Condamnée en 2021 à vingt ans de prison pour complicité de trafic sexuel de mineures dans l’affaire Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell tente de faire annuler sa condamnation en s’appuyant sur de nouveaux éléments. Selon Ouest France, elle a déposé une pétition secrète visant à obtenir un nouveau procès, invoquant des manquements dans la procédure et des éléments inédits. Le gouvernement américain dispose jusqu’au 19 mai 2026 pour répondre à cette demande, qui pourrait rebattre les cartes d’une affaire judiciaire déjà très médiatisée.
Ce qu'il faut retenir
- Ghislaine Maxwell, condamnée à 20 ans de prison en 2021, demande un nouveau procès.
- Elle s’appuie sur des fichiers déclassifiés pour étayer sa demande.
- Sa pétition, déposée tardivement, met en cause la conduite du procès initial.
- Le gouvernement américain doit répondre d’ici le 19 mai 2026.
- L’affaire reste liée à celle de Jeffrey Epstein, décédé en 2019.
Une procédure secrète qui s’appuie sur des documents déclassifiés
Ghislaine Maxwell a transmis au tribunal une pétition confidentielle, dont Ouest France a pu consulter le contenu. Selon le quotidien, elle y affirme avoir été victime de manquements lors de son procès initial, notamment en ce qui concerne la présentation des preuves et le comportement des jurés. L’un des arguments centraux porte sur des accords d’immunité passés avec des témoins, dont certains auraient été cachés à la défense. Ces éléments, si ils sont avérés, pourraient remettre en cause la légitimité du verdict rendu il y a cinq ans.
L’affaire Maxwell, souvent présentée comme le prolongement judiciaire du scandale Epstein, repose sur des faits remontant aux années 2000. Jeffrey Epstein, accusé d’avoir dirigé un réseau de trafic sexuel impliquant des mineures, s’était suicidé en 2019 dans sa cellule, privant la justice d’un procès qui aurait pu éclairer davantage les responsabilités de ses proches. Ghislaine Maxwell, ancienne compagne et collaboratrice d’Epstein, a toujours nié les accusations portées contre elle, tout en reconnaissant avoir eu une relation avec certaines des victimes présumées.
Des jurés mis en cause et des preuves potentiellement dissimulées
Parmi les éléments avancés dans la pétition, Ouest France souligne que Maxwell reproche à l’accusation d’avoir omis de communiquer certains documents aux jurés. Elle évoque notamment des échanges entre Epstein et des personnalités protégées par des immunités, ainsi que des témoignages de victimes dont les déclarations auraient été partiales. Un autre point concerne le comportement de certains jurés, dont l’un aurait menti sur son passé, révélant après le procès avoir été lui-même accusé de faits similaires. Pour Maxwell, ces manquements constituent une violation des règles fondamentales d’un procès équitable.
« Le gouvernement a caché des preuves essentielles à la défense, ce qui fausse entièrement le procès. Sans ces éléments, le verdict ne peut tenir. »
— Ghislaine Maxwell, selon des extraits de sa pétition rapportés par Ouest France
Une réponse gouvernementale attendue avant le 19 mai
La pétition déposée par Maxwell a été classée sous scellés, mais Ouest France indique que le gouvernement américain dispose d’un délai jusqu’au 19 mai 2026 pour y répondre officiellement. Si Washington valide tout ou partie des arguments avancés par Maxwell, un nouveau procès pourrait être ordonné, avec des conséquences majeures sur sa peine déjà purgée. En cas de rejet, Maxwell resterait incarcérée, mais sa situation judiciaire deviendrait encore plus complexe, avec la possibilité de multiplier les recours. Les avocats de la défense, de leur côté, insistent sur le caractère « révolutionnaire » des éléments présentés, qui pourraient, selon eux, invalider la condamnation initiale.
Cette procédure, bien que confidentielle, rappelle que les affaires liées à Jeffrey Epstein conservent une actualité judiciaire et médiatique persistante. Les enjeux dépassent désormais la seule figure de Maxwell, interrogeant la capacité des institutions à garantir des procès équitables dans des contextes sous haute tension politique et médiatique.
La pétition déposée par Maxwell a été soumise au gouvernement américain, qui doit se prononcer sur sa recevabilité et les arguments avancés. Le délai de réponse est fixé au 19 mai 2026, date à laquelle une décision officielle devra être rendue, selon les règles de procédure en vigueur aux États-Unis.