Le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, a interpellé ce lundi 30 mars 2026 l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), les responsables politiques ainsi que les médias, à propos des propos racistes ciblant Bally Bagayoko sur la chaîne CNews. Dans un contexte marqué par la répétition de ces attaques, SOS Racisme dénonce une « banalisation » des discours discriminatoires et exige des mesures concrètes.
Ce qu'il faut retenir
- Bally Bagayoko, personnalité médiatique, est la cible répétée de propos racistes sur CNews.
- Dominique Sopo, président de SOS Racisme, interpelle l’Arcom, les responsables politiques et les médias sur ces dérives.
- L’association dénonce la « banalisation » des discours racistes et l’invisibilisation de la parole antiraciste.
- Les propos visent spécifiquement les Noirs, les immigrés, leurs enfants, les musulmans et les Arabes.
Selon Libération, Dominique Sopo a souligné que ces attaques, loin d’être isolées, s’inscrivent dans une stratégie éditoriale récurrente sur la chaîne. « Les propos racistes ciblant Bally Bagayoko sur CNews ne sont pas des accidents, mais le résultat d’une ligne éditoriale assumée », a-t-il expliqué. L’association pointe du doigt une « chaîne de responsabilité » allant des animateurs aux responsables de la chaîne, en passant par les propriétaires du groupe, liés à Vincent Bolloré.
Dans un communiqué diffusé ce jour, SOS Racisme rappelle que CNews a été épinglée à plusieurs reprises par l’Arcom pour des manquements déontologiques. « Malgré les mises en garde, la chaîne continue de diffuser des contenus stigmatisants, sans que les sanctions ne soient à la hauteur des manquements », a précisé Sopo. L’association cite notamment des décisions de l’Arcom datant de 2023 et 2024, où la chaîne avait été rappelée à l’ordre pour des propos jugés discriminatoires.
Par ailleurs, SOS Racisme s’en prend aux responsables politiques qui, selon l’association, « relaient régulièrement les thèses de l’extrême droite », contribuant ainsi à normaliser ces discours. « Quand des figures politiques reprennent les arguments de l’extrême droite sans les condamner clairement, elles ouvrent la porte à une radicalisation des débats publics », a déclaré Dominique Sopo. L’association cite en exemple les prises de position de certains élus sur la question migratoire ou l’islam, souvent reprises dans les médias comme CNews.
« L’Arcom, les responsables politiques et les médias ont chacun un rôle à jouer pour enrayer cette spirale. Mais pour l’instant, force est de constater que l’inaction domine. »
— Dominique Sopo, président de SOS Racisme
L’association critique également l’attitude des autres médias, qu’elle juge trop souvent silencieux face à ces dérives. « La parole antiraciste est systématiquement invisibilisée, voire caricaturée, alors que les discours de haine bénéficient d’une large couverture médiatique », a rappelé Sopo. Il cite l’exemple de la couverture des manifestations contre le racisme, souvent réduite à des images de violences, tandis que les revendications des associations sont minimisées.
Pour SOS Racisme, l’urgence est double : d’une part, faire appliquer strictement les règles déontologiques par l’Arcom, et d’autre part, promouvoir une « éthique médiatique » exigeante. L’association rappelle que la loi française interdit les discriminations et les propos incitant à la haine, et que les médias ont une responsabilité particulière dans ce domaine.
Les prochaines échéances à surveiller incluent la publication du rapport annuel de l’Arcom sur le respect de la déontologie audiovisuelle, attendu pour juin 2026, ainsi que les éventuelles sanctions contre CNews. Dans ce contexte, SOS Racisme appelle à une mobilisation citoyenne pour exiger que les médias assument pleinement leur rôle dans la lutte contre le racisme.
