Selon Euronews FR, les prix de l’immobilier dans l’Union européenne ont progressé de 5,5 % au quatrième trimestre 2025 par rapport à la même période de 2024. Cette hausse, qui dépasse la moyenne des années précédentes, s’explique notamment par une amélioration des conditions de financement et une stabilisation des taux d’intérêt. Plusieurs pays enregistrent des progressions bien plus marquées, avec des taux dépassant les 10 % en rythme annuel.
Ce qu'il faut retenir
- La Hongrie enregistre la plus forte hausse des prix en Europe avec une progression de 21,2 % au quatrième trimestre 2025.
- Le Portugal (+18,9 %), la Croatie (+16,1 %) et l’Espagne (+12,9 %) suivent, portés par une demande internationale soutenue.
- L’amélioration des conditions de financement, avec la stabilisation des taux d’intérêt, a relancé la demande après deux années de hausse des coûts de crédit.
- La Finlande fait figure d’exception avec une baisse de 3,1 % sur un an, tandis que les grandes économies européennes affichent des hausses modérées.
- Les marchés urbains et côtiers concentrent les plus fortes hausses, notamment en raison de la demande en résidences secondaires et de l’attractivité touristique.
Une dynamique portée par la baisse des taux et la relance de la demande
La stabilisation des taux d’intérêt a joué un rôle clé dans la reprise du marché immobilier européen en 2025. Selon Michael Polzler, directeur général de REMAX Europe, « les évolutions de prix observées fin 2025 ont été dictées par l’amélioration des conditions de financement, qui a entraîné le retour de la demande ». Après deux années marquées par la hausse des taux hypothécaires, les ménages ont retrouvé une visibilité accrue, permettant à de nombreux acheteurs de reprendre leur recherche de logement.
Mikk Kalmet, expert du Global Property Guide, confirme cette tendance : « À mesure que l’Euribor et les taux bancaires se sont stabilisés, le marché s’est légèrement redressé, les ménages qui hésitaient à acheter en période d’incertitude retrouvant un certain degré de visibilité à partir de la fin 2024 ». Cette reprise progressive a permis aux prix de rebondir, même si les niveaux restent inférieurs à ceux observés avant la crise des taux de 2023.
La Hongrie en tête, portée par des dispositifs publics incitatifs
Avec une hausse annuelle de 21,2 % selon Eurostat, la Hongrie se distingue comme le pays européen affichant la plus forte progression des prix immobiliers en 2025. Cette dynamique s’explique en grande partie par des politiques publiques volontaristes en faveur de l’accession à la propriété. Kate Everett-Allen, responsable de la recherche résidentielle européenne chez Knight Frank, souligne que « la Hongrie a fortement développé ces dernières années des dispositifs d’accession à la propriété subventionnés, ce qui a stimulé la demande, en parallèle d’une activité soutenue des investisseurs ».
Cette stratégie, couplée à une croissance économique soutenue, a attiré à la fois des acheteurs locaux et des investisseurs étrangers, renforçant la pression sur les prix. La Hongrie rejoint ainsi d’autres pays d’Europe centrale et orientale qui enregistrent des hausses significatives, portés par une croissance du PIB plus vigoureuse que la moyenne européenne.
Portugal, Croatie, Espagne : l’attractivité internationale comme moteur
Dans la zone euro, le Portugal (+18,9 %), la Croatie (+16,1 %) et l’Espagne (+12,9 %) figurent parmi les pays affichant les plus fortes hausses de prix. Selon Everett-Allen, « la vigueur de la demande internationale a été un facteur clé dans ces trois pays ». Les migrations liées à la qualité de vie, l’achat de résidences secondaires et les flux d’investissement entrants – notamment les nomades numériques, les retraités et les acheteurs étrangers – restent soutenus malgré la hausse des coûts de crédit pour les résidents.
Michael Polzler précise que les hausses les plus marquées se concentrent dans les principaux centres urbains et sur le littoral, là où la demande est la plus forte. Au Portugal, par exemple, la hausse des prix est alimentée par une offre très limitée, notamment à Lisbonne, Porto et leurs environs. Le pays a mis en place un système de garantie publique pour les jeunes primo-accédants, permettant un financement hypothécaire pouvant aller jusqu’à 100 % du bien, l’État se portant garant jusqu’à 15 % de sa valeur. « Le marché est clairement à l’avantage des vendeurs, et, conjuguée à cette politique, la rareté de l’offre leur a permis de conserver un important pouvoir de fixation des prix », explique-t-il.
