L’armée israélienne a intensifié ses frappes contre le Hezbollah dans le sud du Liban et la vallée de la Bekaa, selon Euronews FR. Depuis le début de la semaine, plus de 31 personnes, dont plusieurs enfants, ont péri dans ces attaques, d’après le ministère libanais de la Santé. Ces opérations surviennent alors qu’un fragile cessez-le-feu, négocié par les États-Unis, est en vigueur depuis la mi-avril, malgré des discussions en cours à Washington.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 100 sites du Hezbollah ciblés par Israël en une nuit, dont des dépôts d’armes et des centres de commandement.
- 31 morts dont des enfants, selon les autorités libanaises, depuis le début des dernières frappes.
- Netanyahou promet d’étendre les opérations terrestres pour « fortifier » le sud du Liban et protéger les localités israéliennes frontalières.
- Un cessez-le-feu en péril malgré les négociations en cours, Téhéran exigeant la fin des combats au Liban pour un accord global.
- Plus d’un million de déplacés au Liban depuis le début du conflit, déclenché par des roquettes du Hezbollah le 2 mars.
Des frappes ciblées et une escalade militaire
L’armée israélienne a revendiqué avoir frappé plus de 100 sites du Hezbollah dans la nuit de lundi à mardi, principalement dans le sud du Liban et dans la vallée de la Bekaa. Selon les Forces de défense israéliennes (FDI), les objectifs visés comprenaient des dépôts de munitions, des centres de commandement et des postes d’observation utilisés pour organiser des attaques contre les soldats et les civils israéliens. Ces frappes s’inscrivent dans une stratégie d’escalade annoncée par le Premier ministre Benyamin Netanyahou, qui a réuni dimanche son ministre de la Défense et des hauts responsables militaires pour évoquer l’extension des opérations.
« Les Forces de défense israéliennes mènent des opérations terrestres d’envergure et s’emparent de zones stratégiques », a déclaré Netanyahou. Il a justifié cette intensification par la nécessité de « protéger les habitants du nord d’Israël » contre les tirs de roquettes et les attaques de drones du Hezbollah, tout en précisant qu’Israël cherchait à « fortifier » la partie sud du Liban qu’il contrôle déjà. « Cela nous oblige désormais à intensifier les coups, à accroître la pression. Nous les frapperons sans relâche », a-t-il ajouté.
Un bilan humain lourd et des zones sous tension
Les frappes les plus meurtrières ont touché le village de Machghara, dans l’est du Liban, où 12 personnes, dont plusieurs membres d’une même famille, ont été tuées, selon l’Agence nationale de l’information, l’agence de presse publique libanaise. Mardi, l’armée israélienne a également ordonné l’évacuation des habitants des villes de la province de Nabatieh, signalant une volonté de pousser plus au nord. Beyrouth, épargnée par les bombardements depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, voit pourtant la tension monter face à cette escalade.
Le fleuve Litani, souvent considéré comme une frontière de facto, reste une zone de friction majeure. Israël occupe de vastes territoires au sud de ce cours d’eau, et toute avancée terrestre israélienne risquerait de compromettre davantage les négociations en cours. Selon les autorités libanaises, plus d’un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit, qui a éclaté après des tirs de roquettes du Hezbollah sur le nord d’Israël le 2 mars, en solidarité avec l’Iran.
Un cessez-le-feu fragilisé par les opérations israéliennes
Le fragile équilibre actuel repose sur un cessez-le-feu négocié par les États-Unis et en vigueur depuis la mi-avril. Pourtant, les opérations israéliennes menacent de faire voler en éclats cet accord, alors que des discussions directes entre le Liban et Israël sont prévues à Washington les 29 mai, 2 et 3 juin. Le gouvernement libanais, arrivé au pouvoir sur un programme de réformes incluant le désarmement du Hezbollah, espère que ces pourparlers aboutiront à un retrait israélien et à un cessez-le-feu permanent. « Nous comptons sur ces discussions pour obtenir des résultats concrets », a indiqué un porte-parole du gouvernement.
Cependant, Israël refuse toute évacuation tant que le Hezbollah, soutenu par l’Iran, représentera une menace pour ses citoyens. De son côté, le mouvement chiite a réaffirmé sa détermination à poursuivre les combats « jusqu’à la fin des frappes israéliennes quotidiennes et le retrait total des troupes israéliennes ». Ces dernières semaines, le Hezbollah a d’ailleurs revendiqué l’utilisation de drones à fibre optique, difficiles à intercepter pour les forces israéliennes, pour frapper à la fois des positions militaires et des villages du nord d’Israël. En réponse, Israël a demandé à la population de ne pas se rassembler en grand nombre.
Un conflit aux répercussions régionales
Ce regain de tensions survient dans un contexte où la guerre entre Israël et l’Iran s’étend bien au-delà des frontières libanaises. Depuis le début du conflit, 3 213 personnes ont été tuées et près de 10 000 blessées au Liban, selon le ministère de la Santé. Téhéran, allié historique du Hezbollah, conditionne tout accord de paix à la fin des combats au Liban, ce qui ajoute une couche de complexité aux négociations en cours à Washington.
Les États-Unis, qui jouent un rôle central dans la recherche d’un cessez-le-feu, tentent de concilier les exigences israéliennes avec les aspirations libanaises. Pourtant, l’escalade militaire actuelle pourrait réduire à néant des mois de diplomatie. « Si les opérations se poursuivent, il sera extrêmement difficile de maintenir le dialogue », a confié un diplomate sous couvert d’anonymat.
La communauté internationale, qui suit de près l’évolution de la situation, appelle à la retenue. Pour l’instant, les civils libanais paient le prix le plus lourd : déplacements massifs, infrastructures détruites et incertitude permanente. Autant dire que le chemin vers une paix durable reste semé d’embûches.
Le fleuve Litani sert de frontière de facto entre les zones contrôlées par Israël et celles administrées par le Liban. Israël occupe des territoires au sud de ce fleuve depuis des années, et toute avancée militaire israélienne au-delà risquerait d’étendre encore davantage son emprise territoriale, compliquant les négociations de paix.