Yoann Gillet, député du Gard et porte-parole du Rassemblement national (RN), a réaffirmé ce lundi 25 mai 2026, lors de son passage dans l’émission politique de Franceinfo, la volonté de son parti de soumettre l’immigration à un grand référendum national. Cette proposition s’inscrit dans un contexte électoral marqué par la préparation de l’élection présidentielle de 2027, où le RN apparaît en tête des intentions de vote dans les sondages.

Ce qu'il faut retenir

  • Yoann Gillet accuse Gérald Darmanin de reprendre les propositions du RN, notamment celle d’un moratoire de trois ans sur l’immigration de travail.
  • Le RN propose d’exécuter systématiquement les obligations de quitter le territoire français (OQTF) et de supprimer le regroupement familial.
  • Le parti souhaite organiser un référendum sur l’immigration, afin de contourner un éventuel blocage du Conseil constitutionnel.
  • Sur la question des retraites, le RN défend un départ à 60 ans avec 40 annuités, puis 42 annuités pour les autres, quel que soit l’âge de début de carrière.
  • Le congrès du RN est prévu fin octobre 2026 à Orléans, tandis que la décision sur le candidat présidentiel est attendue pour juillet 2026.

Un moratoire sur l’immigration : une proposition désormais portée par la droite

Dans son interview à Franceinfo, Yoann Gillet a salué les propositions de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur jusqu’en 2024, qui a évoqué dimanche 24 mai dans Le JDD la mise en place d’un moratoire de trois ans sur l’immigration de travail. « Je ne peux que me réjouir de voir Gérald Darmanin, qui a été ministre de l’Intérieur un certain nombre d’années, reprendre le programme du Rassemblement national », a-t-il déclaré. Cependant, le député du Gard a nuancé son propos en rappelant que ces prises de position intervenaient « à chaque élection où le Rassemblement national est en tête dans les sondages », les partis de droite et du centre reprenant alors les idées portées par le RN.

Gillet a également souligné que Darmanin avait systématiquement rejeté les propositions du RN lorsqu’il était aux responsabilités, comme l’idée d’un moratoire ou la suppression du regroupement familial. « Ce n’est pas normal qu’aujourd’hui nous soyons à environ 10 % d’exécution des OQTF », a-t-il critiqué, rappelant que le RN exige leur exécution systématique et un « bras de fer » avec les pays d’origine pour faire respecter les décisions françaises.

Immigration : le RN défend « l’immigration zéro » et un référendum pour contourner les blocages institutionnels

Interrogé sur la possibilité d’une « immigration zéro », Yoann Gillet a répondu que ce concept n’existait pas. « Ce que nous disons, c’est qu’il faut limiter l’immigration et qu’il faut la choisir », a-t-il précisé. Le RN propose ainsi de supprimer le regroupement familial, une mesure que Darmanin a également évoquée dans son interview, ce qui a valu au député du Gard de souligner avec ironie que ce dernier « nous donne raison alors même qu’il y a encore un an et demi, nous le proposions par voie d’amendement à l’Assemblée nationale ».

Le porte-parole du RN a insisté sur la nécessité de donner la parole aux Français via un référendum. « Nous voulons proposer aux Français un grand référendum », a-t-il annoncé. « Nous voulons que les Français puissent s’exprimer sur le sujet, car c’est l’une de leurs préoccupations majeures. L’immigration a des conséquences économiques, sociales et sécuritaires. » Ce référendum permettrait, selon Gillet, d’adopter des mesures approuvées par les citoyens et d’éviter un blocage par le Conseil constitutionnel. « Nous voulons faire en sorte que les mesures que nous proposerons dans ce référendum soient ensuite approuvées sans le barrage du Conseil constitutionnel », a-t-il expliqué.

