Selon Journal du Geek, célébrant ses vingt ans en 2026, l’industrie hollywoodienne a connu une mutation majeure ces deux dernières décennies : l’ascension sans précédent des franchises cinématographiques. Alors que les salles obscures et les plateformes de streaming se disputent désormais l’attention du public, une poignée de licences a progressivement pris le contrôle des productions, souvent au détriment des projets originaux.
Ce qu'il faut retenir
- Les franchises comme Marvel, Star Wars et Jurassic World ont dominé Hollywood depuis le milieu des années 2000.
- Leur succès s’est accompagné d’un essor des suites, spin-offs et crossovers, parfois au détriment de la diversité des scénarios.
- Cette stratégie a redéfini les attentes du public et les budgets alloués aux productions.
Des licences devenues incontournables
Dès les années 2000, des franchises comme Marvel ont commencé à s’imposer comme des piliers du box-office. Avec le rachat de Marvel par Disney en 2009, l’univers cinématographique Marvel (MCU) a pris une ampleur inédite, enchaînant les succès critiques et commerciaux. « Le MCU a prouvé que les univers étendus pouvaient fidéliser des millions de spectateurs », a rappelé un analyste du secteur, cité par Journal du Geek.
Côté Star Wars, la saga a connu un renouveau avec le rachat par Disney en 2012. Le studio a relancé la franchise avec une trilogie sequel et des spin-offs comme Rogue One ou Solo, tout en développant une stratégie multiplateforme, des séries télévisées aux jeux vidéo. Autant dire que, côté cinéma, l’univers s’est élargi bien au-delà des salles obscures.
Jurassic World et l’ère des reboot
Jurassic World, lancé en 2015 comme une suite directe du classique Jurassic Park de 1993, a marqué un tournant. Le film a rapporté plus de 1,6 milliard de dollars dans le monde, relançant une franchise endormie et prouvant qu’un reboot pouvait dépasser l’original. Depuis, les studios n’ont cessé de puiser dans les classiques pour relancer des sagas, parfois avec des résultats mitigés.
Cette logique s’est étendue à d’autres licences, comme Godzilla ou King Kong, où les crossovers sont devenus monnaie courante. Selon Journal du Geek, « Hollywood a troqué l’innovation contre la sécurité financière, et les franchises sont devenues le cœur de sa stratégie ».
Un modèle économique en question
Si les franchises garantissent des recettes colossales, elles ne sont pas exemptes de risques. Certains films, comme Solo: A Star Wars Story en 2018, ont essuyé des échecs cuisants, prouvant que la magie n’opère pas toujours. Pourtant, les studios persistent, convaincus que le public reste fidèle aux marques établies. « Le public a soif de familiarité, et les franchises répondent à cette attente », a expliqué un producteur sous couvert d’anonymat.
Cette domination a aussi un impact sur la production. Les budgets alloués aux franchises atteignent désormais des sommets, tandis que les films originaux peinent à trouver des financements. En 2025, sur les 10 films les plus rentables de l’année, 8 étaient des suites ou des spin-offs, d’après les données du box-office mondial.
Une chose est sûre : après vingt ans de règne sans partage, les franchises ont redéfini Hollywood. Reste à savoir si cette ère marquera l’apogée de ce modèle… ou le début de son déclin.
Les franchises offrent une visibilité immédiate et une base de fans déjà constituée, réduisant les risques financiers. Un film comme Avengers peut générer des centaines de millions de dollars avant même sa sortie, grâce aux préventes et aux produits dérivés. Selon Journal du Geek, « c’est une stratégie gagnante sur le court terme, même si elle limite la créativité à long terme ».