Un mois après la sortie de « Derrière les arbres », dans lequel il relate les viols dont il a été victime durant son enfance, le journaliste Frédéric Pommier dresse un bilan des répercussions de son ouvrage. Selon Ouest France, son témoignage a suscité de nombreux retours de victimes de pédocriminalité, tout en relançant une polémique liée à des accusations indirectes envers une figure politique locale.
Ce qu'il faut retenir
- Frédéric Pommier a publié « Derrière les arbres » il y a plus d’un mois, un récit autobiographique dans lequel il évoque les violences sexuelles subies pendant son enfance.
- Son livre a provoqué une vague de témoignages de victimes de pédocriminalité, selon les informations rapportées par Ouest France.
- Le journaliste accuse, sans le nommer explicitement, Joaquim Pueyo, ancien député et maire d’Alençon, d’être l’un de ses agresseurs. Ce dernier dément formellement ces allégations.
Un livre qui brise l’omerta autour des violences sexuelles
Dans son ouvrage, Frédéric Pommier décrit avec précision les violences qu’il a subies durant son enfance, un sujet longtemps tabou en France. Selon Ouest France, la sortie de « Derrière les arbres » a donné lieu à un afflux de témoignages de victimes, certaines partageant des expériences similaires à la sienne. Ce phénomène illustre, selon le journaliste, l’ampleur du silence qui entoure encore aujourd’hui les violences sexuelles sur mineurs.
Frédéric Pommier a récemment accordé un entretien où il revient sur les conséquences de son livre. Il souligne que son récit a permis à de nombreuses personnes de briser leur isolement et d’envisager une démarche de reconnaissance ou de justice. « Ce n’est qu’en parlant qu’on peut commencer à guérir », a-t-il déclaré, tout en insistant sur la nécessité d’un changement sociétal pour mieux protéger les enfants.
Des accusations indirectes contre Joaquim Pueyo
Parmi les retours suscités par son livre, Frédéric Pommier a évoqué des révélations concernant Joaquim Pueyo, ancien député socialiste et maire d’Alençon de 1997 à 2020. Sans jamais le nommer directement, il a laissé entendre que cette personnalité politique pourrait être l’un de ses agresseurs. Dans « Derrière les arbres », il décrit en effet un homme en position d’autorité, proche de sa famille, ayant profité de sa vulnérabilité pour commettre les actes qu’il dénonce.
Contacté par Ouest France, Joaquim Pueyo a catégoriquement rejeté ces accusations. « Ces allégations sont infondées et diffamatoires », a-t-il affirmé, précisant qu’il n’a « jamais eu connaissance » des faits évoqués par le journaliste. L’ancien élu n’a cependant pas précisé s’il envisageait des poursuites judiciaires contre Frédéric Pommier.
Un débat sur la prescription et la protection des mineurs
L’affaire relance le débat sur la prescription des crimes sexuels sur mineurs en France. Actuellement, les victimes disposent d’un délai de vingt ans après leur majorité pour porter plainte, soit jusqu’à l’âge de 38 ans. Frédéric Pommier, aujourd’hui âgé de 52 ans, souligne l’insuffisance de ce cadre juridique face à la complexité des traumatismes subis. « Vingt ans, c’est bien trop court quand on a passé des décennies à se taire », a-t-il expliqué.
Plusieurs associations de défense des victimes, comme l’Association Internationale des Victimes de l’Inceste (AIVI), militent pour l’allongement de ce délai, voire pour son abolition. Leur argument : les victimes mettent souvent des années, voire des décennies, à pouvoir parler de leur expérience, en raison de la honte, de la peur ou de pressions extérieures.
Les prochaines semaines pourraient donc être déterminantes, tant pour Frédéric Pommier, qui compte poursuivre son engagement, que pour les victimes de pédocriminalité, dont les témoignages pourraient influencer les débats législatifs à venir.
En 2026, les victimes de crimes sexuels commis avant leur majorité disposent d’un délai de vingt ans après leur majorité pour porter plainte, soit jusqu’à l’âge de 38 ans. Plusieurs associations militent pour l’allongement ou la suppression de ce délai, mais aucune réforme n’a encore été adoptée.