À Ankara, la grève de la faim engagée par des mineurs turcs pour réclamer le paiement de leurs salaires et la reconnaissance de leurs droits syndicaux entre dans sa deuxième semaine, selon Euronews FR. Depuis le 20 avril, ces travailleurs, venus initialement d’Eskişehir le 13 avril, tentent de faire entendre leur voix face aux autorités, mais se heurtent à une réponse policière musclée.
Ce qu'il faut retenir
- Huitième jour de grève de la faim pour des mineurs turcs à Ankara, qui réclament cinq à six mois de salaires impayés ainsi que des indemnités et droits syndicaux.
- La manifestation, encerclée par les forces de l’ordre, a tenté une marche vers le ministère de l’Énergie, mais a été bloquée par la police.
- Les autorités ont utilisé du gaz lacrymogène contre les mineurs et leurs soutiens, selon les témoins cités par Euronews FR.
- Les revendications portent sur des créances salariales non versées et la reconnaissance de leurs droits syndicaux.
Des mineurs en grève depuis huit jours
Les mineurs, partis d’Eskişehir le 13 avril pour rejoindre la capitale, campent depuis le 20 avril devant les institutions gouvernementales. Leur mouvement, marqué par une grève de la faim, vise à obtenir le paiement intégral de leurs salaires, estimés à cinq ou six mois de revenus non versés. « Nous avons des créances, des indemnités, des droits syndicaux. On nous doit une partie de ce qui nous revient », a déclaré l’un d’eux à l’AFP, cité par Euronews FR. Les tensions se sont aggravées lorsque les autorités ont empêché une nouvelle marche vers le ministère de l’Énergie, où les mineurs espéraient être reçus.
Une répression policière immédiate
Dès les premières tentatives de déplacement vers le ministère, la police a réagi avec fermeté. Les forces de l’ordre ont utilisé du gaz au poivre contre les grévistes, ainsi que contre les soutiens qui tentaient de rejoindre le rassemblement. Selon les observateurs sur place, les barricades ont été maintenues en place pour empêcher toute avancée significative. « La situation est tendue, mais nous ne reculerons pas », a affirmé un mineur sous couvert d’anonymat. Le ministère de l’Intérieur n’a pas encore réagi officiellement à ces événements.
Un contexte social déjà fragile
Ce mouvement s’inscrit dans un contexte de tensions sociales accrues en Turquie, où les retards de paiement des salaires et les violations des droits des travailleurs sont fréquents dans certains secteurs. Les mineurs, souvent exposés à des conditions de travail difficiles, réclament également la reconnaissance de leurs syndicats, dont les actions sont parfois entravées par les employeurs. D’après les syndicats locaux, plus de 200 mineurs seraient concernés par cette mobilisation, bien que les autorités n’aient pas confirmé ce chiffre.
Les autorités devraient prochainement faire une déclaration sur la suite donnée à cette mobilisation. Côté mineurs, la détermination semble intacte : « Nous sommes prêts à poursuivre jusqu’à ce que justice soit rendue », a indiqué un porte-parole du groupe.
Les mineurs réclament le paiement intégral de cinq à six mois de salaires impayés, des indemnités ainsi que la reconnaissance de leurs droits syndicaux. Ils dénoncent également les conditions de travail et l’absence de dialogue avec leurs employeurs.