Dans la nuit de samedi 31 mai à dimanche 1er juin 2026, les forces russes ont lancé une nouvelle vague de frappes aériennes contre l’Ukraine, tandis que Kyiv ripostait en ciblant des raffineries et des infrastructures pétrolières stratégiques sur le territoire russe. Selon Euronews FR, ces échanges illustrent l’escalade des hostilités, marquée par des dégâts civils importants en Ukraine et des perturbations économiques croissantes pour Moscou.
Ce qu'il faut retenir
- Les forces russes ont lancé plus de 200 drones contre l’Ukraine, dont 14 ont atteint des cibles, causant des victimes et des destructions civiles.
- Un drone a percuté le bâtiment des turbines de la centrale nucléaire de Zaporijjia, sans endommager les équipements critiques, selon l’AIEA et Rosatom.
- L’Ukraine a visé une raffinerie de Saratov (7 millions de tonnes/an) et un nœud clé d’oléoducs à Kirov, réduisant les capacités pétrolières russes.
- Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réitéré son appel à des missiles pour renforcer la défense antiaérienne, après une semaine de 2 300 drones et 1 560 bombes guidées tirés par la Russie.
- L’Allemagne a livré un lanceur du système IRIS-T à l’Ukraine, mais Kyiv insiste sur la nécessité d’un soutien accru en missiles antibalistiques.
Des frappes russes meurtrières et destructrices en Ukraine
Dans la nuit du 31 mai au 1er juin, les forces aériennes ukrainiennes ont annoncé avoir neutralisé 212 drones de types variés – Shahed, Geran, Italmas – lancés par la Russie. Quatorze de ces engins ont toutefois atteint leur cible, causant des dégâts matériels et humains dans plusieurs régions. Dans la région de Tchernihiv, une frappe sur une entreprise a coûté la vie à un homme de 58 ans et détruit sept camions sur un parking enflammé. À Rivne, une autre entreprise à l’arrêt a été visée sans faire de victimes, tandis qu’à Dnipro, un entrepôt logistique a pris feu.
Selon l’administration régionale de Dnipropetrovsk, une vingtaine de frappes combinant drones et artillerie ont touché la région, endommageant une crèche, un cabinet médical, des immeubles d’habitation et une exploitation agricole. Bilan : deux blessés. Ces attaques s’inscrivent dans une stratégie russe visant, selon Kyiv, des « infrastructures civiles ordinaires » et le secteur énergétique.
L’Ukraine cible les artères pétrolières et raffineries russes
Parallèlement, l’Ukraine a mené des frappes de drones contre des infrastructures pétrolières russes, visant à affaiblir les capacités économiques de Moscou. Dans la région de Saratov, une raffinerie appartenant au géant Rosneft – l’une des plus grandes de la Volga avec une capacité de 7 millions de tonnes de pétrole par an – a été endommagée. Selon Ukraïnska Pravda, l’usine produit plus de 20 types de produits pétroliers, dont des carburants utilisés par l’armée russe.
Un autre coup porté par Kyiv a touché la station linéaire de production et de dispatching Lazarevo, dans la région de Kirov. Située à près de 1 200 km de la frontière ukrainienne, cette installation est un maillon essentiel de l’oléoduc Surgout-Polotsk, acheminant le pétrole sibérien vers les ports baltes et le Bélarus. Les Forces des opérations spéciales ukrainiennes ont confirmé la frappe, soulignant que la destruction de ce « nœud clé » perturbe le transit pétrolier entre les deux plus grands oléoducs européens. Un incendie s’est déclaré sans faire de victimes, selon le gouverneur local.
Enfin, dans la région de Rostov, un dépôt de carburant a été incendié après une frappe de drone dans le district de Matveïev-Kourgan, près de la frontière ukrainienne. Les dégâts collatéraux ont inclus une pharmacie, deux magasins et une voiture. Ces attaques s’ajoutent à une série de frappes similaires qui, selon les agences occidentales, ont déjà contraint la plupart des grandes raffineries russes à réduire ou suspendre leur production.
Tensions autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia
Un drone a percuté le bâtiment des turbines de la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d’Ukraine et d’Europe, samedi 31 mai. L’incident a provoqué « un trou dans un mur », mais n’a pas endommagé les équipements essentiels, a indiqué l’exploitant russe Rosatom. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé la présence de dégâts structurels mineurs, sans risque radiologique apparent.
La Russie a immédiatement accusé l’Ukraine d’une « attaque délibérée », une allégation catégoriquement démentie par Kyiv. Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a qualifié ces accusations d’« illogiques », rappelant que l’Ukraine cherchait précisément à reprendre le contrôle souverain de la centrale. Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a rappelé que « toute attaque, quelle qu’elle soit, depuis ou contre une centrale nucléaire est inacceptable », estimant qu’il s’agissait de « jouer avec le feu ».
Cette accusation russe s’inscrit dans une longue série d’allégations mutuelles concernant des risques de catastrophe nucléaire depuis la prise de contrôle du site par Moscou en 2022. En avril 2026, les autorités russes installées à Zaporijjia avaient déjà accusé l’Ukraine d’une frappe ayant causé la mort d’un employé.
Kyiv réclame davantage de missiles pour sa défense antiaérienne
Face à l’intensification des frappes russes, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a une nouvelle fois plaidé pour un renforcement de la défense antiaérienne de son pays. Depuis le début de la semaine, la Russie a tiré plus de 2 300 drones, 1 560 bombes aériennes guidées et 108 missiles contre l’Ukraine, selon ses propres chiffres. « Toutes ces frappes visent uniquement des infrastructures civiles ordinaires, des immeubles d’habitation, le secteur énergétique », a-t-il dénoncé.
Zelensky a salué la livraison samedi par l’Allemagne d’un lanceur du système de défense sol-air IRIS-T, soulignant que « des milliers de vies ont pu être sauvées grâce à ce soutien ». Il a appelé les États-Unis et les partenaires européens à fournir davantage de missiles antibalistiques, estimant qu’une « défense antiaérienne puissante peut mieux protéger notre population et priver la Russie de son dernier avantage ».
Ces événements surviennent alors que la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année, avec un bilan humain et matériel de plus en plus lourd. La communauté internationale, notamment les partenaires occidentaux de Kyiv, devra rapidement évaluer l’impact de ces frappes sur le terrain et ajuster son soutien militaire en conséquence.
La raffinerie de Saratov, appartenant au groupe Rosneft, a une capacité nominale d’environ 7 millions de tonnes de pétrole par an. Elle produit plus de 20 types de produits pétroliers, dont des carburants utilisés par l’armée russe, selon les informations rapportées par Ukraïnska Pravda.
La station Lazarevo, dans la région de Kirov, est un point clé de l’oléoduc Surgout-Polotsk, qui transporte le pétrole de Sibérie vers les ports baltes et le Bélarus. Elle est également reliée au système de pipelines Doujba, permettant de transférer rapidement du pétrole entre les deux plus grands oléoducs de la partie européenne de la Russie.