Les États-Unis ont décidé de classer deux factions criminelles brésiliennes, le Comando Vermelho (CV) et le Primeiro Comando da Capital (PCC), parmi les « organisations terroristes étrangères ». Une mesure annoncée jeudi 28 mai par Washington, qui prendra effet à partir du 5 juin, selon RFI. Cette décision restrictive interdit notamment l’accès au territoire américain aux membres de ces groupes et bloque toute transaction financière impliquant ces organisations.
Ce qu'il faut retenir
- Deux groupes criminels brésiliens — le Comando Vermelho (CV) et le Primeiro Comando da Capital (PCC) — sont désormais considérés comme des « organisations terroristes étrangères » par les États-Unis.
- La mesure, effective dès le 5 juin 2026, interdit l’entrée sur le sol américain à leurs membres et bloque les transactions financières les concernant.
- Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a dénoncé une « atteinte à la souveraineté » de son pays, évoquant même une possible escalade vers des poursuites ou une intervention militaire.
Une décision américaine prise malgré l’opposition de Brasilia
Washington a justifié cette classification par la menace que représentent ces deux factions criminelles, actives au Brésil mais aussi impliquées dans des trafics transnationaux. Le département d’État américain a souligné que cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre le crime organisé et le financement du terrorisme. Pourtant, cette initiative a été prise en dépit des réticences du gouvernement brésilien, qui considère cette décision comme une ingérence dans ses affaires intérieures.
Selon des sources diplomatiques citées par RFI, cette classification pourrait aussi compliquer les relations bilatérales entre les deux pays, alors que le Brésil insiste sur sa capacité à gérer seul ses défis sécuritaires. « Le Brésil est un État souverain et capable de résoudre ses propres problèmes », a rappelé un haut responsable du ministère des Affaires étrangères à Brasilia, sous couvert d’anonymat.
Les conséquences immédiates pour les groupes ciblés
Dès l’entrée en vigueur de la mesure, prévue le 5 juin, les membres du Comando Vermelho et du Primeiro Comando da Capital se verront interdits d’entrée aux États-Unis. Toute transaction financière liée à ces groupes sera également bloquée, ce qui pourrait fragiliser leurs réseaux de financement. Les autorités américaines ont précisé que cette décision s’appliquera non seulement aux dirigeants, mais aussi à l’ensemble des membres identifiés de ces organisations.
Aux États-Unis, cette classification ouvre aussi la voie à des poursuites judiciaires contre les personnes ou entités soutenant ces groupes, qu’elles soient américaines ou étrangères. Des observateurs soulignent que cette mesure pourrait inciter d’autres pays à adopter des sanctions similaires, renforçant l’isolement du CV et du PCC sur la scène internationale.
Lula dénonce une « violation de la souveraineté » brésilienne
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a vivement réagi à cette décision, la qualifiant de « sérieuse violation de la souveraineté » de son pays. Lors d’une allocution télévisée, il a déclaré : « Nous ne pouvons accepter qu’un autre pays décide à notre place comment nous devons gérer notre sécurité. Le Brésil a ses propres institutions pour faire face à ces défis. »
Lula a également mis en garde contre les risques d’escalade, évoquant la possibilité de « poursuites judiciaires ou même d’interventions militaires » si Washington venait à étendre ses sanctions. « Nous ne resterons pas les bras croisés », a-t-il affirmé, sans préciser les mesures concrètes que le Brésil pourrait prendre en réponse. Cette rhétorique reflète les tensions croissantes entre les deux pays, alors que les relations diplomatiques se tendent depuis plusieurs mois sur des sujets économiques et géopolitiques.
Reste à voir si cette crise diplomatique s’aggravera ou si des canaux de dialogue permettront de désamorcer les tensions. Une chose est sûre : cette décision aura des répercussions bien au-delà des frontières brésiliennes, tant sur le plan sécuritaire que politique.
Selon le département d’État américain, le Comando Vermelho (CV) et le Primeiro Comando da Capital (PCC) sont impliqués dans des activités criminelles transnationales, notamment le trafic de drogue, les enlèvements contre rançon et le financement du terrorisme. Leur classification vise à asphyxier leurs réseaux financiers et à limiter leur influence, comme le rapporte RFI.