Le constructeur automobile Ferrari s’apprête à marquer l’histoire de la voile avec le lancement d’un voilier révolutionnaire, conçu pour repousser les limites de la vitesse et des performances en haute mer. Selon RMC Sport, le groupe italien dévoilera avant la fin de l’année 2026 son premier bateau de course au large, baptisé Hypersail, un monocoque de 30 mètres entièrement en carbone, aux couleurs emblématiques jaune et noir du cheval cabré.
Ce projet audacieux s’inscrit dans une démarche ambitieuse : battre des records de vitesse autour du globe, tout en s’appuyant sur l’expertise technique de Ferrari en matière de performance et d’innovation. Flavio Manzoni, directeur du design chez Ferrari, a précisé lors d’une conférence de presse organisée à Milan que ce voilier s’inspire directement de l’expérience accumulée en compétition automobile, notamment en Formule 1. « L’Hypersail est conçu pour atteindre des vitesses comprises entre 40 et 50 nœuds (soit 92 km/h), avec une dizaine de marins à bord, à l’image des voiliers engagés dans la Coupe de l’America », a-t-il expliqué.
Ce qu'il faut retenir
- Un voilier de 30 mètres en carbone, aux couleurs jaune et noir de Ferrari, conçu pour atteindre 40 à 50 nœuds (92 km/h).
- Un projet visant à battre des records mondiaux, notamment autour du globe, avec une dizaine de marins à bord.
- Une coque équipée d’ailerons surélevés pour optimiser la vitesse et la stabilité, inspirés des monocoques de la Coupe de l’America.
- Un pont recouvert à 90 % de panneaux solaires (100 m² au total), produisant 20 kilowatts d’électricité pour alimenter les systèmes électroniques et les ailerons asymétriques.
- Une collaboration avec l’architecte naval français Guillaume Verdier, recruté pour ce projet par John Elkann, président de Ferrari.
- Un lancement prévu avant la fin de l’année 2026, avec une coque déjà terminée à Pise et l’assemblage du pont en cours.
Un bateau conçu pour les traversées extrêmes
Contrairement aux voiliers engagés dans des compétitions comme la Coupe de l’America, l’Hypersail a été pensé pour les traversées au long cours. Lors de la présentation milanaise, organisée dans le cadre de la semaine du design, les concepteurs ont insisté sur sa capacité à affronter les mers les plus hostiles, notamment les mers du Sud. Guillaume Verdier, architecte naval de renom, a souligné que l’un des défis majeurs était de « ne pas surdimensionner le gréement pour permettre un tour du monde », tout en garantissant la sécurité du bateau. « Il doit pouvoir se redresser comme un Imoca », a-t-il déclaré, en référence aux monocoques de 18 mètres participants au Vendée Globe.
Pour y parvenir, l’équipe a misé sur une coque en carbone légère mais résistante, capable de supporter des conditions extrêmes. Les ailerons surélevés, similaires à ceux des voiliers de la Coupe de l’America, permettront d’atteindre des vitesses inédites pour un bateau de cette catégorie. Verdier a également évoqué l’importance de concevoir un navire « sûr », capable de se redresser automatiquement en cas de chavirage, une caractéristique essentielle pour les courses au large.
Une autonomie énergétique innovante
L’Hypersail se distingue aussi par son système énergétique, intégralement alimenté par des panneaux solaires. Le pont du bateau sera recouvert à près de 90 % de ces panneaux, représentant une surface totale de 100 mètres carrés. Cette installation permettra de générer 20 kilowatts d’électricité, une énergie suffisante pour actionner les ailerons asymétriques et alimenter les systèmes électroniques embarqués. Ces derniers, inspirés des technologies utilisées en Formule 1, pourraient même permettre une navigation semi-autonome du voilier.
Enrico Voltolini, l’ingénieur en chef du projet, a expliqué que cette autonomie énergétique était cruciale pour un bateau destiné à des missions de longue durée. « Les panneaux solaires sont recouverts d’un revêtement antidérapant, ce qui permet aux marins de se déplacer en toute sécurité sur le pont », a-t-il précisé. Il a également souligné que l’énergie produite servirait aussi à alimenter un système électronique complexe, potentiellement capable de piloter automatiquement le voilier dans certaines phases de navigation.
Ferrari mise sur la voile pour concurrencer les Français
En engageant l’Hypersail dans la course aux records, Ferrari affiche clairement son ambition de rivaliser avec les nations traditionnellement dominantes en voile océanique, comme la France. Voltolini n’a pas caché cette volonté : « Les Français ont toujours été pionniers dans le tour du monde et sur les océans. Nous, les Italiens, Méditerranéens, sommes restés plus près des côtes. Mais avec l’aide d’un Français qui a dessiné le bateau, nous avons l’intention de les battre. » Cette déclaration reflète l’esprit compétitif du projet, qui s’appuie sur une collaboration transalpine.
L’architecte Guillaume Verdier, bien connu pour ses réalisations dans le monde de la voile, a été recruté pour relever ce défi. Son expertise a été déterminante dans la conception d’un bateau à la fois performant et sûr, capable de rivaliser avec les meilleurs voiliers océaniques. Verdier a d’ailleurs rappelé que l’Hypersail devait allier « performance, sécurité et durabilité », des critères essentiels pour un projet aussi ambitieux.
« C’est un bateau qui est fait pour tenir des moyennes à 50 nœuds (...), qui est fait pour aller dans les mers du Sud aussi. »
— Guillaume Verdier, architecte naval
Les prochaines étapes avant le lancement
La construction de l’Hypersail avance à grands pas. Selon les informations communiquées par Ferrari, la coque du voilier a déjà été finalisée à Pise, en Italie. Les prochaines étapes consistent désormais à assembler le pont, puis à intégrer les systèmes électroniques et les panneaux solaires. L’objectif reste fixé : une mise à l’eau avant la fin de l’année 2026, suivie de tests en mer pour valider les performances du bateau.
Les essais permettront notamment de vérifier la résistance de la coque aux vitesses élevées, ainsi que l’efficacité du système énergétique solaire. Une fois ces tests concluants, Ferrari envisage de présenter officiellement l’Hypersail lors d’un événement dédié, avant d’envisager une tentative de record mondial. Le projet, encore entouré de discrétion, suscite déjà un vif intérêt dans le milieu de la voile, où l’innovation technique est souvent récompensée.
Pour l’heure, Ferrari ne communique pas sur un calendrier précis pour cette tentative de record. En revanche, le groupe a d’ores et déjà confirmé que l’Hypersail serait exposé lors de la semaine du design de Milan, offrant ainsi un premier aperçu de ce voilier futuriste. Ce projet marque une nouvelle étape dans l’expansion de Ferrari au-delà de l’automobile, confirmant sa volonté de conquérir de nouveaux territoires, y compris ceux des mers et des océans.