Le gouvernement a annoncé, jeudi 21 mai 2026, de nouvelles mesures pour soutenir les aides à domicile face à la flambée des prix des carburants, selon Franceinfo - Politique. Parmi ces dispositifs figure une revalorisation de l’aide « grands rouleurs », passée de 50 à 100 euros, ainsi qu’une augmentation des indemnités kilométriques à 20 centimes par litre. Un programme de leasing automobile social a également été évoqué pour cette profession particulièrement touchée par la hausse des coûts.
Ce qu'il faut retenir
- L’aide « grands rouleurs » passe de 50 à 100 euros pour les aides à domicile.
- Les indemnités kilométriques sont revalorisées à 20 centimes par litre de carburant.
- Un dispositif de leasing automobile social est prévu, notamment pour les véhicules électriques.
- Les associations dénoncent un manque d’infrastructures pour recharger ces véhicules en milieu rural.
- Certaines aides à domicile refusent déjà des missions trop éloignées en raison des coûts élevés.
Des annonces saluées, mais jugées incomplètes
Les mesures annoncées ont été accueillies avec satisfaction par une partie des aides à domicile. Catherine, qui exerce dans les Yvelines et parcourt 400 kilomètres par mois, se réjouit de cette reconnaissance : « On va le prendre, c’est une bonne chose. Nous aussi, on roule », a-t-elle déclaré. Elle apprécie que les aides ne ciblent plus uniquement les routiers ou les pêcheurs, mais intègrent enfin sa profession.
Cependant, le soutien reste jugé insuffisant par de nombreuses associations. Gwenaëlle Descornes, responsable de l’ADMR (Aide à Domicile en Milieu Rural) de Maule, une commune de 6 000 habitants dans les Yvelines, souligne les limites des dispositifs. « Certaines salariées refusent des missions trop éloignées à cause du coût du carburant », explique-t-elle. L’association reverse déjà 45 centimes par kilomètre à ses intervenantes, mais le reste reste à leur charge.
Un leasing électrique en question
Parmi les mesures phares figure un programme de leasing automobile social, incluant des véhicules électriques. Pourtant, cette option suscite des interrogations dans les zones rurales. « La majorité de notre personnel vit en appartement et ne dispose pas de bornes de recharge », précise Gwenaëlle Descornes. « Dans nos petits villages, il n’y a rien du tout. Ce sont des réalités qu’on nous impose sans tenir compte de notre quotidien. »
Les aides à domicile, souvent peu rémunérées et majoritairement en temps partiel, voient leurs conditions de travail se dégrader. La hausse des prix des carburants aggrave une situation déjà précaire, où chaque kilomètre compte pour assurer la continuité des soins à domicile.
Un contexte marqué par la guerre au Moyen-Orient
Ces annonces interviennent dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, qui alimentent la hausse des prix à la pompe. Le gouvernement justifie ces mesures par la nécessité de soutenir les métiers essentiels, comme celui des aides à domicile, qui assurent un lien vital pour des millions de personnes âgées ou dépendantes. « Le matin, si une personne âgée ne peut pas manger parce qu’une aide à domicile a refusé une mission trop éloignée, ce n’est juste pas possible », rappelle Gwenaëlle Descornes.
Pourtant, les associations réclament des solutions plus structurelles. Elles pointent du doigt le manque de transports en commun adaptés et l’absence d’alternatives viables dans les territoires ruraux. « On nous parle de voitures électriques, mais comment les recharger quand on n’a pas de bornes ? », s’interroge la responsable de l’ADMR.
Ces annonces interviennent alors que les aides à domicile, déjà sous tension, voient leurs conditions de travail se compliquer. Reste à savoir si ces mesures suffiront à éviter une aggravation des déserts médicaux et sociaux dans les zones rurales.
L’aide « grands rouleurs » est passée de 50 à 100 euros. Les indemnités kilométriques sont désormais fixées à 20 centimes par litre de carburant consommé. Un dispositif de leasing automobile social, incluant des véhicules électriques, a également été annoncé.