Un drone israélien a tiré deux missiles près d’un poste de police dans le camp de réfugiés d’Al-Bureij, dans le centre de la bande de Gaza, faisant sept morts et plusieurs blessés dont quatre dans un état critique, a annoncé samedi 11 avril 2026 la Défense civile de Gaza à l’AFP, comme le rapporte Le Figaro. L’attaque, survenue vers 1h40 locales (22h40 GMT vendredi), s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes malgré un cessez-le-feu fragile entré en vigueur le 10 octobre 2025 après deux ans de guerre.
Ce qu'il faut retenir
- Sept personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées, dont quatre dans un état critique, lors d’une frappe de drone israélien sur le camp d’Al-Bureij dans la nuit de vendredi à samedi.
- Les missiles ont été tirés près d’un poste de police et ont visé un rassemblement de civils déplacés près d’une mosquée, selon les autorités locales.
- Les hôpitaux al-Aqsa et Al-Awda ont reçu les corps de six et un blessé respectivement, tandis que sept autres blessés graves ont été pris en charge.
- L’armée israélienne a indiqué vérifier ces informations, sans confirmer pour l’heure l’implication de ses forces.
- Depuis le 10 octobre 2025, au moins 738 Palestiniens ont été tués selon le ministère de la Santé de Gaza, sous l’autorité du Hamas.
Une frappe meurtrière dans un contexte de tensions persistantes
Selon Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile de Gaza, l’attaque a coïncidé avec des bombardements d’artillerie israéliens ciblant les zones orientales de Khan Younès (sud) et des frappes sur Beit Lahia (nord), ainsi que la destruction de plusieurs maisons dans l’est de la ville de Gaza. Ces violences surviennent malgré un cessez-le-feu précaire, régulièrement remis en cause par les deux camps.
Les hôpitaux locaux ont été submergés par l’afflux de victimes. L’hôpital al-Aqsa, situé dans le centre de Gaza, a reçu les corps de six personnes et sept blessés graves, dont certains souffrent de blessures multiples au visage, à la poitrine et aux membres. L’hôpital Al-Awda, voisin, a quant à lui enregistré un mort et deux blessés. Les autorités sanitaires soulignent que les impacts directs des missiles ont causé des dégâts particulièrement sévères sur les civils.
Des accusations croisées entre Israël et le Hamas
Israël et le Hamas s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu instauré le 10 octobre 2025. Ce dernier avait été conclu après deux années de conflit déclenché par l’attaque du 7 octobre 2023 menée par le Hamas depuis Gaza, qui avait fait plus de 1 200 morts en Israël selon les autorités israéliennes. Côté israélien, l’armée a recensé cinq soldats tués depuis le début de la trêve, bien que les chiffres restent difficiles à vérifier en raison des restrictions d’accès imposées aux médias à Gaza.
Le Figaro précise que l’AFP n’est pas en mesure de confirmer de manière indépendante les informations fournies par les deux parties, en raison des obstacles à la liberté de la presse dans l’enclave palestinienne. Les organisations internationales, dont l’ONU, jugent fiables les données du ministère de la Santé de Gaza, placé sous le contrôle du Hamas.
Un bilan humain qui s’alourdit depuis le début du cessez-le-feu
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu il y a six mois, les violences n’ont pas cessé pour autant. Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, recense au moins 738 morts palestiniens depuis cette date, un bilan qui reflète l’intensité des échanges de tirs malgré les engagements de trêve. Les frappes israéliennes, comme celle survenue dans la nuit de vendredi à samedi, continuent de cibler des zones densément peuplées, où s’entassent des civils déplacés par des années de guerre.
Le bilan de l’armée israélienne, qui dénombre cinq soldats tués depuis octobre 2025, reste quant à lui bien inférieur. Ces chiffres illustrent la disparité des pertes entre les deux camps, mais aussi les difficultés à obtenir une vision claire de la situation sur le terrain en raison des contraintes logistiques et médiatiques.
« Un drone israélien a tiré deux missiles près d’un poste de police du camp de réfugiés d’Al-Bureij, faisant sept morts et plusieurs blessés, dont quatre dans un état critique. »
— Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile de Gaza
La situation humanitaire, déjà dramatique, risque de se dégrader davantage si les violences persistent. Une flottille humanitaire doit quitter Barcelone le 12 avril pour tenter d’apporter un soutien d’urgence à la population de Gaza, mais son impact dépendra largement de l’évolution du conflit.
L’armée israélienne n’a pas revendiqué l’attaque et se contente de vérifier les informations transmises par la Défense civile de Gaza. Le Hamas, de son côté, accuse Israël d’avoir violé le cessez-le-feu en ciblant délibérément des civils, une accusation rejetée par les autorités israéliennes.
Les restrictions imposées par les autorités israéliennes empêchent l’accès des médias internationaux à Gaza. Les organisations comme l’AFP ou l’ONU se fient donc aux données fournies par le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, mais ne peuvent pas les confirmer de manière indépendante.
