Mohammed Ben Sulayem, président de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), souhaite modifier les règles de gouvernance en vigueur. Actuellement, les dirigeants de la FIA ne peuvent exercer que trois mandats consécutifs de quatre ans chacun, soit un maximum de douze années. Selon Ouest France, Mohammed Ben Sulayem, âgé de 64 ans et réélu à la tête de l’institution l’an dernier, envisage de proposer l’abandon de cette limite.

Ce qu'il faut retenir

  • Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA, souhaite supprimer la limite des 12 ans de mandats pour les dirigeants
  • Cette règle actuelle impose trois mandats de quatre ans, soit une durée maximale de gouvernance
  • Le président, réélu en 2025, pourrait ainsi prolonger son mandat au-delà de cette limite

Cette proposition s’inscrit dans un contexte où les instances dirigeantes du sport automobile sont régulièrement amenées à réévaluer leurs statuts. La FIA, qui supervise notamment la Formule 1, le WRC et d’autres compétitions majeures, fonctionne sous un régime de mandats stricts depuis plusieurs années. Mohammed Ben Sulayem, en poste depuis 2021, a été reconduit pour un nouveau mandat en 2025 après une élection controversée, certains observateurs soulignant des tensions internes au sein de la fédération.

Selon Auto Hebdo, cité par Ouest France, cette volonté de modification pourrait refléter une stratégie personnelle de Ben Sulayem pour consolider son leadership. « La gouvernance d’une organisation comme la FIA exige une continuité et une expertise qui ne se mesurent pas uniquement en années », a-t-il déclaré à l’occasion d’une récente intervention. Il n’a cependant pas précisé s’il comptait se représenter au-delà de 2029, date à laquelle son actuel mandat arriverait à échéance.

Les règles en vigueur à la FIA sont inscrites dans ses statuts, qui encadrent strictement les modalités de renouvellement des instances dirigeantes. Jusqu’à présent, aucune exception n’a été prévue pour les dirigeants en place, quels que soient leur expérience ou leur contribution. Une modification de ces statuts nécessiterait un vote des membres de la fédération, une procédure qui pourrait être soumise lors de la prochaine assemblée générale.

« La question de la durée des mandats est régulièrement débattue, mais elle touche à des enjeux de renouvellement générationnel et de transparence. Supprimer la limite pourrait aussi envoyer un signal fort sur la confiance accordée aux dirigeants actuels. »
— Expert en gouvernance sportive, interrogé par Ouest France

Cette initiative intervient alors que d’autres fédérations sportives internationales, comme l’UCI (cyclisme) ou la FINA (natation), ont récemment assoupli ou supprimé leurs propres limites de mandats pour certains postes. Ces ajustements visent souvent à concilier expérience et renouvellement, tout en évitant les situations de blocage ou de concentration excessive du pouvoir.

Et maintenant ?

Pour que cette proposition aboutisse, elle devra être soumise à l’approbation des membres de la FIA lors d’une prochaine assemblée générale. Aucune date n’a encore été fixée pour cette discussion, mais les observateurs s’attendent à ce que le sujet soit abordé d’ici la fin de l’année 2026. Une modification des statuts nécessiterait une majorité qualifiée, ce qui pourrait donner lieu à des débats internes. Par ailleurs, cette initiative pourrait relancer les discussions sur le modèle de gouvernance de la FIA, notamment après les critiques récurrentes sur son fonctionnement et sa gestion des conflits d’intérêts.

Reste à voir si les membres de la fédération suivront cette proposition. Une chose est sûre : la question du renouvellement des dirigeants et de la durée des mandats ne manquera pas d’alimenter les débats dans les mois à venir. En attendant, Mohammed Ben Sulayem conserve un rôle central dans la gouvernance du sport automobile mondial.

La limite de trois mandats de quatre ans s’applique à l’ensemble des dirigeants élus de la FIA, y compris les membres du Conseil Mondial et du Bureau. Seuls les postes de direction technique ou administrative, non soumis à élection, en sont exclus.