Deux jeunes hommes, âgés de 17 ans au moment des faits, accusés de la mort de Shemseddine, adolescent de 15 ans, ont été renvoyés pour «violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner». Cette décision fait suite à une ordonnance de requalification partielle du magistrat en charge de l'affaire dans l'Essonne, datée du 31 mars dernier. Contrairement aux réquisitions du parquet, qui plaidait pour un renvoi pour «assassinat», la justice estime que la mort de Shemseddine n'était ni volontaire ni préméditée. Deux autres mis en cause, âgés de 17 et 20 ans lors des faits, ont bénéficié d'un non-lieu. La violence s'était déroulée en avril 2024, à la sortie du collège de Viry-Châtillon, où Shemseddine avait été agressé dans une cage d'escalier.
La tragédie avait débuté par une altercation entre le jeune adolescent et quatre individus plus âgés. Après une discussion devenue houleuse, Shemseddine avait été violemment frappé, ce qui lui avait causé des blessures mortelles. Malgré l'intervention des secours, il était décédé à l'hôpital le lendemain. Les agresseurs présumés, identifiés rapidement, étaient notamment les frères d'une camarade de Shemseddine, impliqués dans un différend préexistant. Les motivations de l'agression semblaient liées à une défense de l'honneur de la jeune fille, mettant en lumière des tensions entre les groupes de jeunes du quartier.
La requalification des faits s'appuie sur un rapport d'autopsie détaillant les violences subies par Shemseddine, notamment des coups violents entraînant un traumatisme crânien fatal. Malgré des déclarations contradictoires des accusés lors de la reconstitution, la justice a retenu la thèse des «violences ayant entraîné la mort», écartant l'accusation d'«assassinat». Un des mis en cause a cependant été renvoyé pour «subornation de témoins», ayant tenté de détourner l'enquête vers une bande rivale fictive pour couvrir ses actes.
Ce qu'il faut retenir
- Renversement de l'accusation pour «violences ayant entraîné la mort» au lieu d'«assassinat» pour les meurtriers présumés de Shemseddine.
- Deux des accusés bénéficient d'un non-lieu, tandis qu'un autre est renvoyé pour «subornation de témoins».
- L'affaire, survenue en 2024 à Viry-Châtillon, révèle des tensions entre jeunes du quartier et met en lumière un drame lié à la défense de l'honneur.
La décision de requalification a été prise contre l'avis du parquet, qui a fait appel de l'ordonnance. Les prochaines étapes judiciaires pourraient apporter de nouveaux éléments sur les circonstances exactes de la mort de Shemseddine et les responsabilités des différents mis en cause.
