Face à la flambée des cours du kérosène, qui menace la rentabilité des transporteurs, le gouvernement prépare une réunion de crise avec l’ensemble du secteur aérien. Selon Ouest France, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, et son homologue des Transports, Philippe Tabarot, recevront dans les prochaines semaines « l’ensemble des compagnies aériennes » afin d’évaluer les conséquences de cette hausse sur le transport aérien, à quelques semaines de la saison estivale.

Ce qu'il faut retenir

  • Une réunion de crise est prévue avant l’été avec toutes les compagnies aériennes, sous l’égide des ministres Roland Lescure et Philippe Tabarot.
  • Le kérosène, carburant indispensable à l’aviation, voit ses prix s’envoler, fragilisant les marges des transporteurs.
  • Cette hausse intervient dans un contexte de tensions géopolitiques et de demande croissante, selon les analystes du secteur.
  • La rencontre doit permettre d’identifier des solutions immédiates pour éviter une crise dans le transport aérien.

L’annonce a été faite ce mardi 28 avril au micro de France Inter, où Roland Lescure a confirmé la tenue de cette réunion exceptionnelle. « Nous allons rassembler tous les acteurs du secteur pour faire un point de situation avant l’été », a-t-il déclaré, soulignant que la situation actuelle du kérosène constituait un « défi majeur » pour l’aviation française et européenne. De son côté, Philippe Tabarot a indiqué que des discussions seraient également engagées sur les mesures de soutien possibles, sans préciser leur nature pour l’instant.

Cette hausse des prix du kérosène s’inscrit dans un contexte économique déjà tendu pour les compagnies aériennes. Depuis plusieurs mois, les coûts du carburant, qui représentent en moyenne 30 % des dépenses opérationnelles des transporteurs, ont été multipliés par deux par rapport à 2023. Les tensions en mer Rouge et les perturbations logistiques en Asie ont encore aggravé la situation, selon les experts du secteur. « Côté rentabilité, certains opérateurs pourraient être contraints de revoir leurs tarifs ou de réduire leur offre », analyse un analyste cité par Ouest France.

La réunion prévue avec les compagnies aériennes vise donc à anticiper les risques de hausse des prix des billets ou de réduction des liaisons, notamment vers les destinations touristiques les plus prisées. Les ministres devraient également évoquer les aides publiques éventuelles, comme le prolongement des dispositifs de soutien mis en place pendant la crise sanitaire, bien que rien ne soit encore acté.

Et maintenant ?

La date exacte de la réunion n’a pas été dévoilée, mais elle devrait intervenir d’ici la mi-mai, selon des sources proches du dossier. Les compagnies aériennes devraient y présenter leurs projections financières pour l’été, ainsi que leurs besoins en matière de soutien logistique ou fiscal. Une circulaire pourrait être publiée dans la foulée pour préciser les engagements du gouvernement, tandis que Bruxelles pourrait être sollicitée pour examiner la possibilité d’un plafonnement temporaire des taxes sur le kérosène.

Reste à savoir si ces mesures seront suffisantes pour éviter une nouvelle crise dans un secteur déjà fragilisé par la pandémie et les crises successives. Une chose est sûre : l’été 2026 s’annonce sous haute tension pour les voyageurs et les compagnies.

Plusieurs facteurs expliquent cette hausse : les tensions géopolitiques en mer Rouge, qui perturbent les approvisionnements, une demande mondiale en forte croissance, et des coûts de raffinage en hausse. Selon les analystes, le prix du baril de kérosène a augmenté de plus de 50 % depuis le début de l’année, atteignant des niveaux proches de ceux observés en 2022.