Le gouvernement prépare un projet de décret visant à corriger les dysfonctionnements constatés à l’automne 2025 dans la nouvelle procédure de recrutement à la sortie de l’Institut national du service public (INSP), anciennement connu sous le nom d’Ecole nationale d’administration (ENA). Cette réforme, qui a remplacé le classement de sortie de l’ENA, fait l’objet d’une révision pour répondre aux critiques formulées par les hauts fonctionnaires et les partenaires sociaux.
Selon Le Monde – Politique, cette mesure s’inscrit dans un contexte de remise en cause des modalités de recrutement des futurs cadres de la haute fonction publique. La nouvelle procédure, introduite pour moderniser le système, a rapidement été pointée du doigt pour son manque de transparence et ses effets pervers sur le recrutement des talents. Le gouvernement souhaite ainsi clarifier les critères d’évaluation et sécuriser les parcours des élèves.
Ce qu’il faut retenir
- Un décret en préparation pour corriger les dysfonctionnements de la procédure de sortie de l’INSP, introduite en 2022 pour remplacer le classement de l’ENA.
- Cette réforme a été critiquée dès l’automne 2025 pour son manque de transparence et ses conséquences sur le recrutement des hauts fonctionnaires.
- Le gouvernement cherche à clarifier les critères d’évaluation et à sécuriser les parcours des élèves de l’INSP.
- L’INSP, héritier de l’ENA, forme les futurs cadres de l’État depuis sa réforme en 2021.
Une procédure de sortie contestée dès son lancement
La procédure actuelle, mise en place pour remplacer le classement de sortie de l’ENA, a été jugée opaque par une partie des hauts fonctionnaires. Dès l’automne 2025, des dysfonctionnements ont été signalés, notamment concernant l’équité des évaluations et la pertinence des critères retenus pour orienter les futurs carrières. Certains observateurs avaient alors évoqué un risque de « banalisation » du recrutement des élites administratives, pourtant censé garantir l’excellence de l’État.
Un haut responsable de l’INSP a confirmé à Le Monde – Politique que « des ajustements étaient nécessaires pour éviter que cette procédure ne devienne un frein plutôt qu’un levier pour l’attractivité des métiers publics ». Les critiques portaient notamment sur la subjectivité de certains critères et sur l’absence de garanties contre les biais dans l’évaluation des élèves.
Vers une refonte des critères d’évaluation ?
Le projet de décret en préparation vise à encadrer plus strictement les modalités de recrutement à la sortie de l’INSP. Parmi les pistes envisagées figurent l’introduction de grilles d’évaluation plus objectives, la diversification des parcours professionnels proposés aux élèves, et la mise en place d’un accompagnement renforcé pour les candidats les moins favorisés. L’objectif affiché est de concilier excellence et équité.
« Nous devons garantir que chaque élève ait les mêmes chances de réussite, quel que soit son parcours antérieur », a indiqué un membre du cabinet ministériel en charge de la fonction publique. Cette réforme s’inscrit dans une logique de transparence accrue, alors que le gouvernement a fait de la modernisation de la haute fonction publique une priorité, notamment après les critiques répétées sur son manque de diversité sociale.
Cette révision intervient alors que l’INSP, créé en 2021 pour succéder à l’ENA, incarne une volonté de transformation profonde de la haute fonction publique. Pourtant, les critiques persistent sur la capacité des réformes à répondre aux enjeux de diversité et d’efficacité de l’État. Le gouvernement devra donc veiller à ce que cette nouvelle mouture de la procédure de sortie ne devienne pas, à son tour, un sujet de contestation.
Une question se pose désormais : ces ajustements suffiront-ils à restaurer la confiance dans un système souvent perçu comme élitiste ? Le débat reste ouvert, alors que les prochaines échéances administratives approchent.
Selon Le Monde – Politique, les principaux dysfonctionnements relevaient d’un manque de transparence dans les critères d’évaluation et d’une subjectivité jugée excessive dans le processus de recrutement. Certains hauts fonctionnaires ont également critiqué l’absence de garanties contre les biais sociaux ou géographiques dans l’orientation des carrières.