Les infirmières libérales peinent toujours à s'entendre avec l'Assurance maladie après huit mois de négociations pour obtenir des revalorisations, selon nos confrères de BFM Business. Les revalorisations proposées par l'Assurance maladie ne sont « pas à la hauteur » de leurs rôles et responsabilités, déplorent deux syndicats représentatifs, dont l'un a quitté la table des discussions.
La situation est préoccupante, car les infirmières libérales jouent un rôle crucial dans le système de soins, notamment depuis la « loi infirmière » de juin 2025, qui a offert aux infirmières un rôle élargi dans le système de soins. L'Assurance maladie et les trois syndicats représentatifs (FNI, Sniil, Convergence infirmière) doivent négocier un « avenant » à leur convention, pour revaloriser les professionnelles et intégrer aux prestations remboursées les nouvelles compétences acquises.
Ce qu'il faut retenir
- Les infirmières libérales peinent à s'entendre avec l'Assurance maladie après huit mois de négociations.
- Les revalorisations proposées par l'Assurance maladie ne sont « pas à la hauteur » de leurs rôles et responsabilités.
- Un des syndicats représentatifs a quitté la table des discussions, réclamant un « engagement chiffré ».
- Un accord doit être trouvé avant la fin du mois.
Le contexte des négociations
Les pouvoirs publics élargissent les compétences de la profession infirmière depuis des années, mais les moyens alloués ne suivent pas, souligne la FNI, première organisation représentative. « Depuis des années, les pouvoirs publics élargissent les compétences de la profession (...) et s’appuient sur elle pour absorber les tensions croissantes du système de santé » relatives au vieillissement de la population, à la hausse des maladies chroniques, désertification médicale, entre autres.
« On ne peut pas, d’un côté, multiplier les missions, et de l’autre, contenir les moyens », souligne la FNI. Aujourd'hui, « l'enveloppe proposée ne répond ni aux réalités économiques (...) ni à la reconnaissance légitime des compétences acquises », écrit le syndicat.
Les exigences des syndicats
Le Sniil avait annoncé « suspendre sa participation » aux négociations, réclamant une « revalorisation de plus de 20% de la lettre clé », la brique tarifaire de base des soins infirmiers. « Là, on est plus proche de 5% », déplore John Pinte, président du Sniil. Il fait aussi état de « points de blocage sur les nouvelles compétences, notamment sur la consultation infirmière », créée par la loi de 2025.
L'Assurance maladie propose de créer pour l'instant deux types de consultation, ciblées « sur l'éducation à la santé » et « la prévention », « plutôt satisfaisantes » mais qui n'entreraient en vigueur « qu'en juillet 2027 et janvier 2028 », regrette John Pinte. Et « elle renvoie à des travaux ultérieurs » une éventuelle consultation sur la prise en charge des plaies, que réclamaient les syndicats, a-t-il déploré.
Les enjeux de l'accord
Selon John Pinte, l'Assurance maladie argue d'un cadre budgétaire contraint et n'a pour l'instant pas dévoilé « l'enveloppe globale » allouée à l'accord. Selon plusieurs observateurs, sans accord avant le 31 mars, aucune revalorisation ne pourra entrer en vigueur avant 2027. « La négociation se poursuit », indique l'Assurance maladie, qui ne souhaite pas faire plus de commentaires.
Les enjeux de cet accord sont importants, car ils concernent non seulement les infirmières libérales, mais également l'ensemble du système de soins. La capacité à trouver un accord équitable et durable sera déterminante pour l'avenir de la profession et pour la qualité des soins prodigués aux patients.
