Treize ans après l’effondrement de l’immeuble du Rana Plaza au Bangladesh, les conditions de travail dans l’industrie de la fast-fashion n’ont guère évolué, selon Reporterre. Cet accident industriel, survenu le 24 avril 2013, avait coûté la vie à plus de 1 100 personnes et en avait blessé plus de 2 500. Pourtant, malgré les promesses de changement, les pratiques des grandes enseignes restent largement critiquées.

Ce qu'il faut retenir

  • 1 134 morts et 2 500 blessés lors de l’effondrement du Rana Plaza en 2013, selon les bilans officiels.
  • Les conditions de travail dans les usines de fast-fashion au Bangladesh restent « aussi désastreuses » qu’en 2013, selon Eloïse Bazin d’Oxfam France.
  • Les multinationales du textile sont rarement tenues pour responsables, malgré leur rôle central dans ces chaînes de production.
  • Le 24 avril 2013 marque l’une des catastrophes industrielles les plus meurtrières des dernières décennies.
  • Les promesses de réforme des marques de fast-fashion peinent à se concrétiser sur le terrain.

Un bilan humain toujours lourd

Le 24 avril 2013, l’effondrement du Rana Plaza, un immeuble abritant plusieurs ateliers de confection textile à Savar, près de Dacca, a marqué un tournant dans la prise de conscience des dangers liés à la fast-fashion. Avec 1 134 morts et 2 500 blessés, cet accident reste l’un des pires incidents industriels de l’histoire récente. Pourtant, malgré les condamnations internationales et les engagements des marques, les conditions de travail dans les usines bangladaises n’ont que peu changé, comme le souligne Eloïse Bazin, chargée de plaidoyer chez Oxfam France.

Des promesses non tenues par les multinationales

Si les grandes enseignes de la mode ont promis des améliorations après le drame, les observateurs pointent du doigt leur manque d’action concrète. « Les multinationales sont rarement mises en cause, alors qu’elles tirent profit d’un système qui exploite des milliers d’ouvriers », déclare Eloïse Bazin. Selon elle, les salaires restent souvent en dessous du seuil de pauvreté, et les normes de sécurité, bien que renforcées sur le papier, peinent à être appliquées dans les faits. « On ne peut pas parler de progrès significatifs », ajoute-t-elle.

Un secteur en pleine expansion malgré les critiques

La fast-fashion, qui repose sur des collections renouvelées à un rythme effréné et des prix toujours plus bas, continue de prospérer. Des marques comme Shein, Zara ou H&M dominent un marché où la pression sur les coûts se répercute directement sur les conditions de travail. « Les consommateurs paient le prix fort, mais ce sont les ouvriers qui en subissent les conséquences », rappelle Eloïse Bazin. Malgré les campagnes de boycott et les rapports accablants, les engagements des marques restent souvent vagues, et les audits indépendants, peu nombreux.

Et maintenant ?

Pour 2026, plusieurs ONG et syndicats appellent à une régulation plus stricte de la part des gouvernements européens et bangladais. Une loi sur la « diligence raisonnable » pourrait être adoptée d’ici la fin de l’année, obligeant les entreprises à garantir le respect des droits humains dans leurs chaînes d’approvisionnement. Reste à voir si cette mesure, si elle est adoptée, sera appliquée avec suffisamment de fermeté pour changer la donne.

Dans l’attente, les associations comme Oxfam France multiplient les campagnes pour sensibiliser le public. « Le changement viendra aussi des consommateurs, qui peuvent choisir des alternatives éthiques », conclut Eloïse Bazin.

Les sanctions restent rares car les chaînes d’approvisionnement sont souvent opaques, et les marques externalisent la responsabilité vers leurs sous-traitants. Les procédures judiciaires sont longues et coûteuses, et les multinationales exploitent des failles juridiques pour éviter des poursuites directes.