Le gouvernement américain a opéré un revirement partiel sur sa réforme des conditions d’obtention de la Green card, le visa de résident permanent. Selon RFI, le département de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security, DHS) a annoncé, le 29 mai 2026, qu’il renonçait à exiger des demandeurs qu’ils fassent leurs démarches depuis leur pays d’origine. Cette mesure, introduite brutalement le 22 mai, avait suscité une vague de critiques parmi les associations de défense des migrants et les élus démocrates.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 22 mai 2026, le DHS avait durci les conditions d’accès à la Green card en exigeant des demandes depuis le pays d’origine.
  • Sous la pression des critiques, l’administration Trump a fait marche arrière le 29 mai en abandonnant cette obligation.
  • Cette règle concernait spécifiquement les étrangers déjà présents sur le sol américain, et non les nouveaux arrivants.
  • Les associations de migrants dénonçaient une mesure jugée discriminatoire et complexe à mettre en œuvre.

Une réforme contestée dès son annonce

La mesure initiale, dévoilée le 22 mai 2026, avait immédiatement provoqué une levée de boucliers. Le DHS avait en effet imposé que les étrangers souhaitant obtenir ou renouveler leur Green card fassent leurs démarches depuis leur pays d’origine. Une exigence perçue comme une entrave majeure par les défenseurs des droits des migrants. « Cette règle aurait placé des milliers de personnes dans une situation impossible, les forçant à quitter temporairement les États-Unis pour déposer leur dossier », a souligné une porte-parole de l’American Immigration Lawyers Association, citée par RFI.

Parmi les principaux arguments avancés contre cette réforme figuraient son caractère contraignant pour les familles séparées ou les travailleurs en situation irrégulière. Les associations craignaient également des retards administratifs massifs et une augmentation des coûts pour les demandeurs.

Un recul sous la pression politique

Face à l’ampleur des critiques, l’administration Trump a finalement décidé de revenir sur cette disposition. Le DHS a confirmé, dans un communiqué publié le 29 mai, que les étrangers n’auraient plus l’obligation de faire leurs demandes depuis leur pays d’origine. « Nous avons écouté les retours et ajusté notre approche pour faciliter le processus », a déclaré un porte-parole du département, sans préciser si d’autres aspects de la réforme seraient revus.

Cette concession intervient après des appels au retrait de la mesure émanant de plusieurs sénateurs démocrates, dont Elizabeth Warren, qui avait qualifié la règle de « cruelle et inutile ». De son côté, la Maison-Blanche n’a pas commenté directement ce revirement, préférant laisser le DHS assumer cette décision.

Un apaisement temporaire ou le début d’un changement ?

Si ce recul est salué par les associations, celles-ci restent prudentes. « Ce n’est qu’une première étape, mais nous restons vigilants », a tempéré une militante de l’ACLU (American Civil Liberties Union). La nouvelle règle, bien qu’assouplie, conserve d’autres exigences critiquées, comme des vérifications accrues des revenus des sponsors ou des restrictions pour les bénéficiaires de certaines aides sociales.

D’après RFI, cette affaire illustre les tensions persistantes autour de la politique migratoire américaine, même au sein de l’administration Trump. Certains observateurs y voient un signe de pragmatisme, tandis que d’autres redoutent un durcissement futur sous d’autres formes.

Et maintenant ?

Le DHS a indiqué qu’il publierait sous 30 jours une version révisée de ses directives, intégrant les ajustements annoncés. Une période de consultation publique est également prévue, bien que son calendrier reste à préciser. Les associations ont d’ores et déjà annoncé leur intention de maintenir la pression pour un assouplissement plus large des conditions d’accès à la Green card.

Cette affaire rappelle les débats récurrents autour de l’immigration aux États-Unis, où les règles administratives peuvent évoluer rapidement sous l’effet des mobilisations citoyennes et des rapports de force politiques.

Les critères incluent généralement un sponsor (employeur ou membre de la famille), une vérification des antécédents judiciaires et une preuve de stabilité financière. Certaines catégories, comme les réfugiés ou les travailleurs qualifiés, bénéficient de critères spécifiques.