Selon France 24, les pays du Golfe sortent affaiblis d’un mois et demi de tensions militaires marquées par des frappes de missiles et de drones attribuées à l’Iran. Les infrastructures stratégiques de la région ont subi des dommages parfois importants, remettant en cause leur stabilité économique et leur image de havre de paix en dehors des zones de conflit.
Ce qu'il faut retenir
- Cinq semaines de frappes ont ciblé les infrastructures vitales des monarchies du Golfe, selon les évaluations disponibles.
- Les dommages matériels, bien que variables selon les pays, ont affecté des secteurs clés comme l’énergie et les transports.
- L’image de stabilité des pays du Golfe, jusqu’ici épargnés par les conflits directs, est désormais remise en question.
- Le modèle de diversification économique, pilier de leur stratégie depuis des années, pourrait être fragilisé à moyen terme.
- Christian Chesnot, grand reporter à Radio France, analyse les conséquences de cette crise dans un entretien accordé à France 24.
Les attaques ont visé des infrastructures pétrolières, des ports et des réseaux électriques dans plusieurs États de la région. À Bahreïn, les raffineries ont subi des dégâts limités mais coûteux à réparer, tandis qu’aux Émirats arabes unis, des drones ont endommagé des sites logistiques majeurs près de Dubaï. En Arabie saoudite, les frappes ont perturbé temporairement la production de pétrole, bien que les réserves stratégiques aient permis d’éviter une crise d’approvisionnement.
« Ces attaques ont révélé la vulnérabilité des infrastructures modernes du Golfe, conçues pour résister aux risques climatiques ou aux cybermenaces, mais pas aux frappes de missiles balistiques ou de drones », a déclaré Christian Chesnot lors de son intervention. « Autant dire que le mythe de l’invulnérabilité des monarchies pétrolières est en train de voler en éclats. » Pour l’expert, ces événements pourraient accélérer une remise en question de leur modèle économique, fondé sur une diversification accélérée depuis la chute des prix du pétrole en 2014.
Le Qatar, souvent cité comme modèle de résilience grâce à ses investissements dans le gaz naturel liquéfié, n’a pas été épargné. Des rapports internes, consultés par France 24, évoquent des perturbations dans les terminaux d’exportation de Ras Laffan, bien que Doha n’ait pas confirmé de dommages majeurs. Ces incidents surviennent alors que le pays accueille en octobre 2026 la Coupe du monde de football, un événement censé symboliser sa modernité et son ouverture internationale.
« Les pays du Golfe misaient sur leur attractivité pour attirer capitaux et talents, mais la guerre à leurs portes a tout changé. Leur image de stabilité, sur laquelle reposait leur stratégie de diversification, est désormais écornée. » — Christian Chesnot, grand reporter à Radio France
Les conséquences économiques commencent à se faire sentir. Les bourses régionales, comme celle de Riyad ou d’Abu Dhabi, ont enregistré des baisses notables depuis le début des frappes. Les agences de notation, comme Moody’s, ont placé sous surveillance négative les notes souveraines de plusieurs États, citant « l’incertitude géopolitique » et « les risques sur les infrastructures ». Pour les économistes, le coût des réparations et la hausse des primes d’assurance pourraient peser sur les budgets déjà contraints par la baisse des revenus pétroliers depuis 2023.
Cette crise survient alors que les pays du Golfe tentent de naviguer entre deux impératifs : maintenir leur rôle de fournisseur d’énergie stable et poursuivre leur transition vers une économie post-pétrole. Les prochains mois diront si les monarchies saoudienne, émiratie ou qatarie parviendront à concilier ces objectifs, ou si, au contraire, elles devront revoir en profondeur leur stratégie. Une chose est sûre : leur marge de manœuvre s’est réduite, et le temps des « années fastes » semble bel et bien révolu.
D'après les évaluations disponibles, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont subi les dégâts les plus significatifs, avec des perturbations dans leurs infrastructures pétrolières, portuaires et énergétiques. Le Qatar a également signalé des perturbations mineures dans ses terminaux d'exportation de gaz.
