L’un des auteurs coréens les plus lus de part et d’autre du 38e parallèle, qui sépare la Corée du Nord de la Corée du Sud, revient sur le devant de la scène littéraire. Selon RFI, Hwang Sok-yong, romancier, nouvelliste et dramaturge reconnu, voit son roman Princesse Bari réédité en français par les éditions Zulma. Une occasion de redécouvrir l’œuvre d’un écrivain engagé, dont les récits s’enracinent dans les déchirures de l’Histoire coréenne.
Ce qu'il faut retenir
- Hwang Sok-yong est l’un des écrivains coréens les plus célèbres, lu à la fois en Corée du Nord et en Corée du Sud.
- Son roman Princesse Bari a été réédité en français en 2026 par les éditions Zulma.
- L’auteur, aujourd’hui octogénaire, est connu pour ses œuvres mêlant engagement politique et traditions culturelles coréennes.
Un auteur aux multiples facettes, ancré dans son époque
Né en 1943, Hwang Sok-yong s’est imposé comme une figure majeure de la littérature coréenne contemporaine. Romancier, nouvelliste et dramaturge, il a bâti une carrière littéraire marquée par son engagement politique. Ses romans, souvent inspirés par les luttes sociales et les conflits idéologiques de son temps, reflètent aussi une profonde connaissance des traditions et du folklore coréens. Selon RFI, c’est cette combinaison unique entre modernité et héritage culturel qui fait de lui un auteur à part.
Parmi ses œuvres les plus célèbres, Princesse Bari occupe une place centrale. Publié initialement en 2007, ce roman a été salué pour sa narration épique et sa capacité à transcender les frontières politiques. La réédition française en 2026, chez Zulma, permet aux lecteurs francophones de (re)découvrir l’un des textes phares de cet auteur.
Un roman qui traverse les divisions, un écrivain qui les défie
Le personnage éponyme de Princesse Bari, une chamane itinérante, incarne à elle seule les tensions et les fractures de la Corée divisée. À travers son périple, Hwang Sok-yong explore les blessures de l’Histoire, les famines passées et les espoirs brisés d’une nation partagée. L’auteur ne se contente pas de décrire un conflit : il en fait le miroir des souffrances et des résistances des Coréens des deux côtés du 38e parallèle.
Cette dimension politique est au cœur de son travail. Dans un entretien rapporté par RFI, Hwang Sok-yong a rappelé que « l’écriture est un acte de résistance ». Ses romans, souvent censurés ou interdits en Corée du Sud sous les régimes autoritaires, témoignent de cette volonté de donner une voix aux sans-voix. Princesse Bari, comme d’autres œuvres de l’auteur, illustre cette quête de vérité et de justice à travers la fiction.
« La littérature coréenne doit affronter les silences de l’Histoire, car c’est là que résident les vérités les plus douloureuses. »
— Hwang Sok-yong, selon RFI
Une réédition qui coïncide avec les défis contemporains
La republication de Princesse Bari en 2026 intervient dans un contexte où les questions de mémoire et de réconciliation en Corée restent d’une brûlante actualité. Les tensions entre Pyongyang et Séoul, bien que moins médiatisées qu’auparavant, persistent, tandis que les générations les plus jeunes découvrent avec difficulté les récits d’une époque marquée par la guerre et la division. Pour les éditions Zulma, cette réédition s’inscrit dans une volonté de faire dialoguer les cultures et de rappeler l’importance de la littérature comme outil de compréhension mutuelle.
Hwang Sok-yong, aujourd’hui âgé de 83 ans, continue d’écrire et de militer. Son œuvre, traduite dans une vingtaine de langues, est étudiée dans les universités du monde entier. Pourtant, comme le souligne RFI, son nom reste parfois méconnu en Occident, où la littérature coréenne est souvent réduite à quelques titres phares. Cette réédition est donc l’occasion de combler cette lacune et de mieux faire connaître un auteur dont l’importance dépasse largement les frontières de la péninsule.
Hwang Sok-yong incarne ainsi une littérature qui refuse l’oubli et les frontières. À travers ses récits, il rappelle que les déchirures de l’Histoire ne sont pas seulement des cicatrices, mais aussi des lieux de résistance et de renaissance. Une œuvre à redécouvrir, surtout en ces temps où les divisions politiques semblent resurgir partout dans le monde.