Les usagers du Grand Paris Express devront encore patienter avant de pouvoir emprunter les futures lignes 18 et 15-Sud. Selon Ouest France, la Société des Grands Projets, maître d’œuvre du projet, a annoncé ce jeudi 25 juin de nouveaux retards dans la mise en service de ces deux lignes. Concrètement, la ligne 18, initialement prévue pour 2025, ne devrait être opérationnelle qu’« la première semaine de décembre 2026 », tandis que la ligne 15-Sud, dont le lancement était attendu pour 2026, est désormais reportée à « l’automne 2027 ».
Ce qu'il faut retenir
- La ligne 18 du Grand Paris Express ne sera mise en service qu’en décembre 2026, contre une prévision initiale en 2025.
- La ligne 15-Sud, initialement prévue pour 2026, est désormais reportée à l’automne 2027.
- Ces retards s’ajoutent à ceux déjà accumulés sur d’autres tronçons du réseau, confirmant les difficultés persistantes du projet.
- La Société des Grands Projets, porteuse du projet, a communiqué ces nouvelles échéances sans préciser les raisons des reports.
Ces annonces interviennent alors que le Grand Paris Express, vaste projet de transport en Île-de-France, accumule les retards depuis plusieurs années. Ouest France rappelle que le calendrier initial prévoyait une mise en service progressive des lignes dès 2024, mais que les reports se sont multipliés en raison de difficultés techniques, financières et organisationnelles. La ligne 15, dont la mise en service était initialement prévue en plusieurs phases à partir de 2025, reste donc en grande partie dans les cartons.
Côté ligne 18, ce report de près d’un an par rapport aux dernières annonces laisse peu de marge pour un éventuel rattrapage. Le tracé de cette ligne, qui reliera Versailles-Chantiers à l’aéroport d’Orly en passant par Massy et les zones d’activités de Saclay, est pourtant stratégique pour désenclaver un territoire en pleine expansion. Quant à la ligne 15-Sud, son parcours entre Pont-de-Sèvres et Noisy-Champs devait initialement desservir des pôles économiques majeurs comme La Défense ou Créteil. Son retard de près d’un an risque de prolonger les embouteillages dans ces secteurs déjà très sollicités.
« La première semaine de décembre pour la ligne 18 et l’automne 2027 pour la ligne 15-Sud », a précisé la Société des Grands Projets dans son communiqué, sans davantage de détails sur les causes de ces reports. Ces annonces confirment les craintes d’un calendrier initial trop optimiste.
Ces nouveaux délais interviennent alors que les élus locaux et les associations d’usagers multiplient les interrogations sur la gestion du projet. En effet, le coût global du Grand Paris Express, initialement estimé à 38,5 milliards d’euros, a déjà dépassé les 40 milliards en 2025, selon les dernières estimations officielles. Les dépassements de budget et les retards répétés alimentent les critiques sur la gouvernance du projet, piloté conjointement par l’État, la Région Île-de-France et la Société du Grand Paris.
Les associations de riverains et les élus écologistes dénoncent par ailleurs l’impact environnemental du chantier, notamment en termes de pollution sonore et de perturbations des transports pendant les travaux. Certains craignent que ces reports supplémentaires n’aggravent encore la situation, alors que la Région Île-de-France mise sur ce réseau pour réduire la dépendance à la voiture et améliorer les liaisons entre les territoires franciliens.
La question des moyens alloués à la finition des travaux reste en suspens. Les prochains mois devraient voir se préciser les modalités de financement complémentaire, alors que la Cour des comptes et l’Autorité environnementale ont déjà pointé du doigt des lacunes dans la planification initiale. En attendant, les Franciliens, qui espéraient une amélioration rapide de leur quotidien, devront patienter encore plusieurs années avant de bénéficier pleinement de ce réseau tant attendu.
Les reports des lignes 18 et 15-Sud prolongent la dépendance aux autres modes de transport en Île-de-France, notamment dans les zones mal desservies comme les pôles économiques de Saclay ou de La Défense. Les usagers devront continuer à utiliser des lignes de bus ou de RER déjà saturées, ce qui risque d’aggraver les problèmes de congestion aux heures de pointe.