La fusée New Glenn développée par Blue Origin, entreprise spatiale du milliardaire Jeff Bezos, a connu une grave anomalie lors d’un essai de mise à feu sur la rampe de lancement de Cap Canaveral, en Floride, dans la soirée du 22 mai 2026, selon Le Figaro.

Alors que les moteurs de l’engin spatial s’allumaient vers 21h00 heure locale (soit 4h00 à Paris le 23 mai), une explosion a réduit la fusée en une boule de feu visible à des kilomètres. Une vidéo diffusée en direct par NASASpaceflight, chaîne YouTube spécialisée dans le suivi des lancements spatiaux, a capté l’instant précis de l’incident. Selon les premiers rapports, aucun blessé n’a été signalé parmi le personnel présent sur place.

Ce qu'il faut retenir

  • Une explosion a détruit la fusée New Glenn de Blue Origin lors d’un essai de mise à feu sur la rampe de lancement de Cap Canaveral le 22 mai 2026 vers 21h00 heure locale.
  • La vidéo de l’incident, partagée par NASASpaceflight, montre l’allumage des moteurs suivi de l’explosion en une boule de feu.
  • L’entreprise a confirmé une « anomalie » lors de l’essai, précisant que « tout le personnel a été localisé » et qu’aucun blessé n’est à déplorer.
  • C’est le deuxième échec en deux mois pour Blue Origin, après l’échec d’une mission orbitale en avril dernier.
  • Jeff Bezos a évoqué une « journée très difficile », tout en réaffirmant la volonté de reprendre les vols une fois l’enquête terminée.

Un essai fatal pour la fusée New Glenn

L’incident s’est produit lors d’un essai de mise à feu statique, une procédure courante pour valider le bon fonctionnement des moteurs avant un lancement. Selon les images diffusées, la fusée a brièvement allumé ses sept moteurs BE-4 avant qu’une détonation ne la consume entièrement. Les autorités locales et la Nasa ont rapidement confirmé l’absence de victimes parmi les équipes techniques et les premiers intervenants.

Dans un communiqué publié sur X (ex-Twitter), Blue Origin a déclaré avoir « constaté une anomalie lors de l’essai de mise à feu ». L’entreprise, fondée par Jeff Bezos, a ajouté que « tout le personnel a été localisé » et que les équipes s’attachaient désormais à sécuriser la zone. Côté Nasa, le nouvel administrateur Jared Isaacman a réagi en soulignant la difficulté des vols spatiaux, tout en réaffirmant le soutien de l’agence pour une enquête approfondie.

Un deuxième revers en moins d’un mois pour Blue Origin

Ce nouvel échec intervient moins d’un mois après un autre revers pour Blue Origin. En effet, le 23 avril 2026, la même fusée New Glenn avait échoué à placer un satellite de communication en orbite en raison d’un dysfonctionnement de son deuxième étage. L’entreprise avait alors ouvert une enquête interne pour identifier les causes de cet incident. Ces deux échecs consécutifs soulèvent des questions sur la fiabilité du lanceur, conçu pour concurrencer les fusées SpaceX dans le domaine des lancements commerciaux et institutionnels.

Malgré ces difficultés, Jeff Bezos a affiché sa détermination dans un message publié sur X. « Une journée très difficile, mais nous reconstruirons ce qui doit l’être et reprendrons les vols. Ça en vaut la peine », a-t-il écrit. Le milliardaire a également confirmé que tous les employés étaient « sains et saufs », écartant tout bilan humain.

Les réactions des acteurs du secteur spatial

L’annonce de l’explosion a rapidement suscité des réactions dans le milieu spatial. Elon Musk, PDG de SpaceX et principal concurrent de Blue Origin, a réagi avec une pointe de sarcasme sur X : « Désolé de voir cela, j’espère que vous vous remettrez rapidement. » Une réponse qui illustre la rivalité historique entre les deux entreprises, bien que les deux milliardaires aient parfois collaboré par le passé.

De son côté, le député républicain Mike Haridopolos, dont la circonscription inclut Cap Canaveral, a salué la réactivité des équipes. « Je suis soulagé qu’aucun blessé n’ait été signalé et je remercie les premiers intervenants, les ingénieurs et les équipes du lancement qui ont agi rapidement », a-t-il indiqué sur la même plateforme. Il a également échangé avec le chef de la Nasa pour faire le point sur la situation.

Un contexte marqué par la course aux lanceurs lourds

La fusée New Glenn est l’un des lanceurs lourds les plus attendus du secteur spatial, avec une capacité annoncée de 45 tonnes en orbite basse. Développée depuis plus d’une décennie, elle devait effectuer son premier vol orbital en 2025, mais les retards accumulés ont repoussé cette échéance. Blue Origin mise sur ce lanceur pour conquérir une part du marché des missions commerciales, institutionnelles et scientifiques, en concurrence directe avec SpaceX et son Starship.

Selon les analystes, les échecs récents pourraient impacter la crédibilité de Blue Origin auprès de ses clients, notamment la Nasa, qui avait sélectionné la fusée pour plusieurs missions futures. Jared Isaacman, administrateur de la Nasa, a rappelé que « développer de nouvelles capacités de lancement de charges lourdes est extrêmement difficile » et que « les vols spatiaux sont impitoyables ». Il a assuré que l’agence travaillerait avec ses partenaires pour soutenir l’enquête et évaluer les impacts sur les missions prévues.

Et maintenant ?

Blue Origin a indiqué qu’une enquête approfondie serait ouverte pour déterminer les causes exactes de l’explosion. Les résultats de cette investigation pourraient prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant d’être rendus publics. En attendant, l’entreprise devra évaluer l’état des infrastructures endommagées à Cap Canaveral et préparer un plan de reprise des essais une fois les causes identifiées.

Côté Nasa, aucune décision n’a encore été prise concernant d’éventuels reports de missions prévues avec New Glenn. L’agence spatiale américaine, qui collabore étroitement avec Blue Origin pour ses programmes lunaires et martiens, devrait suivre de près l’évolution de l’enquête avant de valider de nouveaux créneaux de lancement.

L’incident rappelle les défis techniques et financiers auxquels sont confrontées les entreprises privées dans le domaine spatial. Alors que la course à la Lune et à Mars s’intensifie, la fiabilité des lanceurs reste un enjeu majeur pour garantir la sécurité des missions et la confiance des investisseurs.

La fusée New Glenn est conçue pour placer en orbite basse des charges lourdes jusqu’à 45 tonnes, avec un premier étage réutilisable. Elle devait effectuer son premier vol orbital en 2025, mais ces derniers échecs en avril et mai 2026 pourraient retarder ce calendrier. Parmi ses missions prévues, on compte des lancements pour des satellites commerciaux, des missions scientifiques pour la Nasa et potentiellement des vols habités vers la Lune dans le cadre du programme Artemis.

Les deux échecs consécutifs de New Glenn — un échec orbital en avril et une explosion lors d’un essai statique en mai 2026 — pourraient entacher la réputation de Blue Origin auprès de ses clients et investisseurs. L’entreprise devra démontrer la fiabilité de son lanceur pour conserver la confiance de la Nasa et des opérateurs commerciaux. Une enquête approfondie sera nécessaire pour identifier les causes racines et mettre en place des correctifs avant un retour en vol.