Washington et Erevan ont réaffirmé, mardi 26 mai 2026, leur volonté commune de faire avancer un projet d’infrastructure stratégique reliant certaines régions de l’Azerbaïdjan, pays avec lequel l’Arménie entretient des relations tendues. Cette annonce intervient à l’occasion d’une rencontre éclair entre le secrétaire d’État américain Marco Rubio et son homologue arménien Ararat Mirzoyan, organisée à Erevan.
Ce qu'il faut retenir
- Marco Rubio et Ararat Mirzoyan se sont rencontrés mardi 26 mai 2026 à Erevan, selon RFI.
- Les deux pays ont réaffirmé leur engagement à développer un corridor reliant des régions azerbaïdjanaises.
- Ce projet s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, malgré plusieurs accords de cessez-le-feu.
- Les discussions ont porté sur des infrastructures de transport, notamment routières et ferroviaires.
- L’objectif est de renforcer les échanges économiques entre l’Arménie et ses voisins, tout en évitant un isolement géographique.
Une rencontre diplomatique au cœur des enjeux régionaux
La visite de Marco Rubio à Erevan, bien que qualifiée d’« éclair » par les observateurs, a permis d’aborder des sujets sensibles pour les deux pays. Selon RFI, le secrétaire d’État américain a souligné l’importance de « consolider les liens économiques et sécuritaires » entre Washington et Erevan, tout en évoquant la nécessité de stabiliser la région du Caucase du Sud. De son côté, Ararat Mirzoyan a rappelé que ce projet de corridor s’inscrit dans une logique de « connectivité régionale », malgré les différends persistants avec Bakou.
Les tensions entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan remontent à des décennies, notamment autour du conflit du Haut-Karabakh. Plusieurs cessez-le-feu ont été signés depuis 2020, mais les relations restent marquées par des incidents frontaliers et des désaccords sur les frontières. Ce projet de corridor, s’il aboutit, pourrait représenter une avancée majeure pour l’Arménie, souvent perçue comme encerclée géographiquement.
Un corridor stratégique pour l’Arménie
Pour Erevan, ce projet revêt une importance capitale. Enclavée et privée d’un accès direct à la mer, l’Arménie dépend largement de ses voisins pour ses échanges commerciaux. Un corridor traversant l’Azerbaïdjan permettrait de relier le pays à des marchés clés en Europe et en Asie, tout en réduisant sa dépendance vis-à-vis de l’Iran ou de la Géorgie. Selon des analystes cités par RFI, cette infrastructure pourrait également faciliter le transit de marchandises entre l’Asie et l’Europe, en complément du corridor transcaucasien existant.
Cependant, ce projet soulève des questions sur sa faisabilité. L’Azerbaïdjan, qui contrôle une partie du territoire convoité, n’a jamais officiellement donné son accord pour une telle initiative. Bakou considère que toute infrastructure traversant son territoire doit faire l’objet d’un accord bilatéral, ce qui complique les négociations. De plus, les relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan restent fragiles, avec des incidents réguliers le long de la frontière.
La position américaine dans le Caucase du Sud
La présence de Marco Rubio à Erevan s’inscrit dans une stratégie plus large de Washington pour renforcer son influence dans le Caucase du Sud. Les États-Unis, qui ont déjà investi dans des projets énergétiques en Azerbaïdjan, cherchent désormais à diversifier leurs partenariats dans la région. Une source diplomatique citée par RFI indique que Washington voit dans ce projet de corridor « une opportunité de promouvoir la stabilité et la prospérité » dans une zone où la Russie et la Turquie jouent un rôle dominant.
Parallèlement, les États-Unis continuent de soutenir l’Arménie sur le plan sécuritaire, notamment à travers des accords militaires et des exercices conjoints. Cette approche contraste avec la position de Moscou, qui entretient des relations étroites avec Bakou. Pour l’Arménie, cette diplomatie américaine représente un contrepoids bienvenu face à l’influence russe dans la région.
Une question subsiste : ce projet, s’il aboutit, suffira-t-il à normaliser durablement les relations entre Erevan et Bakou, ou restera-t-il un symbole de coopération fragile dans une région toujours marquée par les conflits ?
L’Arménie est un pays enclavé, sans accès à la mer, ce qui limite ses échanges commerciaux. Un corridor traversant l’Azerbaïdjan lui permettrait de relier l’Europe et l’Asie, réduisant sa dépendance vis-à-vis de l’Iran ou de la Géorgie. Ce projet s’inscrit dans une logique de connectivité régionale, malgré les tensions persistantes avec Bakou.