Alors que la population de Gaza continue de subir les conséquences d’un conflit prolongé, une enquête publiée ce lundi 27 avril 2026 par le Guardian et relayée par BMF - International révèle l’assassinat de trois personnes impliquées dans la distribution et la maintenance de l’eau potable. Ces drames surviennent dans un contexte où l’accès à une ressource vitale reste extrêmement restreint pour plus d’un million et demi de Gazaouis, déplacés de force et entassés dans des conditions sanitaires critiques.
Selon les éléments rapportés, l’armée israélienne est directement mise en cause. Dans l’intervalle de seulement quatre jours, trois travailleurs liés à l’approvisionnement en eau ont été tués. Un ingénieur hydraulique a péri lors d’une frappe ciblant une station de maintenance dans la localité d’al-Zein, au nord de Gaza. Parallèlement, deux chauffeurs de camion employés par l’Unicef ont également trouvé la mort alors qu’ils assuraient une livraison à Mansoura, un point de distribution devenu le dernier point de ravitaillement fonctionnel du réseau d’approvisionnement en eau desservant Gaza.
Ce qu'il faut retenir
- Trois travailleurs de l’eau tués en quatre jours : un ingénieur hydraulique et deux chauffeurs de l’Unicef ont été tués entre le 14 et le 17 avril 2026, selon une enquête du Guardian.
- Frappe sur une infrastructure essentielle : la station d’al-Zein, endommagée par une frappe, était cruciale pour l’approvisionnement en eau potable d’une zone peuplée.
- Mansoura, dernier point de distribution en service : ce site est actuellement le seul à fonctionner sur le réseau Mekorot, alimentant Gaza-ville en eau.
- 1,7 million de déplacés sur 2 millions d’habitants : malgré un cessez-le-feu fragile, la majorité de la population reste sous le coup de restrictions militaires et ne peut regagner ses foyers.
- Accès à l’eau bien en dessous des normes : les Gazaouis disposent en moyenne de sept litres d’eau potable par jour, contre les 50 à 100 litres recommandés par les Nations Unies.
- Dix-neuf employés des services des eaux tués depuis le début du conflit : selon Omar Shatat, directeur adjoint du service des eaux de Gaza, ces attaques ciblées font désormais partie du quotidien opérationnel.
Des infrastructures vitales prises pour cibles
Le 14 avril 2026, une frappe aérienne attribuée à l’armée israélienne a détruit une station de maintenance hydraulique située à al-Zein, dans le nord de Gaza. L’opération de réparation en cours visait à rétablir l’accès à l’eau pour des milliers de foyers. Le bilan est lourd : un mort, quatre blessés, et des dégâts structurels majeurs. Selon un rapport d’incident consulté par le Guardian, cette source d’eau était « essentielle » pour la population environnante. Les dégâts matériels et l’interruption des réparations aggravent une crise humanitaire déjà précaire.
Trois jours plus tard, le 17 avril, deux chauffeurs employés par l’Unicef ont été tués par des tirs alors qu’ils effectuaient une livraison à Mansoura. Ce site est désormais le seul point de distribution encore opérationnel sur le réseau d’approvisionnement en eau de Mekorot, qui dessert la ville de Gaza. « Les travailleurs humanitaires, les prestataires de services essentiels et les infrastructures civiles ne doivent en aucun cas être pris pour cible », a rappelé l’Unicef dans un communiqué, soulignant que la protection des civils et des acteurs humanitaires relève du droit international humanitaire.
Une population assoiffée et des conditions de vie insalubres
La situation sanitaire à Gaza s’est considérablement dégradée depuis le début du conflit en octobre 2023. Selon les Nations Unies, 1,7 million de Gazaouis sur une population de plus de deux millions vivent toujours dans des camps de déplacés ou des zones sous contrôle militaire israélien, malgré le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025. Les conditions de vie y sont déplorables : le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a rapporté en mars 2026 la présence d’infestations de vermine et de parasites dans ces installations.
Ces difficultés d’accès à l’eau potable ont des conséquences sanitaires dramatiques. D’après Laureline Lasserre, responsable des affaires humanitaires d’urgence pour Gaza chez Médecins Sans Frontières, l’absence d’eau potable, de savon et les conditions de surpopulation favorisent la propagation de maladies. « Les Gazaouis doivent chaque jour choisir entre boire, cuisiner et se laver », a-t-elle expliqué au Guardian. Les données de l’Unicef confirment cette réalité : les Gazaouis disposent en moyenne de sept litres d’eau potable par jour, tandis que la norme minimale recommandée par l’ONU se situe entre 50 et 100 litres. L’eau à usage domestique (hors consommation directe) atteint péniblement 16 litres quotidiens, bien en deçà des besoins.
Une crise structurelle aggravée par la guerre
Le conflit a causé des dégâts dévastateurs sur les réseaux d’approvisionnement en eau. Omar Shatat, directeur adjoint du service des eaux des municipalités côtières de Gaza, a déclaré au Guardian que dix-neuf employés des services des eaux ont été tués depuis le début de la guerre alors qu’ils effectuaient des travaux de réparation ou de distribution. « Les attaques ciblées font désormais partie de la réalité opérationnelle », a-t-il précisé, soulignant que ces pertes aggravent l’incapacité à maintenir les infrastructures vitales en état de fonctionnement.
Les frappes répétées ont détruit ou endommagé une grande partie des stations de pompage, des canalisations et des réservoirs. Même les rares installations encore debout peinent à fonctionner en raison du manque de pièces détachées et de carburant. Les restrictions imposées par les contrôles aux frontières israéliennes compliquent également l’acheminement des matériaux nécessaires aux réparations, prolongeant ainsi les interruptions de service.
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Ces révélations surviennent alors que le conflit entre Israël et le Hamas, déclenché par l’attaque du groupe islamiste en octobre 2023, entre dans sa troisième année. Malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu en octobre 2025, les restrictions de mouvement et les frappes ponctuelles continuent de peser sur la population civile. La communauté internationale est appelée à se mobiliser pour éviter que la crise de l’eau à Gaza ne devienne un désastre humanitaire irréversible.
Selon les informations rapportées par BMF - International, l’armée israélienne n’a pas commenté directement ces incidents. Cependant, les infrastructures hydrauliques et les travailleurs humanitaires sont protégés par le droit international humanitaire, qui interdit leur ciblage délibéré. Les frappes pourraient résulter d’opérations militaires visant des zones perçues comme des bases ou des caches du Hamas, mais elles causent des dommages collatéraux majeurs sur les services essentiels à la population civile.