Courrier International révèle qu’un mouvement de protestation inédit s’est déployé en Indonésie le 12 juin 2026, lorsque des étudiants de l’Universitas Indonesia, établissement d’enseignement supérieur prestigieux du pays, ont défilé dans les rues de Jakarta sous le slogan « Menuju Indonesia Bangkrut » (« Vers la faillite de l’Indonésie »).
Selon Courrier International, cette mobilisation, rapidement rejointe par des organisations de la société civile, s’est étendue à plusieurs grandes villes de l’archipel. Elle rappelle les violentes manifestations de l’été 2025, qui avaient fait une dizaine de morts et dégénéré en affrontements. Mais cette fois, l’objet des revendications a évolué : au-delà du Parlement et de la police, c’est directement le président Prabowo Subianto, accusé d’être responsable des difficultés économiques actuelles, qui est visé, comme le souligne The Jakarta Post.
Ce qu'il faut retenir
- Un mouvement de protestation a éclaté le 12 juin 2026 à Jakarta, lancé par des étudiants de l’Universitas Indonesia.
- Le slogan « Menuju Indonesia Bangkrut » (« Vers la faillite de l’Indonésie ») dénonce la politique économique du président Prabowo Subianto.
- Les manifestations, initialement étudiantes, ont été rejointes par la société civile et se sont propagées à plusieurs grandes villes.
- La roupie indonésienne a atteint un niveau historique face au dollar, aggravant la crise économique.
- Le gouvernement est critiqué pour des mesures comme le programme de repas gratuits, jugé inefficace.
Une mobilisation étudiante aux revendications économiques
Les étudiants de l’Universitas Indonesia, située à Jakarta, ont donné le ton le 12 juin 2026 avec un défilé aux couleurs de leur uniforme. Leur slogan, « Menuju Indonesia Bangkrut », reflète leur inquiétude quant à la dégradation de la situation économique du pays. « Nous ne voulons plus d’un gouvernement qui aggrave notre situation », a déclaré l’un des organisateurs, cité par Courrier International.
Rapidement, le mouvement a pris de l’ampleur. Des organisations de la société civile, comme des syndicats et des associations de défense des droits sociaux, ont rejoint les étudiants. Ensemble, ils ont étendu les protestations à des villes comme Surabaya, Bandung et Medan, transformant une mobilisation locale en un mouvement national. Ce type de convergence rappelle les événements de 2025, où des violences avaient éclaté entre manifestants et forces de l’ordre, faisant une dizaine de morts.
Une crise économique au cœur des tensions
Le contexte économique de l’Indonésie est marqué par une chute historique de la roupie indonésienne face au dollar, un phénomène qui pèse lourdement sur les ménages. Selon les analystes, la monnaie locale a perdu près de 20 % de sa valeur depuis le début de l’année 2026, en partie en raison de la baisse des exportations et de la fuite des capitaux étrangers. « La situation est critique pour les Indonésiens, surtout pour les plus modestes », a indiqué un économiste de l’Université de Jakarta, sous couvert d’anonymat.
Outre la dépréciation de la roupie, les prix des carburants et des denrées de base ont fortement augmenté. Le gouvernement a tenté de répondre à cette crise sociale en instaurant un programme de repas gratuits dans les écoles, une mesure critiquée pour son manque d’efficacité et son coût élevé. « Donner des repas gratuits ne suffit pas si les prix continuent de flamber », a souligné un membre d’une association locale. Les manifestants dénoncent également la gestion des subventions énergétiques, jugée déséquilibrée et favorable aux entreprises au détriment des citoyens.
Prabowo Subianto directement visé par les protestations
Contrairement aux mobilisations de 2025, qui visaient principalement le Parlement et la police, cette fois, c’est la personne même du président Prabowo Subianto qui est au cœur des critiques. Élu en 2024 sur un programme axé sur la relance économique et la réduction de la pauvreté, son mandat est désormais associé à l’aggravation de la crise. « Les promesses n’ont pas été tenues, et les Indonésiens en paient le prix », a affirmé un porte-parole du mouvement lors d’une conférence de presse.
Les manifestants réclament notamment une baisse des prix des produits de première nécessité, une réforme du système de subventions et une meilleure transparence dans la gestion des fonds publics. Certains groupes appellent même à la démission du président, une demande qui reste minoritaire mais qui illustre l’ampleur de la colère sociale. « Le mécontentement est profond, et il ne se limite plus aux milieux étudiants », a confirmé un analyste politique de l’Institut d’études stratégiques de Jakarta.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact de ces protestations sur la politique intérieure indonésienne. Le gouvernement pourrait être contraint de revoir certaines de ses mesures phares, comme le programme de repas gratuits ou la gestion des subventions, sous peine d’aggraver encore les tensions sociales. Reste à voir si ces ajustements suffiront à apaiser une population de plus en plus méfiante envers ses dirigeants.
La dépréciation de la roupie s’explique principalement par la baisse des exportations, notamment des matières premières comme le charbon et le nickel, ainsi que par une fuite des capitaux étrangers en raison de l’incertitude économique mondiale. La politique monétaire restrictive de la Banque centrale indonésienne, visant à lutter contre l’inflation, a également contribué à affaiblir la monnaie locale.
Les organisateurs ont appelé à une nouvelle journée de protestation le 25 juin 2026 à Jakarta, avec des rassemblements prévus dans d’autres grandes villes. Ils exigent des rencontres avec le président Prabowo Subianto pour discuter de leurs revendications, ainsi que la démission de plusieurs membres du gouvernement. Aucune date n’a encore été fixée pour d’éventuelles négociations.