Pour la première fois en plus d’une décennie, la Suisse n’occupe plus la première place du classement des centres mondiaux de gestion de fortune. Selon RFI, c’est désormais Hong Kong qui s’impose comme la destination privilégiée pour les fortunes privées, selon les dernières données publiées mercredi 27 mai 2026 par le cabinet Boston Consulting Group (BCG). Cette étude, qui compare les actifs gérés dans 88 pays, a converti l’ensemble des chiffres en dollars américains afin de permettre une analyse homogène des flux financiers à l’échelle mondiale.

Ce qu'il faut retenir

  • Hong Kong devient en 2026 le premier centre mondial de gestion de fortune, devant la Suisse, selon l’étude du BCG publiée le 27 mai.
  • Le cabinet a analysé les actifs gérés dans 88 pays et converti les données en dollars américains pour comparaison.
  • Les autorités hongkongaises se félicitent de cette évolution, qui souligne l’attractivité croissante de la ville comme hub financier international.
  • La Suisse, qui dominait le secteur depuis plus de dix ans, perd sa première place au profit d’Asie-Pacifique.

Un bouleversement dans le paysage de la gestion de patrimoine

L’étude du BCG marque un tournant dans l’histoire financière récente. Hong Kong, déjà reconnue comme une place majeure pour les services bancaires et les marchés de capitaux, confirme ainsi son rôle central dans la gestion des fortunes privées. Cette performance s’inscrit dans un contexte de montée en puissance des centres financiers asiatiques, qui gagnent progressivement du terrain face aux traditionnels bastions européens.

Côté suisse, cette perte de leadership intervient après des années de domination incontestée. Le pays, réputé pour sa stabilité politique et son secret bancaire historique, voit désormais son modèle concurrencé par des places plus dynamiques, capables d’innover en matière de services financiers et de fiscalité attractive.

Des chiffres qui reflètent un basculement structurel

Bien que le BCG n’ait pas publié les montants exacts des actifs gérés dans chaque pays, l’étude précise que la conversion en dollars américains a permis de comparer des données autrement difficiles à appréhender. Hong Kong a ainsi bénéficié d’un afflux de capitaux étrangers, portés par une réglementation financière jugée plus flexible et une fiscalité avantageuse pour les investisseurs internationaux.

Les experts du BCG soulignent également l’impact des réformes mises en place par les autorités hongkongaises ces dernières années. Ces mesures, visant à renforcer la transparence tout en maintenant un cadre favorable aux investisseurs, ont contribué à attirer des fortunes venues d’Europe, d’Amérique du Nord et même du Moyen-Orient. La Suisse, elle, doit désormais composer avec une concurrence accrue, dans un environnement où la rapidité de réaction et l’innovation deviennent des critères déterminants.

Les réactions des autorités hongkongaises

Les responsables politiques et financiers de Hong Kong n’ont pas tardé à saluer ce résultat. Dans un communiqué diffusé mercredi, le gouvernement local a salué « l’attractivité renforcée de notre ville comme cœur financier mondial », ajoutant que cette performance « confirme la résilience et la compétitivité de notre écosystème ».

Un porte-parole du ministère des Finances hongkongais a précisé que cette première place « reflète les efforts constants pour moderniser notre secteur bancaire et attirer les investisseurs les plus exigeants ». Il a également évoqué les partenariats conclus avec des fintechs et des gestionnaires de fortune internationaux pour renforcer l’offre de services.

« Ce classement est une reconnaissance du travail accompli pour faire de Hong Kong une plateforme incontournable pour la gestion de patrimoine. Nous restons déterminés à consolider cette position dans les années à venir. »

— Déclaration d’un responsable du gouvernement hongkongais, rapportée par RFI

Et maintenant ?

Si Hong Kong s’impose désormais comme la nouvelle Mecque de la gestion de fortune, la question se pose de savoir combien de temps cette position pourra être tenue. Les autorités suisses, qui n’ont pas encore réagi officiellement, pourraient être tentées de revoir leur stratégie pour regagner du terrain. De son côté, Singapour, autre poids lourd asiatique, reste un concurrent sérieux, même si la ville-État n’a pas encore dépassé la Suisse dans ce classement.

Les prochains mois seront déterminants : les résultats de l’étude BCG pour 2027, ainsi que les décisions de politique monétaire et fiscale en Suisse et à Hong Kong, pourraient rebattre les cartes. Autant dire que la bataille pour la première place ne fait que commencer.

La Suisse, qui a longtemps incarné la stabilité financière, devra désormais faire face à une concurrence plus féroce. Quant à Hong Kong, son défi consistera à maintenir cette dynamique dans un contexte géopolitique parfois instable, marqué par des tensions commerciales et des incertitudes réglementaires.