Quatorze ans après leur lancement, Tesla a retiré définitivement ses modèles Model S et Model X de sa gamme commerciale en mai 2026. Selon Frandroid, le constructeur californien a justifié cette décision par des raisons techniques et financières, notamment en pointant du doigt les résultats de ses propres crash-tests ainsi que des coûts de production devenus incompatibles avec les attentes du marché.

Ce qu'il faut retenir

  • Disparition après 14 ans de production : les Tesla Model S et Model X, lancées respectivement en 2012 et 2015, ont été retirées du catalogue en mai 2026.
  • Raisons techniques évoquées : selon Tesla, les résultats des crash-tests ont révélé des lacunes structurelles nécessitant des modifications coûteuses.
  • Coûts de production jugés trop élevés : le constructeur a souligné que les dépenses liées à l’amélioration de la sécurité dépassaient la rentabilité escomptée.
  • Priorité à d’autres modèles : Tesla a recentré ses investissements sur des véhicules plus récents, comme la Model Y et la Cybertruck.

Des crash-tests aux conséquences industrielles

D’après Frandroid, Tesla a mené une série de crash-tests sur les Model S et Model X en 2025 afin d’évaluer leur résistance aux normes de sécurité les plus strictes. Les résultats, jugés insatisfaisants par les ingénieurs du constructeur, ont révélé des faiblesses dans la structure des véhicules, notamment au niveau des zones de déformation et des systèmes de protection des passagers. « Les données étaient claires : des modifications majeures étaient nécessaires pour se conformer aux nouvelles réglementations », a expliqué un porte-parole de Tesla sous couvert d’anonymat.

Ces lacunes ont entraîné des coûts de R&D estimés à plusieurs centaines de millions de dollars. Pour Tesla, qui mise sur une production à grande échelle et des marges serrées, ces investissements s’avéraient incompatibles avec la viabilité économique des deux modèles. Autant dire que la rentabilité à long terme n’était plus garantie.

Une fin de carrière programmée depuis plusieurs mois

La décision de retirer les Model S et Model X a été prise progressivement. Dès 2024, Tesla avait commencé à réduire les volumes de production, tout en maintenant les commandes pour les clients existants. En avril 2026, le constructeur a annoncé officiellement l’arrêt définitif de la commercialisation, sans prévoir de relance future. « Nous avons privilégié l’innovation et la sécurité à grande échelle, ce qui implique de concentrer nos ressources sur des modèles plus récents », a précisé l’entreprise dans un communiqué.

Côté marché, cette disparition ne devrait pas entraîner de pénurie immédiate, Tesla assurant un service après-vente complet pour les propriétaires. Cependant, la fin de ces deux références marque la clôture d’une ère pour le constructeur, qui avait bâti sa réputation sur ces modèles haut de gamme.

L’héritage technique et commercial des Model S et X

Lancée en 2012, la Model S avait révolutionné le marché des véhicules électriques en proposant une autonomie inédite (plus de 400 km à l’époque) et des performances dignes des sportives thermiques. Avec plus de 500 000 exemplaires vendus, elle était devenue un symbole de la transition énergétique. Quant à la Model X, son SUV familial à portes papillon, il avait séduit un public en quête de technologie et d’espace, malgré des débuts commerciaux difficiles.

Pour autant, ces succès commerciaux n’ont pas suffi à garantir leur survie. Tesla a préféré miser sur des modèles plus accessibles, comme la Model 3 et la Model Y, qui représentent désormais l’essentiel de ses ventes. La Cybertruck, dont les livraisons ont débuté en 2024, incarne aussi cette nouvelle stratégie axée sur l’innovation radicale.

Et maintenant ?

Avec la disparition des Model S et X, Tesla va devoir gérer le transfert de ses clients vers d’autres modèles, notamment la Model S Plaid, une version haut de gamme toujours disponible mais dont les ventes restent marginales. Le constructeur n’a pas évoqué de remplacement direct pour ces deux véhicules, préférant concentrer ses efforts sur l’amélioration des modèles existants et le développement de nouvelles technologies, comme les batteries 4680 ou les systèmes d’autonomie complète.

Reste à voir si cette décision aura un impact sur la valorisation boursière de Tesla, dont l’action a connu une volatilité marquée ces dernières années. La prochaine échéance importante sera le rapport trimestriel du troisième trimestre 2026, attendu pour octobre, où les investisseurs pourraient réévaluer leur confiance dans la stratégie du constructeur.

Cette fin des Model S et X rappelle que même les modèles emblématiques ne sont pas à l’abri des impératifs industriels. Pour Tesla, l’heure est désormais à l’innovation continue — quitte à laisser derrière elle des références historiques.