Le patron de Le Slip Français, Guillaume Gibault, met en avant le « made in France » comme une solution structurelle pour les petites et moyennes entreprises (PME) en difficulté, selon BFM Business.

Ce qu'il faut retenir

  • Le « made in France » est présenté par Guillaume Gibault comme un levier économique pour les PME, face aux tensions commerciales internationales.
  • 62 % des PME seraient déjà impactées par le conflit en Iran, selon les données citées par BFM Business.
  • Le Medef milite pour une relance de la TVA sociale, une mesure visant à soutenir le pouvoir d’achat des salariés.
  • Orano Med a annoncé l’ouverture d’un premier centre de R&D en France, illustrant une dynamique d’investissement local.
  • Le marché automobile enregistre une hausse des ventes de véhicules électriques, malgré un contexte économique incertain.

Dans une interview accordée à BFM Business, Guillaume Gibault a souligné que le retour à une production locale pourrait « redynamiser les PME françaises en leur offrant une visibilité et une résilience accrues face aux crises géopolitiques ». Le dirigeant, connu pour son engagement en faveur d’une mode éthique et locale, a rappelé que « le « made in France » n’est pas qu’un argument marketing, mais une réponse concrète aux défis de la mondialisation ».

Cette position s’inscrit dans un contexte où les entreprises françaises subissent de plein fouet les conséquences des tensions commerciales, notamment avec l’Iran. Selon BFM Business, 62 % des PME seraient déjà affectées par le conflit en Iran, qui perturbe les chaînes d’approvisionnement et fait flamber les coûts logistiques. Les secteurs les plus exposés restent ceux dépendants des importations de matières premières ou de composants électroniques.

Le Medef pousse pour une TVA sociale revisitée

Parallèlement, le Mouvement des entreprises de France (Medef) a réaffirmé son intention de relancer le débat sur la TVA sociale. Cette mesure, qui consiste à compenser la baisse des cotisations sociales patronales par une hausse de la TVA, vise à soutenir le pouvoir d’achat sans alourdir la fiscalité directe des entreprises. Le Medef a indiqué que cette piste pourrait être « une bouffée d’oxygène pour les salariés et les PME, à condition qu’elle soit équitablement répartie ».

Cependant, le projet suscite des réserves au sein même du patronat. Certains dirigeants s’interrogent sur son impact réel sur la compétitivité des entreprises, notamment face à la concurrence étrangère. BFM Business rapporte que le Medef a reconnu des « incompréhensions » parmi les patrons, certains craignant une hausse des prix à la consommation sans garantie d’un retour sur investissement pour les salariés.

Investissements et dynamiques sectorielles

Dans un autre registre, Orano Med, filiale du groupe nucléaire Orano, a annoncé l’ouverture d’un premier centre de recherche et développement en France. Ce projet, situé en région Auvergne-Rhône-Alpes, s’inscrit dans une stratégie de relocalisation des activités stratégiques du groupe. Pour Orano Med, il s’agit de « renforcer l’innovation française dans le domaine du nucléaire médical », un secteur en pleine expansion.

Sur le marché automobile, les dernières données montrent une hausse de 12 % des immatriculations de véhicules électriques au premier trimestre 2026, par rapport à la même période en 2025. Ce rebond, bien que modeste, est attribué à la fois aux aides publiques et à l’élargissement de l’offre des constructeurs. Les professionnels du secteur y voient un signe encourageant, même si la transition vers l’électrique reste inégale selon les régions.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient clarifier la situation dans les prochains mois. D’abord, la publication des résultats trimestriels des PME françaises, attendue fin juin 2026, devrait donner une meilleure visibilité sur l’impact réel des tensions internationales. Ensuite, le débat sur la TVA sociale devrait s’intensifier avant l’été, avec une possible proposition de loi d’ici septembre 2026. Enfin, la mise en service du centre de R&D d’Orano Med, prévue pour décembre 2026, pourrait servir de référence pour d’autres projets de relocalisation.

Pour Guillaume Gibault, la clé réside dans la capacité des PME à « s’emparer de ces outils sans attendre ». Reste à voir si les pouvoirs publics et les acteurs économiques parviendront à transformer ces initiatives en une dynamique durable. Une chose est sûre : le « made in France » n’est plus une option, mais un choix stratégique pour l’avenir des entreprises hexagonales.

Selon les données citées par BFM Business, les secteurs les plus touchés sont ceux dépendants des importations de matières premières ou de composants électroniques, notamment l’électronique, la mécanique et la chimie. Ces industries subissent des hausses de coûts logistiques et des retards d’approvisionnement.