Depuis le 20 mai 2026, l’administration américaine a durci les conditions d’obtention de la « Green Card », le titre de séjour permanent aux États-Unis. Les candidats devront désormais effectuer leurs démarches dans leur pays d’origine, et non plus depuis le territoire américain, comme c’était le cas jusqu’à présent. Cette décision, qui s’applique à tous les titulaires de titres de séjour temporaires, impose à ces derniers de quitter temporairement leur foyer pour un voyage long et coûteux. Selon RFI, la mesure a provoqué un véritable choc au sein de la diaspora africaine, et plus particulièrement parmi les Camerounais installés aux États-Unis.

Ce qu’il faut retenir

  • Les démarches pour la Green Card doivent désormais être effectuées dans le pays d’origine du candidat, et non plus aux États-Unis.
  • Les titulaires de titres de séjour temporaires sont contraints de quitter le territoire américain pour entamer la procédure.
  • Cette mesure affecte particulièrement la diaspora africaine, notamment camerounaise, selon RFI.
  • Le changement intervient dans un contexte de restriction progressive des flux migratoires vers les États-Unis.

Une réforme qui bouleverse les habitudes des candidats à la résidence permanente

Jusqu’à présent, les ressortissants étrangers vivant légalement aux États-Unis pouvaient déposer leur demande de Green Card depuis le pays, sans avoir à se rendre dans leur pays d’origine. Cette flexibilité permettait aux familles et aux professionnels de maintenir une vie stable tout en engageant les démarches administratives. Avec la nouvelle règle, ces candidats se retrouvent dans une situation complexe : quitter leur emploi, leur logement et leurs attaches pour une période indéterminée. Selon RFI, certains n’ont pas d’autre choix que de suspendre leur vie quotidienne pour répondre à cette exigence.

Les coûts associés à ce changement sont également pointés du doigt. Entre les billets d’avion, les frais de séjour à l’étranger et les dépenses imprévues, la facture peut s’élever à plusieurs milliers de dollars pour une seule personne. Pour les familles, le fardeau financier et logistique devient rapidement insurmontable. « C’est une mesure qui pénalise les plus vulnérables », a déclaré un responsable associatif camerounais à RFI, sous couvert d’anonymat.

Les Camerounais en première ligne face à cette nouvelle politique

Parmi les communautés africaines installées aux États-Unis, celle originaire du Cameroun est l’une des plus touchées par cette réforme. Beaucoup de Camerounais résident légalement aux États-Unis depuis des années, certains y ayant fondé une famille ou lancé une activité professionnelle. Le Cameroun, comme d’autres pays africains, ne dispose pas toujours d’infrastructures consulaires efficaces pour traiter rapidement les demandes de Green Card, ce qui allonge encore les délais. Selon RFI, certains candidats risquent de voir leur situation administrative se dégrader faute de pouvoir effectuer les démarches à temps.

Les associations de la diaspora camerounaise ont commencé à s’organiser pour alerter les autorités américaines. « Nous demandons un assouplissement de cette mesure, ou au moins des dérogations pour les cas les plus urgents », a indiqué un porte-parole de l’association *Camerounais de l’étranger*, cité par RFI. Les membres de la communauté craignent aussi une augmentation des retards dans les procédures, alors que les délais moyens pour obtenir une Green Card étaient déjà de plusieurs années.

Un contexte migratoire déjà tendu sous l’administration Biden

Cette réforme s’inscrit dans une série de mesures restrictives prises par l’administration américaine pour réduire les flux migratoires. Depuis 2021, les critères d’éligibilité à la Green Card ont été régulièrement ajustés, notamment pour les ressortissants de pays considérés comme des « hauts risques » en matière de fraude ou de sécurité. Les candidats originaires d’Afrique subsaharienne figurent parmi les plus affectés par ces changements. Selon RFI, les autorités américaines justifient cette politique par la nécessité de « garantir l’intégrité du système migratoire » et de lutter contre les abus.

Pourtant, les critiques fusent. Les opposants à cette réforme soulignent que les candidats à la Green Card, souvent qualifiés et intégrés professionnellement, ne représentent pas un risque pour la société américaine. « Ces personnes contribuent déjà à l’économie locale et paient des impôts », a rappelé un élu démocrate du Congrès, dont le nom n’a pas été communiqué par RFI. Pour autant, l’administration Biden maintient sa position, arguant que la mesure vise à uniformiser les procédures pour tous les candidats, quelle que soit leur situation.

Et maintenant ?

Les premières réactions officielles de l’administration américaine ne sont pas attendues avant plusieurs semaines. D’ici là, les associations de la diaspora africaine préparent des recours et des pétitions pour tenter d’obtenir des exceptions. Les prochaines échéances législatives, notamment les débats sur le budget fédéral pour 2027, pourraient offrir une tribune pour réexaminer cette mesure. Reste à voir si les autorités américaines feront preuve de souplesse face à la pression des communautés affectées.

Pour l’heure, les candidats à la Green Card doivent se préparer à des mois, voire des années de démarches administratives, avec le risque constant de voir leur situation se compliquer. Une chose est sûre : cette réforme va redessiner le visage de l’immigration légale vers les États-Unis, avec des conséquences durables pour des milliers de familles africaines.