Le président américain Donald Trump a brandi une nouvelle menace protectionniste à l’encontre de l’Europe : si Bruxelles instaure une taxe sur les services numériques des entreprises américaines, Washington pourrait imposer des droits de douane supplémentaires de 100 % sur les produits européens. Une escalade qui risquerait de fragiliser l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis, signé l’été dernier et ratifié de justesse. Comme le rapporte France 24, cette tension s’ajoute à une autre préoccupation majeure pour le Vieux Continent : l’afflux de produits chinois, massivement subventionnés, qui menace des secteurs clés comme l’automobile ou les batteries.

Ce qu'il faut retenir

  • Donald Trump menace l’Europe de droits de douane à 100 % en réponse à une éventuelle taxe numérique.
  • L’accord commercial UE-États-Unis, négocié et ratifié en 2025, pourrait être remis en cause.
  • L’industrie européenne, notamment l’automobile et les batteries, subit une concurrence déloyale de produits chinois subventionnés.
  • L’UE doit trouver une riposte face à ces deux fronts commerciaux simultanés.

Une menace américaine susceptible de fragiliser les relations transatlantiques

Dans une déclaration relayée par plusieurs médias internationaux, Donald Trump a clairement indiqué que les États-Unis ne resteraient pas sans réaction face à une taxe européenne sur les géants du numérique américains. « Une telle mesure équivaudrait à une déclaration de guerre commerciale », a-t-il affirmé, avant d’ajouter que des droits de douane « proportionnels et dissuasifs » seraient appliqués. Selon des sources proches de l’administration américaine, cette position s’inscrit dans une stratégie plus large de « défense des intérêts économiques nationaux ».

Pour rappel, l’accord commercial UE-États-Unis, finalisé en juillet 2025 après des mois de négociations, avait été présenté comme une avancée majeure pour relancer les échanges transatlantiques. Ratifié en septembre de la même année, il prévoyait notamment la réduction de barrières douanières sur des secteurs stratégiques. Or, cette nouvelle menace de Washington pourrait enrayer ce processus et plonger les relations économiques entre les deux rives de l’Atlantique dans une phase d’incertitude.

La Chine, un autre défi de taille pour l’industrie européenne

Outre la tension transatlantique, l’Europe fait face à une concurrence chinoise toujours plus agressive. Pékin soutient massivement ses industries, notamment dans les secteurs de l’automobile électrique et des batteries, où les subventions publiques permettent aux entreprises locales de proposer des prix imbattables. « Ces pratiques faussent la concurrence et menacent des emplois en Europe », a dénoncé la commissaire européenne au Commerce, Valdis Dombrovskis, lors d’une réunion à Bruxelles en juin 2026.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon les dernières estimations de la Commission européenne, les importations de véhicules électriques chinois ont augmenté de 40 % en un an, tandis que les parts de marché des constructeurs européens reculent. Le secteur automobile, déjà fragilisé par la transition énergétique, se retrouve sous pression. « Nous devons agir rapidement pour protéger nos industries stratégiques », a insisté Dombrovskis, sans préciser les mesures envisagées.

« Ces subventions chinoises créent une distorsion de concurrence inacceptable. L’Europe ne peut pas rester les bras croisés. »
Valdis Dombrovskis, commissaire européenne au Commerce

Quelles réponses possibles pour l’Europe ?

Face à ces deux défis simultanés, l’Union européenne se retrouve dans une position délicate. D’un côté, elle doit négocier avec une administration américaine imprévisible, de l’autre, elle doit contrer les pratiques commerciales chinoises. Plusieurs pistes sont évoquées à Bruxelles. La première consisterait à renforcer les droits de douane sur les produits chinois jugés « déloyaux », une mesure déjà adoptée dans d’autres régions du monde, comme aux États-Unis ou au Canada. Une autre option serait de subventionner à son tour les industries européennes pour les aider à rivaliser.

Cependant, ces mesures comportent des risques. Des représailles commerciales de la part de Pékin ou de Washington pourraient aggraver la situation. « L’Europe doit trouver un équilibre entre protection et ouverture », a souligné un haut fonctionnaire de la Commission, sous couvert d’anonymat. Autant dire que les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir du commerce mondial.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront cruciales. La Commission européenne doit rendre public, d’ici la fin du mois de juillet 2026, un rapport sur les subventions chinoises et proposer des sanctions ciblées. De son côté, Donald Trump a indiqué qu’il pourrait signer un décret dès le mois d’août si l’UE maintient sa taxe numérique. Enfin, le Conseil européen doit se réunir en septembre pour définir une stratégie commune face à ces deux fronts. Les entreprises européennes, elles, surveillent de près l’évolution de ces tensions, qui pourraient impacter leurs chaînes d’approvisionnement.

En attendant, l’Europe se trouve à un carrefour : soit elle durcit sa position et risque une escalade, soit elle cherche des compromis pour préserver ses intérêts économiques. Une chose est sûre, les prochains mois seront déterminants pour le commerce international.

Il s’agit d’une proposition de l’Union européenne visant à taxer les revenus générés par les grandes entreprises du numérique (comme Google, Meta ou Amazon) dans les pays où elles réalisent des profits, même si leur siège social est à l’étranger. Cette taxe, souvent appelée « taxe GAFA », vise à mieux répartir la fiscalité entre les pays où les services sont consommés et ceux où les entreprises sont implantées.