Les prix élevés des fruits et légumes bio dans les supermarchés ne s’expliquent pas uniquement par des coûts de production plus importants pour les agriculteurs. La grande distribution pratique en réalité des marges bien plus élevées sur ces produits que sur leurs équivalents conventionnels, révèle une étude de l’association Que Choisir Ensemble (ex-UFC-Que Choisir), publiée mercredi 27 mai 2026.
Selon Reporterre, cette enquête met en lumière un écart significatif dans la politique commerciale des enseignes, qui n’est pas toujours justifié par la seule différence de coûts pour les producteurs. Les marges réalisées sur les produits bio atteindraient ainsi 81 % de plus que celles appliquées aux fruits et légumes issus de l’agriculture conventionnelle, un chiffre qui interroge sur les pratiques de fixation des prix.
Ce qu'il faut retenir
- L’association Que Choisir Ensemble publie un rapport le 27 mai 2026 révélant des marges 81 % plus élevées sur les fruits et légumes bio en grande distribution.
- Ces écarts ne s’expliquent pas uniquement par des coûts de production plus importants pour les agriculteurs.
- Les prix élevés des produits bio en supermarché sont donc en partie liés à la politique commerciale des enseignes.
Des marges disproportionnées par rapport aux coûts réels
L’étude de Que Choisir Ensemble s’appuie sur une analyse comparative des prix pratiqués dans plusieurs grandes surfaces françaises. Elle révèle que, pour un même produit, la différence de marge entre le bio et le conventionnel peut atteindre des proportions record. Par exemple, une courgette bio vendue 3,50 € au kilogramme pourrait générer une marge de 1,80 € pour le distributeur, contre seulement 1 € pour son équivalent non bio.
« Ces écarts sont d’autant plus surprenants que les coûts de production du bio ne justifient pas de telles différences », explique un porte-parole de l’association. « Les agriculteurs bio bénéficient d’aides publiques et de circuits de distribution plus courts, ce qui limite leurs coûts initiaux. Pourtant, les marges des supermarchés restent bien plus élevées sur ces produits. » Selon lui, cette situation pourrait s’expliquer par une stratégie commerciale visant à maximiser les profits sur un segment porteur.
Un marché en croissance, mais des pratiques critiquées
Le marché des produits bio a connu une progression constante ces dernières années, avec une hausse de 12 % des ventes en 2025. Pourtant, cette croissance ne semble pas se répercuter sur les prix payés par les consommateurs, ni sur les marges réalisées par les distributeurs. Les enseignes justifient souvent ces prix par des coûts logistiques ou des volumes d’achat réduits, mais ces arguments peinent à convaincre les associations de consommateurs.
« Les distributeurs profitent d’une demande forte pour le bio, mais sans transparence sur la répartition des marges », souligne un expert en économie agricole. « Il est légitime de se demander pourquoi un produit bio est systématiquement deux à trois fois plus cher qu’un produit conventionnel, alors que les différences de coût ne sont pas aussi importantes. » Selon lui, cette situation pourrait freiner l’adoption du bio par les ménages les plus modestes, malgré les bénéfices environnementaux et sanitaires de ce mode de production.
Pour l’heure, les consommateurs soucieux de leur budget et de leur santé restent confrontés à un dilemme : payer plus cher pour des produits bio, ou se tourner vers des alternatives moins coûteuses, mais potentiellement moins respectueuses de l’environnement.
Leur prix élevé s’explique en partie par des marges plus importantes pratiquées par les distributeurs, bien plus élevées que celles appliquées aux produits conventionnels. Cela s’ajoute aux coûts de production et de certification, qui restent plus élevés pour le bio.