BFM Business révèle qu’Eurenco, spécialiste français des poudres et explosifs, a finalisé un accord de collaboration avec Hellsing, acteur suédois du secteur de la défense. Ce partenariat, annoncé la semaine dernière, vise à renforcer les capacités industrielles et technologiques des deux entreprises dans un contexte marqué par la hausse des tensions géopolitiques et la modernisation des armées européennes.
Ce qu'il faut retenir
- Eurenco et Hellsing signent un partenariat stratégique pour développer des solutions communes en matière de poudre pour munitions.
- Les deux groupes comptent mutualiser leurs expertises en technologie et production pour répondre aux besoins croissants des forces armées.
- Ce rapprochement intervient alors que l’Europe accélère ses investissements dans la souveraineté industrielle et militaire.
- Hellsing, basé en Suède, est reconnu pour ses innovations dans les poudres à faible signature et les munitions de précision.
Un partenariat né de la nécessité industrielle et stratégique
Selon BFM Business, cet accord s’inscrit dans une logique de renforcement des capacités européennes face à la dépendance historique vis-à-vis des États-Unis et de la Russie en matière de poudre. Eurenco, filiale du groupe Nexter, apporte une expertise reconnue dans les poudres pour canons et roquettes, tandis que Hellsing, moins connu du grand public, dispose d’un savoir-faire pointu en munitions à haute performance et à impact réduit sur l’environnement.
Les deux entreprises n’ont pas communiqué sur les montants investis, mais des sources proches du dossier évoquent des projets communs portant sur des nouvelles formulations de poudre et des procédés de fabrication optimisés. « Ce partenariat nous permettra de conjuguer nos forces pour proposer des solutions adaptées aux besoins des armées modernes », a déclaré un porte-parole d’Eurenco sous couvert d’anonymat.
L’Europe accélère sa souveraineté industrielle dans la défense
Ce rapprochement s’ajoute à une série d’initiatives récentes visant à réduire la dépendance européenne en matière d’armement. Comme le rapporte BFM Business, Naval Group a remporté fin juin un contrat de 5 milliards d’euros pour la construction de frégates destinées à la Suède, tandis que MBDA continue de développer des systèmes comme le char MGCS ou le lance-roquettes Thundart.
L’enjeu est double : sécuriser les approvisionnements et innover dans des technologies critiques, notamment face à la montée en puissance de la Chine et des tensions persistantes en Europe de l’Est. « Les conflits récents ont montré l’importance de disposer de chaînes de production locales », souligne un analyste de la défense cité par BFM Business. Le partenariat Eurenco-Hellsing s’inscrit donc dans cette dynamique.
Des synergies industrielles et technologiques attendues
Les deux groupes prévoient de partager leurs centres de recherche et leurs usines pour accélérer le développement de poudres plus performantes et moins polluantes. Hellsing, qui mise sur des procédés de fabrication verts, et Eurenco, spécialiste des poudres à faible émissivité, pourraient ainsi proposer des alternatives aux formulations traditionnelles, souvent critiquées pour leur impact environnemental.
Un premier projet pilote, portant sur une poudre « propre » pour l’artillerie lourde, est déjà en cours. « Nous tablons sur une commercialisation d’ici 24 à 36 mois », a indiqué une source interne à Eurenco. Ce calendrier pourrait être accéléré en fonction des commandes militaires.
Quoi qu’il en soit, cette alliance intervient à un moment où les dépenses militaires européennes atteignent des niveaux records, poussées par la guerre en Ukraine et les tensions en mer de Chine méridionale. Pour Eurenco et Hellsing, l’enjeu sera de concilier performance industrielle et exigences budgétaires, dans un secteur où les marges restent serrées.
Les deux groupes visent à développer des poudres plus performantes et moins polluantes, en mutualisant leurs expertises en recherche et production. Un premier projet pilote porte sur une poudre « propre » pour l’artillerie lourde, avec une commercialisation prévue d’ici 24 à 36 mois.
Aucun détail n’a été communiqué sur d’éventuelles créations d’emplois. Cependant, les deux groupes ont évoqué des « synergies industrielles » et une optimisation de leurs sites existants, ce qui pourrait indirectement soutenir l’emploi local.