Les géants des énergies fossiles engrangent des marges exceptionnelles depuis le début des hostilités au Moyen-Orient, selon un rapport publié ce mercredi 1er avril 2026 par Greenpeace. L’ONG alerte sur l’ampleur de ces « surprofits », estimés à plus de **80 millions d’euros par jour** pour l’ensemble des pays de l’Union européenne. En France, cette manne financière quotidienne atteint en moyenne **11,6 millions d’euros supplémentaires** par rapport à la période précédant le conflit.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 80 millions d’euros de surprofits quotidiens générés par les compagnies pétrolières dans l’UE depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
  • En France, ces marges supplémentaires s’élèvent à 11,6 millions d’euros par jour.
  • Le rapport, publié le 1er avril 2026 par Greenpeace, souligne l’écart entre les prix actuels et ceux observés avant les hostilités.
  • L’ONG dénonce une « aubaine financière » au détriment des consommateurs et de la transition énergétique.
  • Les données couvrent l’ensemble des États membres de l’Union européenne.

Dans ce document, Greenpeace met en lumière l’enrichissement rapide des acteurs majeurs du secteur fossile, alors que les prix à la pompe ont bondi en Europe. Le rapport s’appuie sur une analyse des marges réalisées entre octobre 2025 — mois du début du conflit — et mars 2026. Les chiffres révèlent une hausse moyenne de 30 à 40 % des profits pour les principales compagnies opérant sur le continent.

Pour étayer ses conclusions, l’ONG s’appuie sur les déclarations publiques des groupes pétroliers et les données financières disponibles.

« Les consommateurs paient le prix fort, tandis que les pétroliers empochent des profits records. C’est une injustice sociale et environnementale », a déclaré Sophie Bellen, porte-parole de Greenpeace France. « Ces marges indécentes devraient être taxées pour financer la transition écologique. »

L’étude révèle également des disparités entre les pays européens. Outre la France, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas figurent parmi les plus gros bénéficiaires de cette manne financière. À l’inverse, certains États de l’Est de l’UE, moins dépendants des importations de pétrole, enregistrent des hausses plus modestes. Ces écarts reflètent la diversité des politiques énergétiques et des marchés nationaux, explique le rapport.

Et maintenant ?

Greenpeace appelle les gouvernements européens à instaurer une taxe exceptionnelle sur ces surprofits, dont le produit pourrait être réinvesti dans les énergies renouvelables. Une proposition qui devrait être examinée lors du prochain Conseil européen des ministres de l’Énergie, prévu le 15 avril 2026. Dans l’intervalle, les associations de consommateurs demandent une baisse immédiate des prix à la pompe, arguant que les marges actuelles ne sont plus justifiées par les coûts de production.

La Commission européenne, contactée par Libération, n’a pas encore réagi officiellement à ces chiffres. Pour autant, elle avait déjà évoqué en février la possibilité d’encadrer les prix de l’énergie en cas de « situation exceptionnelle ». Une mesure qui pourrait être adoptée d’ici l’été si la crise persiste. Les observateurs s’interrogent : ces surprofits vont-ils perdurer, ou s’agit-il d’un phénomène temporaire lié à l’instabilité géopolitique ?

Alors que les négociations sur le climat s’intensifient en vue de la COP27 qui se tiendra en novembre 2026, cette affaire relance le débat sur la dépendance européenne aux énergies fossiles. Certains analystes estiment que ces marges records pourraient accélérer les investissements dans les alternatives vertes, tandis que d’autres craignent un effet inverse : une dépendance accrue aux pétroliers pour financer la transition. Une chose est sûre : le dossier s’annonce explosif sur la scène politique.

La hausse des prix s’explique principalement par les tensions géopolitiques dans une région productrice majeure, combinées à des spéculations sur les marchés. Les infrastructures pétrolières de la zone sont souvent ciblées, ce qui perturbe l’offre mondiale. Les sanctions internationales et les risques de blocus maritime aggravent encore la situation.