Le Parlement hongrois a approuvé une révision constitutionnelle permettant de destituer le président Tamás Sulyok, que le Premier ministre Péter Magyar accuse d’être la "marionnette" de Viktor Orbán, selon Euronews FR. Cette décision fait partie du plan de Magyar, baptisé "Purgatoire", qui vise à démanteler l'héritage politique de son prédécesseur, Viktor Orbán.
Ce développement est considéré comme le premier véritable test politique pour le parti Tisza de Péter Magyar, arrivé au pouvoir après sa victoire écrasante aux élections d'avril. Si la tentative de destitution du président bénéficie d'un large soutien populaire, le processus pourrait se retourner contre le gouvernement sur le plan juridique, estiment plusieurs experts.
Ce qu'il faut retenir
- Le Parlement hongrois a modifié la Constitution pour permettre la destitution du président Tamás Sulyok.
- Le Premier ministre Péter Magyar accuse Sulyok d’être la "marionnette" de Viktor Orbán.
- La décision de destituer Sulyok fait partie du plan de Magyar pour démanteler l'héritage politique de Viktor Orbán.
Les motivations de Magyar
Magyar, qui a remporté une victoire écrasante aux élections d’avril, a appelé à plusieurs reprises Sulyok à démissionner, le qualifiant de "marionnette" d’Orbán. Son objectif dépasse le simple changement de gouvernement, car il a promis une refonte en profondeur du système politique, affirmant vouloir un changement de régime.
Il estime que le président, âgé de 70 ans, est indigne de sa fonction, lui reprochant de ne pas s’être opposé à la rhétorique clivante d’Orbán ni à ses attaques contre l’État de droit. Au cœur de ses critiques figure le reproche fait à Sulyok de ne pas avoir défendu les militants et responsables de l’opposition qui auraient été pris pour cible par les services secrets durant la campagne électorale.
La réaction de Sulyok
Sulyok affirme que le Parlement n’a aucun motif pour écourter son mandat et avertit qu’une telle démarche pourrait plonger la Hongrie dans une crise constitutionnelle. Il exclut de démissionner et décrit la stratégie de Magyar comme une menace pour la démocratie. "La question est de savoir si cette force va balayer les principes de l’État de droit, reconnus et acceptés au niveau international, ainsi que la véritable démocratie représentative", a déclaré Sulyok dimanche dans un communiqué.
La procédure de destitution
À la suite de la modification de la Constitution par le Parlement lundi, Sulyok dispose de cinq jours pour décider s’il la signe ou non. S’il signe, l’amendement entrera en vigueur et il perdra son poste. En cas de refus, le Parlement ouvrira une procédure de destitution au motif qu’il ne remplit pas ses obligations constitutionnelles et demandera à la Cour constitutionnelle de mettre fin à son mandat.
En conclusion, la tentative de destitution du président Tamás Sulyok par le Premier ministre Péter Magyar est un développement important dans la politique hongroise, avec des implications potentielles pour la démocratie et les relations internationales de la Hongrie.