La Gambie traverse une période de tensions politiques et sociales, marquée par des accusations de corruption touchant des hauts responsables. Vendredi 29 mai 2026, la présidence gambienne a annoncé, via un communiqué officiel, la démission du chef d’état-major des armées, le lieutenant-général Mamat Cham. Cette décision intervient dans un contexte de contestation croissante contre la corruption et la mauvaise gouvernance, selon RFI.
Les soupçons pesant sur Mamat Cham, qu’il a toujours catégoriquement niés, ont déclenché une vague de manifestations dans le pays. Depuis l’élection du président Adama Barrow en 2016, les Gambiens dénoncent régulièrement les dérives de leur gouvernement, réclamant plus de transparence et de responsabilité.
Ce qu'il faut retenir
- Mamat Cham, chef d’état-major des armées gambien, a démissionné le 29 mai 2026 après des accusations de corruption.
- Il nie fermement ces allégations, tout en faisant face à une pression accrue sur les réseaux sociaux.
- Des manifestations récurrentes secouent la Gambie depuis l’arrivée au pouvoir du président Adama Barrow.
- Les revendications portent principalement sur la lutte contre la corruption et l’amélioration de la gouvernance.
Une démission sous la pression des réseaux sociaux
L’affaire Mamat Cham s’inscrit dans un climat de défiance envers les institutions gambiennes. Les réseaux sociaux jouent un rôle central dans la diffusion des accusations, où des vidéos et des témoignages circulent, alimentant la colère des citoyens. Le lieutenant-général, qui occupait ses fonctions depuis plusieurs années, a toujours rejeté les accusations portées à son encontre. « Je n’ai jamais commis d’actes de corruption », a-t-il affirmé à plusieurs reprises, sans pour autant calmer les critiques.
La présidence gambienne n’a pas détaillé les raisons exactes de cette démission, se contentant d’évoquer « des circonstances exceptionnelles ». Selon des observateurs locaux, cette décision pourrait être une tentative de désamorcer une crise politique naissante, alors que l’opposition et la société civile multiplient les appels à la démission du président Barrow.
La corruption, un mal récurrent en Gambie
Depuis l’accession au pouvoir d’Adama Barrow, la Gambie reste enlisée dans des affaires de corruption impliquant des figures majeures du régime. En 2023, plusieurs ministres avaient déjà été limogés pour des soupçons similaires, sans que des poursuites judiciaires ne soient engagées. Cette récurrence des scandales alimente un sentiment d’impunité parmi les élites politiques.
Les manifestations, qui rassemblent régulièrement des centaines de personnes, dénoncent également la détérioration des conditions économiques. Le chômage des jeunes et l’inflation galopante restent des sujets de préoccupation majeurs pour la population. « On en a assez des promesses non tenues », a déclaré un manifestant sous couvert d’anonymat, cité par RFI.
Un climat politique tendu depuis 2016
L’arrivée d’Adama Barrow à la présidence en 2016 avait suscité l’espoir d’un renouveau démocratique après vingt-deux ans de dictature sous Yahya Jammeh. Pourtant, les espoirs de changement se sont progressivement éteints, remplacés par une défiance accrue envers les institutions. Les élections de 2021, marquées par des irrégularités signalées par des observateurs internationaux, ont encore fragilisé la crédibilité du régime.
Dans ce contexte, la démission de Mamat Cham pourrait être interprétée comme un signe de faiblesse du pouvoir en place. Les analystes s’interrogent sur les prochaines mesures que prendra le président Barrow pour répondre aux exigences de transparence réclamées par la population.
Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer la capacité du régime à apaiser les tensions. Une répression accrue des manifestations, comme cela a été observé par le passé, risquerait d’aggraver encore la crise politique. À l’inverse, des réformes structurelles pourraient être envisagées pour répondre aux revendications populaires.
Mamat Cham était le chef d’état-major des armées gambiennes, un poste stratégique au sein des forces de sécurité du pays. Il a été nommé à ce poste sous la présidence d’Adama Barrow et occupait cette fonction jusqu’à sa démission le 29 mai 2026. Son rôle consistait à superviser les opérations militaires et à conseiller le président sur les questions de défense.
La présidence gambienne n’a pas encore annoncé de calendrier précis pour la nomination d’un successeur à Mamat Cham. Une commission d’enquête sur les accusations de corruption pourrait être créée, mais aucune décision officielle n’a été prise à ce stade. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si le gouvernement prend des mesures concrètes pour répondre aux revendications de la population.