Les marchés touristiques et urbains sous tension
En Espagne, des villes comme Valence et Madrid ont enregistré des hausses supérieures à la moyenne nationale, portées à la fois par la demande intérieure et internationale. Mikk Kalmet rappelle que l’accélération des prix dans ces pays s’explique surtout par leur attractivité en tant que destinations touristiques. Les acheteurs internationaux, la demande de résidences secondaires et l’essor des locations de courte durée accentuent la pression sur les marchés du logement, surtout dans les zones côtières et les grandes villes.
Cette tendance se retrouve également en Croatie, où les prix explosent dans des villes comme Split ou Dubrovnik, très prisées par les touristes étrangers. Les investissements étrangers, souvent motivés par des perspectives de rendement locatif élevé, alimentent cette dynamique, malgré des coûts de crédit en hausse pour les résidents locaux.
Europe centrale et orientale : des marchés en rattrapage
Plusieurs pays d’Europe centrale et orientale affichent des hausses de prix supérieures à 10 %, reflétant un rattrapage économique et des niveaux de départ plus bas. Parmi eux, la Slovaquie (+12,8 %), la Bulgarie (+12,6 %), la Lettonie (+11 %), la Lituanie (+10,8 %) et la Tchéquie (+10,4 %) se distinguent. Everett-Allen souligne que « ces marchés profitent d’investissements dans les infrastructures et d’afflux de capitaux, motivés à la fois par la recherche d’une meilleure qualité de vie et par des perspectives économiques de plus long terme ».
Kalmet ajoute que les prix ont eu tendance à augmenter plus vite dans cette région, en partie parce que les revenus y rattrapent leur retard et que les niveaux de départ sur le marché du logement y étaient plus bas. Cette dynamique s’inscrit dans une tendance de fond, avec une croissance du PIB plus vigoureuse que dans les grandes économies occidentales.
Les grandes économies européennes : des hausses modérées, sauf en Espagne
Parmi les quatre plus grandes économies de l’UE, l’Espagne se distingue avec une hausse de 12,9 %, largement supérieure à celle de ses voisins. L’Italie enregistre une progression de 4,1 %, tandis que l’Allemagne affiche une hausse de 3 %. La France, quant à elle, reste en retrait avec une augmentation limitée à 1 % sur un an.
Selon Michael Polzler, « la France se remet encore de la forte correction du marché en 2023 et 2024, lorsque la hausse des taux hypothécaires et l’inflation ont fortement pesé sur la demande ». Le marché hexagonal est en phase de stabilisation, avec des variations de prix limitées et des acheteurs prudents. Everett-Allen précise que le marché résidentiel allemand a été particulièrement exposé à « l’endettement bon marché, à la faiblesse de la progression des revenus et à un système locatif qui permet à la demande de se retirer rapidement, le tout sur fond de réglementation lourde et de coûts d’entrée élevés ».
Les politiques publiques joueront également un rôle clé. En Hongrie, la poursuite des dispositifs d’accession à la propriété subventionnés pourrait maintenir la pression sur les prix, tandis qu’en France, la stabilisation du marché dépendra de l’évolution des revenus des ménages et de la capacité des promoteurs à relancer la construction. Enfin, l’attractivité touristique et l’afflux d’investissements étrangers resteront des moteurs essentiels pour les pays du Sud et de l’Est de l’Europe.
La Hongrie enregistre une hausse de 21,2 % en 2025 en raison de politiques publiques volontaristes en faveur de l’accession à la propriété, combinées à une croissance économique soutenue et à une forte attractivité pour les investisseurs étrangers. Ces dispositifs, comme les subventions à l’achat, ont stimulé la demande et tiré les prix vers le haut, selon les experts interrogés par Euronews FR.
Plusieurs indicateurs laissent entrevoir une stabilisation progressive du marché français, après deux années de correction liée à la hausse des taux. Les prochaines décisions de la Banque centrale européenne sur les taux d’intérêt, ainsi que l’évolution des revenus des ménages, seront déterminantes. Les experts estiment que le marché pourrait retrouver un équilibre en 2026, mais sans retour à la forte croissance des années 2010.
