Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés ce dimanche 26 avril sur la plage de la Chambrette, à Le Verdon-sur-Mer, en Gironde, pour dénoncer le projet d’implantation d’une ferme aquacole de saumons porté par l’entreprise Pure Salmon. Selon Libération, cette initiative, perçue comme une menace environnementale et économique pour les ressources locales, a suscité une opposition croissante depuis son annonce.

Ce qu'il faut retenir

  • Plusieurs centaines de manifestants ont défilé ce 26 avril 2026 sur la plage de la Chambrette, au Verdon-sur-Mer.
  • Le projet en ligne de mire est celui de Pure Salmon, une entreprise spécialisée dans l’élevage intensif de saumons.
  • Les opposants dénoncent les risques environnementaux et économiques pour les ressources locales.

Un projet controversé depuis plusieurs mois

Le projet de ferme aquacole porté par Pure Salmon, dont l’objectif est de produire des saumons en circuit fermé, suscite une vive opposition dans le département. Libération rappelle que ce modèle, souvent critiqué pour son impact sur les écosystèmes marins, a déjà été rejeté dans d’autres régions en raison de ses conséquences sur la biodiversité et la qualité de l’eau. Les opposants craignent notamment une pollution accrue et une dégradation des zones côtières, déjà fragilisées par d’autres activités industrielles.

Dès les premières annonces, des collectifs locaux, des associations environnementales et des élus ont exprimé leur inquiétude. Parmi les voix les plus critiques, on retrouve notamment France Nature Environnement Nouvelle-Aquitaine, qui a souligné à plusieurs reprises les risques liés à ce type d’élevage intensif. « Ce projet va à l’encontre de toute logique de préservation des milieux marins », a déclaré un porte-parole de l’association.

Une mobilisation grandissante en Gironde

Ce dimanche, la manifestation a réuni des habitants, des pêcheurs, des écologistes et des membres de la société civile. Libération indique que les slogans scandés reflétaient les craintes partagées par les participants : « Non aux poissons qui tournent en rond ! », « Pure Salmon = pure pollution ! ». Plusieurs élus locaux étaient également présents, dont le maire du Verdon-sur-Mer, Jean-Luc Drapeau, qui a rappelé l’attachement de sa commune à la préservation de son littoral.

« Ce projet menace directement notre économie locale, fondée en grande partie sur le tourisme et la pêche », a-t-il indiqué. « Nous ne pouvons pas accepter qu’une multinationale vienne dégrader notre environnement sans concertation préalable. » Les manifestants ont également brandi des pancartes dénonçant l’opacité des procédures administratives et appelant à un moratoire sur le projet.

Pure Salmon et les autorités face aux critiques

Contactée par Libération, la direction de Pure Salmon a défendu son projet en mettant en avant les « normes strictes » qu’elle s’engage à respecter. « Notre technologie permet une production durable et contrôlée, avec un impact minimal sur l’environnement », a affirmé un porte-parole de l’entreprise. L’entreprise promet notamment de recirculer 99 % de l’eau utilisée et de limiter les rejets dans le milieu naturel.

Pourtant, ces arguments peinent à convaincre les opposants, qui rappellent que Pure Salmon a déjà essuyé des refus dans d’autres pays européens. En Norvège, par exemple, des projets similaires ont été bloqués en raison de risques sanitaires et environnementaux. Les autorités girondines, quant à elles, n’ont pas encore tranché officiellement. Le préfet de région doit rendre un avis dans les prochaines semaines, une étape décisive avant toute autorisation.

Et maintenant ?

La prochaine étape pourrait intervenir d’ici la fin du mois de mai, lorsque le préfet de la région Nouvelle-Aquitaine rendra son avis sur le projet. Si l’autorisation est accordée, Pure Salmon pourrait débuter les travaux dès l’été 2026, sous réserve des recours éventuels. Les associations opposées au projet ont déjà annoncé qu’elles saisiraient la justice en cas de feu vert, invoquant des vices de procédure et des manquements à la loi sur l’eau.

En parallèle, les mobilisations devraient se poursuivre, avec des rassemblements prévus dans les jours à venir à Bordeaux et dans d’autres villes de Gironde. Une pétition contre le projet, déjà signée par plus de 10 000 personnes, circule également en ligne.

Pour les opposants, l’enjeu est double : préserver l’écosystème fragile du bassin d’Arcachon et éviter que la Gironde ne devienne le terrain d’expérimentation d’un modèle industriel controversé. Reste à savoir si les autorités locales et nationales feront le choix de la prudence environnementale.

Les opposants redoutent une pollution accrue des eaux, une dégradation des écosystèmes marins et un impact négatif sur les activités locales comme la pêche et le tourisme. Ils pointent aussi l’opacité des procédures et le risque de voir un modèle industriel non durable s’installer en Gironde.