Depuis l’escalade du conflit américano-israélien en Iran fin février, les cours du pétrole brut ont bondi de près de 50 %, atteignant un pic juste sous les 120 dollars le baril début mars. Face à cette flambée des prix à la pompe, plusieurs gouvernements ont décidé d’agir, à l’image de l’Italie qui vient d’adopter un décret temporaire pour alléger la fiscalité sur les carburants. Dès aujourd’hui, les Italiens paieront moins cher que les Allemands, les Français et les Espagnols, a souligné Matteo Salvini, vice-Premier ministre et ministre des Transports italien. Selon nos confères de BFM Business, cette mesure s’inscrit dans un mouvement plus large de baisses d’accises ou de subventions à la pompe, auquel participent également le Japon, le Portugal et la Serbie.
Ce qu'il faut retenir
- 25 centimes de réduction par litre en Italie pour une durée de vingt jours à compter du 19 mars 2026, selon le décret « carburants » adopté mercredi 19 mars.
- Le gouvernement italien a aussi prévu un crédit d’impôt pour les transporteurs routiers et pêcheurs, ainsi qu’un renforcement de la lutte contre la spéculation.
- Le Japon a lancé un programme d’urgence pour ramener le prix de l’essence à environ 170 yens (1,04 €) le litre, contre 190,8 yens (1,04 €) le lundi 17 mars.
- Le Portugal et la Serbie ont réduit leurs accises respectives de 3,3 et 1,8 centime par litre pour le gasoil et l’essence.
- L’Espagne envisage un dispositif similaire à celui de 2022, avec une réduction de TVA et une aide de 20 centimes par litre.
- L’Allemagne prépare un projet de loi pour renforcer le contrôle des prix, tandis que la France étudie un plafonnement des marges.
L’Italie mise sur une baisse temporaire de 25 centimes pour soulager les ménages et les professionnels
Le gouvernement italien a adopté un décret « temporaire et d’urgence » pour réduire, pendant vingt jours à compter du 19 mars, la fiscalité sur le gazole, l’essence et le GPL. Dès aujourd’hui, le prix à la pompe devrait baisser de 25 centimes par litre, a confirmé Matteo Salvini, vice-Premier ministre et ministre des Transports. « Dès les prochaines heures, les Italiens paieront moins cher que les Allemands, les Français et les Espagnols », s’est-il félicité sur X, plateforme précédemment appelée Twitter. Cette mesure s’accompagne d’un crédit d’impôt exceptionnel destiné aux transporteurs routiers et aux pêcheurs, couvrant les dépenses supplémentaires engagées en mars, avril et mai par rapport à février 2026.
« Cela doit permettre d’éviter que la hausse du prix du gazole ne se répercute sur les prix des biens de consommation », a expliqué Giorgia Meloni, présidente du Conseil italien, sur X. Le décret prévoit également un mécanisme anti-spéculation, avec un renforcement de la surveillance des prix des carburants par le Garant des prix, une autorité rattachée au ministère des Entreprises et du Made in Italy. « Ce mécanisme nous permettra de stopper immédiatement les hausses injustifiées et de garantir que les compagnies pétrolières et les distributeurs baissent leurs prix en fonction de la baisse des cours du pétrole brut au niveau international », a-t-elle estimé.
Le Japon et le Portugal alignent des subventions pour contenir la facture à la pompe
De l’autre côté du globe, le gouvernement japonais a lancé un programme d’urgence pour ramener le prix de l’essence autour de 170 yens (1,04 €) le litre, contre un sommet historique de 190,8 yens (1,04 €) le 17 mars. Minoru Kihara, porte-parole du gouvernement nippon, a indiqué que des mesures similaires seraient appliquées au diesel, au fioul lourd et au kérosène. « Nous mettrons en œuvre des mesures comparables pour d’autres produits énergétiques », a-t-il précisé. Cette initiative intervient alors que les cours du pétrole brut continuent de fluctuer, le Brent ayant brièvement bondi de 5 % jeudi 18 mars, sous l’effet notamment de frappes contre des infrastructures énergétiques en Iran et au Qatar.
Le Portugal, de son côté, a prolongé et élargi une mesure exceptionnelle visant à réduire les taxes sur les carburants. Selon nos confères de BFM Business, cette décision permettra une économie de 1,8 centime par litre pour le gasoil et de 3,3 centimes pour l’essence. La Serbie, quant à elle, a annoncé une réduction de 20 % des accises sur les carburants, dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient qui perturbent les approvisionnements.
L’Espagne et l’Allemagne cherchent des solutions, tandis que la France observe
En Espagne, le gouvernement prépare un ensemble de mesures fiscales, calquées sur celles mises en place en 2022 lors de la précédente flambée des prix. À l’époque, Madrid avait réduit la TVA sur l’électricité de 21 % à 5 % et accordé une remise de 20 centimes par litre d’essence ou de diesel, financée en grande partie par l’État. Ces dispositifs pourraient être réactivés pour limiter l’impact de la hausse actuelle des cours du pétrole.
En Allemagne, le gouvernement devrait présenter cette semaine au Parlement un projet de loi visant à renforcer le contrôle des prix des carburants. L’objectif ? Obliger les compagnies pétrolières soupçonnées d’abus à prouver qu’elles ont agi « légalement ». En France, où les prix à la pompe restent sous haute surveillance, l’exécutif réfléchit à des mesures réglementaires de « plafonnement des marges », bien qu’aucune décision n’ait encore été actée. Certains distributeurs se sont toutefois engagés à contenir les hausses.
Reste à voir si ces initiatives suffiront à stabiliser les prix à la pompe. Pour l’heure, la guerre au Moyen-Orient et le blocage partiel du détroit d’Ormuz — par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial — continuent de peser sur les marchés. Les prochaines annonces des pays producteurs, notamment ceux de l’OPEP+, pourraient également influencer la tendance.
Les cours du pétrole brut ont progressé de près de 50 % depuis fin février 2026 en raison de l’escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran, ainsi que du blocage partiel du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour les exportations de pétrole. Ces tensions perturbent les approvisionnements et alimentent la spéculation sur les marchés.
L’Italie a instauré une réduction temporaire de 25 centimes par litre sur les carburants pour vingt jours, à compter du 19 mars. Par ailleurs, un crédit d’impôt est prévu pour les transporteurs routiers et les pêcheurs, couvrant les surcoûts de mars à mai. Un mécanisme anti-spéculation a également été renforcé pour éviter les hausses abusives des distributeurs.
