Pour la quinzième année consécutive, le musée ethnographique en plein air de Szentendre a organisé les festivités de la Pentecôte, mêlant héritage religieux et traditions populaires hongroises. Selon Euronews FR, cet événement annuel, qui s’est tenu dans l’un des plus grands sites culturels du pays, a mis à l’honneur la renaissance de la nature et l’arrivée de l’été à travers des danses, des chants et des artisanats ancestraux.
Ce qu'il faut retenir
- La 15ᵉ édition de la fête du patrimoine de la Pentecôte s’est déroulée au musée ethnographique en plein air de Szentendre, près de Budapest.
- Cette célébration associe traditions religieuses et coutumes populaires liées à l’éveil de la nature et à l’été.
- Les visiteurs ont découvert des danses folkloriques, des expositions artisanales et des démonstrations culinaires venues de différentes régions de Hongrie.
- Une église du musée a été décorée selon la tradition spécifique de Mende, avec des branches vertes ornées de dentelles et de rubans slovaques.
- Des invités d’honneur espagnols ont présenté le flamenco et les décors floraux andalous, élargissant ainsi la dimension internationale de l’événement.
- Une exposition photographique a retracé les 50 ans du mouvement des « táncház », ces soirées de danse traditionnelle qui animent la vie culturelle hongroise.
Une fête aux racines à la fois religieuses et populaires
Bien que la Pentecôte soit avant tout une fête chrétienne commémorant la descente du Saint-Esprit, ses célébrations en Hongrie dépassent largement le cadre religieux. Selon Eszter Csonka-Takács, directrice du Centre du patrimoine culturel immatériel du musée, « la tradition des branches vertes revêt une grande importance ». Les Hongrois décoraient autrefois maisons, écoles et églises avec ces végétaux pour symboliser la renaissance de la nature et l’arrivée des beaux jours. Une pratique qui, bien que moins courante aujourd’hui, reste un marqueur fort de cette période.
À Mende, dans le comté de Pest, une église du musée a été décorée selon une coutume locale. Les branches, agrémentées de dentelles et de foulards fabriqués par les femmes du village, se distinguent par des « papillons », des tissus amidonnés noués avec des rubans slovaques traditionnels. « La particularité réside dans le papillon », a expliqué Barbara Fekete, militante pour la préservation de cette tradition. « C’est un tissu amidonné, noué avec un ruban coloré, qui donne à cette décoration toute sa singularité. »
Un festival multiculturel réunissant 15 ans de patrimoine vivant
L’édition 2026 de la fête a attiré des groupes folkloriques de toute la Hongrie, ainsi que des artisans et musiciens venus partager leur savoir-faire avec le public. Dans le secteur dédié au Sud-Transdanubie, des troupes comme le groupe Rajkó, la troupe de danse Zselic ou encore la troupe Matyó ont animé la scène. Une exposition a même retracé l’histoire des « táncház », ces soirées de danse traditionnelle qui ont connu un regain de popularité dans les années 1970.
Côté artisanat, les visiteurs ont pu découvrir les techniques de teinture au bleu de Nagynyárád avec János Sárdi, un teinturier spécialisé dans cette pratique ancestrale. En Transdanubie occidentale, des démonstrations de tournage de poterie, une exposition de cruches et la fabrication de « molnárkalács » (gâteaux de meunier) ont ravi les participants. Dans la Petite-Plaine, les traditions de décoration des églises à la Pentecôte de Mende étaient à l’honneur, aux côtés de la broderie dorée serbe de Deszk.
L’Espagne en invité d’honneur pour clore les festivités
Pour cette édition, le musée a invité des artistes espagnols afin de présenter deux formes culturelles emblématiques. D’un côté, la danse flamenco, avec ses mouvements passionnés et ses costumes flambeaux, de l’autre, les décors floraux de cour andalous, connus sous le nom de « estilo cordobés ». Ces animations ont offert aux Hongrois un aperçu de traditions espagnoles, renforçant l’aspect interculturel de l’événement.
« Les invités étrangers apportent une nouvelle dimension à notre fête », a souligné un responsable du musée. « Cela permet aux visiteurs de comparer et de mieux comprendre la diversité des pratiques festives en Europe. » Les danses et démonstrations, suivies par un public nombreux, ont confirmé l’attrait de ces échanges culturels.
Si les prochaines éditions maintiennent cette dynamique, la fête pourrait attirer davantage de touristes étrangers, notamment grâce à la richesse des animations proposées. Pour l’instant, les organisateurs se concentrent sur l’évaluation de cette 15ᵉ édition, dont le succès semble déjà assuré.