Un trentenaire a péri mardi après-midi au large de la plage du Lion à Lacanau (Gironde), victime d’un courant de baïne. Malgré l’intervention rapide d’un hélicoptère Dragon 33 et d’une quinzaine de sapeurs-pompiers, l’homme, « a priori âgé de 35 ans », selon les éléments transmis par le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), a été déclaré décédé sur place par un médecin du Smur. La police municipale était également présente lors de l’opération.
Ce qu'il faut retenir
- Un homme de 35 ans a été retrouvé sans vie au large de la plage du Lion à Lacanau mardi 27 mai 2026 vers 15h30.
- Les secours, dont un hélicoptère Dragon 33, sont intervenus mais n’ont pu que constater le décès de la victime, en arrêt cardio-respiratoire à leur arrivée.
- Les premiers éléments évoquent une noyade consécutive à un courant de baïne, une menace récurrente sur le littoral girondin.
- Ce décès porte à trois le nombre de victimes des courants de baïne en Gironde depuis le vendredi 24 mai 2026.
- La préfète Sophie Brocas a rappelé dimanche la nécessité d’une « vigilance absolue » face à ces risques, alors que de nombreuses plages ne sont pas encore surveillées.
Un décès survenu malgré une intervention immédiate des secours
Vers 15h30 mardi, les services de secours ont été alertés après qu’un baigneur a été emporté par un courant de baïne au large de la plage du Lion à Lacanau. Un hélicoptère Dragon 33, spécialisé dans les missions de sauvetage en mer, a été mobilisé en urgence, accompagné d’une quinzaine de sapeurs-pompiers. À leur arrivée sur zone, ils ont découvert l’homme en arrêt cardio-respiratoire. Malgré les tentatives de réanimation, un médecin du Smur présent sur place a constaté le décès. La police municipale, également déployée, a sécurisé le périmètre.
Une autopsie doit désormais être réalisée pour établir avec précision les circonstances exactes du décès, bien que les premiers éléments désignent sans ambiguïté le rôle joué par le courant de baïne. Ces phénomènes, fréquents sur le littoral atlantique, se forment lorsque l’eau s’engouffre sous la surface avant de resurgir violemment, piégeant les baigneurs sans possibilité de s’en échapper.
Le littoral girondin sous haute tension après une série de noyades
Ce décès porte à trois le nombre de victimes des courants de baïne en Gironde depuis le début du week-end. Vendredi 24 mai, un homme de 67 ans avait été retrouvé sans vie à son domicile de Libourne, en état de décomposition avancée, après s’être baigné à Carcans. Samedi, deux autres noyades avaient eu lieu : l’une à Lège-Cap-Ferret, l’autre sur la plage Supersud de Lacanau, dans des circonstances similaires.
Selon les données transmises dimanche par la préfecture, 31 personnes avaient été emportées par des courants de baïne sur le littoral girondin durant le week-end. Malgré leur intervention, certains baigneurs ont dû être secourus, dont un vacancier dans un état grave après avoir été pris au piège près de Carcans. Ces chiffres rappellent avec force la dangerosité de ces phénomènes naturels, d’autant que la saison balnéaire n’a pas encore officiellement débuté.
« Ces drames nous rappellent avec une extrême brutalité la dangerosité des courants de baïnes. J’appelle chacune et chacun à la plus grande vigilance et au strict respect des consignes de sécurité. En cette période où de nombreuses plages ne sont pas encore surveillées, la prudence doit être absolue pour éviter de nouveaux drames. »
Sophie Brocas, préfète de la Gironde
Les courants de baïne, une menace sous-estimée par les baigneurs
Les courants de baïne, ces « rivières dans la mer », se forment à marée descendante lorsque l’eau s’accumule près du rivage avant de s’échapper brutalement vers le large. Leur force est telle qu’ils peuvent emporter des nageurs expérimentés en quelques secondes. Leur particularité réside dans leur invisibilité depuis la surface : il est impossible de les repérer avant d’y être plongé, et leur courant de retour, perpendiculaire à la côte, rend toute nage vers le rivage illusoire.
Les autorités rappellent régulièrement les consignes de sécurité : se baigner uniquement sur les plages surveillées, ne pas s’aventurer au-delà du drapeau vert, et en cas d’être pris dans un courant, ne surtout pas lutter contre le courant de retour mais nager parallèlement à la côte pour s’en échapper. Pourtant, chaque année, ces phénomènes font des victimes, souvent des personnes en confiance, convaincues que les baïnes ne les concernent pas. Depuis le début de l’année, plus de 50 noyades liées aux baïnes ont été recensées en Nouvelle-Aquitaine, selon les chiffres de l’Observatoire régional de la santé.
Une préfecture en alerte et des plages encore non surveillées
Face à l’augmentation des noyades, la préfecture de Gironde a publié un communiqué dimanche pour alerter la population. « La surveillance des plages ne débutera officiellement que le 1er juillet », précise-t-on du côté de la préfecture. Or, avec des températures déjà estivales fin mai, de nombreux vacanciers se pressent sur les plages, souvent sans prendre conscience des dangers. Seules quelques communes, comme Arcachon, assurent déjà une surveillance renforcée, mais la majorité des spots restent sans filet de sécurité.
Les secours appellent également les promeneurs à signaler immédiatement tout signe de détresse en mer, via le numéro d’urgence 112. « Chaque minute compte », rappelle un responsable du SDIS, qui souligne que les chances de survie diminuent rapidement après cinq minutes sans oxygène.
Alors que la Gironde entre dans une période de forte affluence touristique, les autorités insistent sur la responsabilité individuelle. « La mer n’est pas une piscine », rappellent-elles, invitant chacun à adapter son comportement aux réalités de l’océan.
Un courant de baïne se manifeste généralement par une zone d’eau plus calme ou légèrement plus foncée que le reste de la plage, souvent près des bancs de sable. Parfois, une légère dépression dans l’eau peut indiquer l’endroit où l’eau s’engouffre. Il n’existe cependant pas de signe infaillible, c’est pourquoi il est recommandé de se baigner uniquement sur les plages surveillées.
Il ne faut surtout pas lutter contre le courant de retour, qui est trop fort. La meilleure stratégie consiste à nager parallèlement à la côte pour sortir du courant, puis à revenir vers le rivage en diagonale. Si cela s’avère impossible, il faut lever un bras et appeler à l’aide pour signaler sa position aux sauveteurs.