Des images diffusées par Forbes ce mardi 26 mai 2026 montrent des heurts violents entre les agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et des manifestants réunis devant le centre de détention de Delaney Hall, situé à Newark, dans l’État du New Jersey. Selon les informations rapportées par Courrier International, les forces de l’ordre ont eu recours à du gaz lacrymogène et à des balles en caoutchouc pour disperser la foule, alors que des détenus entamaient une grève de la faim.
Ce qu'il faut retenir
- Entre 300 et 400 détenus participent à la grève de la faim au centre Delaney Hall, un établissement privé de 1 000 lits.
- Les grévistes dénoncent des conditions de détention « précaires » : vers dans les aliments, absence de climatisation, ventilation défaillante, propagation de grippe et de virus, ainsi que des retards dans les soins médicaux et le traitement des dossiers d’immigration.
- Les autorités fédérales, dont le ministre de la Sécurité intérieure Markwayne Mullin, rejettent ces accusations et invitent les détenus à demander une expulsion volontaire.
- Des figures politiques démocrates, comme le sénateur Andy Kim et la gouverneure Mikie Sherrill, se sont rendues sur place pour dénoncer des conditions « inhumaines ».
- Le centre Delaney Hall est décrit par le New York Times comme un « symbole de la politique anti-immigration » du président Donald Trump.
La situation s’est envenimée après la publication, le matin même, d’une lettre signée par les « grévistes de Delaney Hall ». Le document, relayé par The Guardian, détaille des conditions de vie « indignes » : des repas infestés de parasites, des infrastructures vétustes dépourvues de système de climatisation, et une circulation active de maladies contagieuses. Les détenus accusent également des retards systématiques dans la prise en charge médicale et l’examen de leurs dossiers administratifs.
Alors que des heurts éclatent entre les manifestants et les agents de l’ICE, les autorités fédérales ont pris une position ferme. Dans un message posté sur X (ex-Twitter), le ministre Markwayne Mullin a rejeté en bloc ces allégations. « Il n’y a pas de grève de la faim à Delaney Hall. Les conditions de vie n’y sont pas précaires », a-t-il déclaré mardi. Il a également ajouté que le ministère avait « invité les personnes en détention à s’expulser elles-mêmes », selon le New York Times.
Du côté des responsables politiques locaux, l’indignation est palpable. Lundi 25 mai, le sénateur démocrate du New Jersey Andy Kim et la gouverneure Mikie Sherrill se sont rendus à Delaney Hall pour constater les conditions de détention. « Ces pratiques sont inhumaines », a dénoncé le sénateur Kim. Pourtant, dès le lendemain, les familles des détenus se sont vu refuser l’accès au centre, empêchant tout contact avec leurs proches. « On nous empêche même de savoir si nos proches vont bien », a confié une parente à Courrier International, sous couvert d’anonymat.
Le centre Delaney Hall, géré par un opérateur privé, est sous le feu des critiques depuis plusieurs mois. Les détenus y dénoncent régulièrement des conditions de vie difficiles, relayées par leurs familles et les élus locaux. Selon le New York Times, cet établissement incarne les conséquences concrètes de la politique migratoire restrictive mise en place par l’administration Trump. Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, le président a durci les règles en matière d’immigration, multipliant les centres de détention comme celui de Newark.
Face à l’escalade des tensions, les militants et les défenseurs des droits des migrants appellent à une enquête indépendante. « Ces allégations ne peuvent plus être ignorées. Il faut que des observateurs impartiaux puissent accéder au centre sans restriction », a plaidé une porte-parole de l’association American Civil Liberties Union (ACLU), contactée par Courrier International.
Cette affaire soulève des questions plus larges sur la gestion des centres de détention aux États-Unis, notamment sous l’administration Trump. Alors que les tensions migratoires restent un sujet brûlant dans le débat politique américain, les conditions de vie des détenus pourraient devenir un enjeu central des prochaines élections.
Delaney Hall est un centre de détention privé situé à Newark, dans le New Jersey, d’une capacité de 1 000 lits. Il est géré par un opérateur privé et accueille des détenus en attente d’expulsion ou en cours de procédure migratoire. Selon le New York Times, il est devenu un symbole de la politique anti-immigration de l’administration Trump.
Les détenus dénoncent des conditions de détention indignes : présence de vers dans les aliments, absence de climatisation, ventilation défaillante, propagation de maladies (grippe, virus), ainsi que des retards dans les soins médicaux et le traitement des dossiers d’immigration. Ces allégations ont été relayées par une lettre signée par les grévistes et publiée ce mardi 26 mai.