant, malgré les réformes engagées ces dernières années. Les autorités judiciaires ukrainiennes ont donc ouvert une enquête conjointe avec le SBU pour démanteler ce réseau criminel présumé.
Les premières arrestations ont eu lieu en mars 2026, mais les investigations se poursuivent pour identifier d'éventuels complices et démanteler l'ensemble de l'organisation. Les victimes, quant à elles, sont encouragées à témoigner pour faire avancer l'enquête. Les autorités ont également promis de renforcer les mesures de protection pour les entrepreneurs du secteur crypto, souvent perçus comme des cibles faciles.
Cette affaire rappelle également l'importance pour les entrepreneurs du secteur crypto de sécuriser leurs transactions et de signaler toute menace aux autorités compétentes. Le gouvernement ukrainien a d'ailleurs annoncé la création d'une cellule dédiée pour accompagner les victimes de ce type de criminalité.
Selon les enquêteurs, les principales plateformes utilisées pour recevoir les rançons étaient Binance, Bybit et Kraken. Ces dernières ont déjà été sollicitées par les autorités ukrainiennes pour collaborer aux investigations et bloquer certains comptes suspects.