Retraites : le RN défend un départ à 60 ans, malgré les divergences apparentes entre Le Pen et Bardella

Sur la question des retraites, Yoann Gillet a rappelé la position du RN : un départ à 60 ans avec 40 annuités pour ceux ayant commencé à travailler avant 20 ans, puis une progression vers 42 annuités pour un départ à taux plein. « Ce n’est pas l’âge qui compte, mais la durée de cotisation », a-t-il souligné. Cette proposition s’inscrit dans une logique de « cotisation » plutôt que d’âge légal, a-t-il ajouté, balayant les critiques selon lesquelles Marine Le Pen et Jordan Bardella ne seraient pas sur la même ligne sur ce sujet.

« Ils disent exactement la même chose », a affirmé Gillet, rejetant l’idée de divergences au sein du parti. Marine Le Pen, candidate déclarée pour 2027, défend un âge légal à 62 ans, tandis que Jordan Bardella, président du RN, avait évoqué dans un média allemand une possible réforme du système actuel. Gillet a précisé que le RN proposait un départ à 60 ans pour les carrières longues, soit 40 annuités pour les travailleurs ayant commencé avant 20 ans, puis 42 annuités pour les autres. Par exemple, « si vous commencez à travailler à 21 ans, vous partez à 63 ans, et si vous commencez à 25 ans, vous partez 42 années après », a-t-il détaillé.

Stratégie électorale : congrès en octobre, décision sur le candidat en juillet

Yoann Gillet a également abordé la stratégie du RN pour l’élection présidentielle de 2027. Le parti organise son congrès à Orléans (Loiret) fin octobre 2026, une étape clé dans la préparation de la campagne. La question du candidat n’est pas encore tranchée : si Marine Le Pen, actuellement en tête des intentions de vote, ne se présente pas, Jordan Bardella sera le candidat du RN. « La volonté de Marine Le Pen, c’est d’être candidate à l’élection présidentielle. Et si ce n’est pas le cas, Jordan Bardella sera alors notre candidat », a indiqué Gillet. Il a ajouté que, dans ce cas, Le Pen « sera la première militante de la campagne présidentielle de Jordan Bardella » et participera activement à la campagne.

Interrogé sur sa possible implication dans la campagne, Gillet, député du Gard et porte-parole du RN, a éludé la question. « Je suis député du Gard, je suis porte-parole du Rassemblement national et j’ai en charge depuis quelques semaines l’organisation de notre congrès. Pour le reste, je ne commente jamais les rumeurs », a-t-il répondu. Cette prudence s’inscrit dans un contexte où les médias évoquent régulièrement des noms pour diriger la campagne, notamment celui de Gillet lui-même, cité par Politico.

Et maintenant ?

La proposition d’un référendum sur l’immigration devrait être au cœur des débats politiques dans les mois à venir, alors que le RN consolide sa position dans les sondages. La décision sur le candidat du parti pour 2027, attendue pour juillet 2026, pourrait influencer la stratégie globale. Enfin, la tenue du congrès à Orléans fin octobre 2026 marquera une étape importante dans l’organisation de la campagne, quel que soit le nom du candidat finalement retenu.

Cette interview de Yoann Gillet intervient alors que le débat sur l’immigration s’intensifie, avec des propositions venues de différents bords politiques. Le RN, qui se présente comme le principal porteur de ces idées, mise sur un référendum pour donner une légitimité démocratique à ses mesures phares, tout en préparant activement l’échéance électorale de 2027.

Le RN propose de limiter et de choisir l’immigration de travail, sans pour autant définir un chiffre précis d’« immigration zéro ». Le parti souhaite supprimer le regroupement familial et exécuter systématiquement les obligations de quitter le territoire français (OQTF), actuellement exécutées à seulement environ 10 %. Ces mesures s’accompagneraient d’un moratoire de trois ans sur l’immigration de travail, une proposition désormais portée par Gérald Darmanin.

Le congrès du Rassemblement national est prévu fin octobre 2026 à Orléans, dans le Loiret. Cet événement devrait permettre de finaliser la stratégie du parti pour l’élection présidentielle de 2027.