La start-up Flipper, déjà connue pour son outil controversé Flipper Zero, vient de dévoiler son successeur, le Flipper One. Selon Futura Sciences, ce nouvel appareil se présente comme un cyberdeck sous Linux, plus puissant et modulaire que son prédécesseur, et conçu pour les professionnels de la cybersécurité.
Présenté comme un « petit ordinateur dans la poche », le Flipper One marque une rupture technologique. Il intègre un processeur ARM Rockchip RK3576 à huit cœurs, accompagné d’un GPU, d’un accélérateur d’IA (NPU) et de 8 Go de RAM. Fonctionnant sous Linux Debian, ce dispositif se positionne comme un outil polyvalent pour les tests d’intrusion (pentests) et l’analyse réseau.
Ce qu'il faut retenir
- Le Flipper One est un cyberdeck sous Linux, plus puissant que le Flipper Zero, avec un processeur ARM Rockchip RK3576 à 8 cœurs, un GPU, un NPU et 8 Go de RAM.
- Il dispose d’une connectique complète : Wi-Fi 6E, Ethernet, 5G, satellite, PCI Express, USB 3.0 et Sata, avec des slots d’extension M.2 et GPIO.
- L’appareil permet de faire tourner des modèles d’IA en local et d’agir comme un routeur VPN ou un serveur multimédia.
- Flipper sollicite la communauté pour développer les pilotes et accélérateurs nécessaires à son open source complet.
- Son lancement commercial n’est pas attendu avant 2027, avec un prix encore non communiqué, mais probablement plus élevé que les 200 € du Flipper Zero.
Un outil conçu pour les pentests, mais aux usages controversés
Comme son prédécesseur, le Flipper One est présenté comme un outil destiné aux hackers éthiques, permettant de réaliser des tests d’intrusion légitimes. Pourtant, sa polyvalence soulève des questions sur ses usages détournés. Selon Futura Sciences, le Flipper Zero avait déjà été pointé du doigt pour sa capacité à interagir avec des objets connectés, comme des voitures, des portails automatiques ou des réseaux Wi-Fi.
Le Flipper One pousse ces possibilités plus loin. Avec son écran de 2,4 pouces (256 x 144 pixels), sa connectique avancée et sa puissance de calcul, il pourrait servir de passerelle VPN, d’analyseur de trafic réseau, voire de plateforme pour exécuter des agents d’IA en local. « Ce n’est pas une simple évolution du Flipper Zero, mais un nouvel outil, bien plus ambitieux », souligne un porte-parole de Flipper, cité par Futura Sciences.
Une architecture open source et modulaire
Flipper mise sur l’open source pour le Flipper One, en publiant une liste des composants nécessitant des pilotes ou des accélérateurs. La communauté est invitée à contribuer pour optimiser les performances de l’appareil. « Nous avons besoin de l’aide des développeurs pour finaliser certains modules et garantir une compatibilité totale », explique la start-up sur son site dédié.
Le Flipper One se distingue aussi par sa modularité. Grâce à ses ports M.2 et GPIO, il accepte des extensions matérielles, permettant d’ajouter des fonctionnalités selon les besoins. Il peut ainsi être utilisé comme un ordinateur portable via USB-C, ou comme un serveur multimédia connecté à une télévision en HDMI. « Bref, c’est un couteau suisse technologique », résume Futura Sciences.
« Le Flipper One n’est pas conçu pour remplacer le Flipper Zero, mais pour offrir une solution plus puissante aux professionnels de la cybersécurité. »
— Déclaration d’un représentant de Flipper à Futura Sciences
Flipper Zero : un outil déjà sous le feu des projecteurs
Lancé en 2020, le Flipper Zero avait rapidement attiré l’attention pour son apparence anodine de « Tamagotchi high-tech ». Pourtant, derrière son design compact se cachait un appareil capable de lire des puces RFID, de contrôler des téléviseurs ou même de pirater des ordinateurs via USB. Selon Futura Sciences, ses applications légitimes, comme l’identification d’animaux ou le remplacement de télécommandes, ont souvent été éclipsées par ses usages malveillants présumés.
Des vidéos virales avaient montré son utilisation pour ouvrir des portières de voiture ou brouiller des signaux Wi-Fi, alimentant les débats sur la sécurité des objets connectés. Le Flipper One, avec sa puissance accrue, pourrait relancer ces discussions. « L’outil sera aussi puissant que controversé », estime un expert en cybersécurité interrogé par Futura Sciences.
Le Flipper Zero est un petit appareil de poche dédié à l’interaction avec des signaux sans fil (RFID, NFC, infrarouge, ondes radio). Le Flipper One, en revanche, est un cyberdeck complet sous Linux, équipé d’un processeur à 8 cœurs, de 8 Go de RAM et d’une connectique avancée (Wi-Fi 6E, Ethernet, 5G, etc.). Il permet aussi d’exécuter des modèles d’IA en local et offre une modularité bien plus grande.
Flipper n’a pas encore annoncé de date précise pour son lancement commercial. La start-up indique que le développement entre dans sa phase finale, mais que des mois de travail supplémentaires seront nécessaires pour finaliser les pilotes open source. Une commercialisation n’est pas attendue avant 2027.
La start-up Flipper, basée à Saint-Pétersbourg en Russie, continue de surprendre le secteur de la cybersécurité avec ses innovations. Après avoir bousculé les conventions avec le Flipper Zero, elle franchit une nouvelle étape avec le Flipper One, un appareil qui pourrait bien redéfinir les standards des outils de pentest. Reste à savoir si les régulateurs et les utilisateurs sauront en faire un usage responsable.