La démission forcée d’Alexandra Palt de la présidence du WWF France, annoncée le 28 mai 2026 après des pressions du conseil d’administration, a relancé le débat sur les origines et les pratiques de l’organisation. Selon Reporterre, ces tensions illustrent les fondements historiques du WWF, marqués par des liens avec le colonialisme, le capitalisme et des multinationales, des critiques régulièrement adressées à l’ONG depuis des années.
Ce qu'il faut retenir
- Démission d’Alexandra Palt le 28 mai 2026, poussée vers la sortie après sa participation à une marche antiraciste.
- L’historien Guillaume Blanc souligne les racines colonialistes du WWF, toujours visibles aujourd’hui.
- L’ONG est accusée de promouvoir un « colonialisme vert », mêlant écologie et intérêts économiques.
- Le WWF est critiqué pour ses partenariats avec des entreprises multinationales, comme TotalEnergies.
Une démission liée à la participation à une marche antiraciste
La sortie d’Alexandra Palt, figure médiatique de l’ONG, intervient après que son conseil d’administration a jugé inappropriée sa présence à une manifestation antiraciste. Selon Reporterre, cette décision reflète une ligne interne du WWF, qui peine à concilier ses engagements écologistes avec des causes sociales comme l’antiracisme. « C’est impossible pour le WWF de s’impliquer dans la lutte antiraciste », souligne Guillaume Blanc, historien spécialiste des questions environnementales et coloniales.
Des origines colonialistes toujours d’actualité
Comme le rapporte Reporterre, l’historien Guillaume Blanc met en lumière les fondements historiques du WWF, créé dans un contexte marqué par le colonialisme et l’exploitation des ressources naturelles. Ces racines, selon lui, se traduisent encore aujourd’hui par des pratiques controversées. « Le WWF a toujours été lié à des logiques de domination, qu’elles soient économiques ou territoriales », explique-t-il. Ces critiques ne sont pas nouvelles, mais elles resurgissent avec force depuis plusieurs mois, notamment via des travaux académiques et des enquêtes journalistiques.
Le « colonialisme vert » et les partenariats avec les multinationales
Le WWF est régulièrement pointé du doigt pour son rôle dans la promotion d’un modèle d’écologie marqué par la collaboration avec des entreprises privées. Selon Reporterre, ces partenariats, souvent critiqués, incluent des acteurs majeurs comme TotalEnergies, via des accords de mécénat ou des projets conjoints. L’ONG est accusée de favoriser une vision « business-friendly » de la protection de l’environnement, au détriment de populations locales ou de communautés autochtones. « Le WWF incarne une écologie qui sert avant tout les intérêts du capital », résume Guillaume Blanc.
Ces liens avec les multinationales sont perçus comme une contradiction flagrante avec les missions affichées de l’organisation, à savoir la préservation de la biodiversité et la lutte contre les inégalités environnementales.
Les réactions et les enjeux à venir
La démission d’Alexandra Palt ouvre une période d’incertitude pour le WWF France. D’après Reporterre, l’ONG devra désormais clarifier sa position sur des sujets aussi sensibles que le racisme ou les partenariats économiques. Guillaume Blanc estime que ces débats internes pourraient s’intensifier dans les prochains mois, notamment avec la montée des critiques envers les grandes ONG environnementales. « Le WWF ne peut plus ignorer ces questions », souligne-t-il. Pour l’historien, l’enjeu est de savoir si l’organisation parviendra à se réinventer ou si elle restera prisonnière de ses origines.
Reste à voir si le WWF parviendra à concilier ses engagements historiques avec les attentes croissantes d’une société plus consciente des enjeux sociaux et environnementaux.
Le WWF est accusé de promouvoir une écologie compatible avec les intérêts des grandes entreprises, notamment via des partenariats avec des multinationales comme TotalEnergies. Ces collaborations sont perçues comme une contradiction avec ses missions de préservation de la biodiversité et de justice environnementale, car elles favorisent des modèles économiques extractivistes.