Une invention primée au Concours Lépine 2023 va transformer le quotidien de centaines de milliers de personnes en fauteuil roulant. Trois ingénieurs français ont mis au point un système de freinage révolutionnaire, aujourd’hui intégré aux fauteuils et intégralement pris en charge par l’Assurance maladie depuis le 24 avril 2026. Selon Franceinfo - Santé, ce dispositif, qui réduit de cinq fois l’effort nécessaire pour freiner, pourrait bénéficier à l’ensemble des 400 000 utilisateurs de fauteuils en France.
Ce qu'il faut retenir
- Un système de freinage innovant primé au Concours Lépine 2023 réduit l’effort de freinage de 5 fois et élimine les frottements manuels.
- Le dispositif est désormais remboursé à 100 % par la Sécurité sociale depuis une semaine.
- L’invention, commercialisée sous le nom Eppur, est produite par une start-up française qui emploie six salariés et vend 400 paires de roues par an.
- Les utilisateurs témoignent d’un gain d’autonomie et de sécurité, notamment sur les pentes.
Une innovation née d’un pari technique et humain
L’histoire commence en 2023, lorsque trois jeunes ingénieurs, Lancelot Durand, Matthias Portellano et Bazile Mayer — ce dernier n’étant pas un homonyme mais bien l’un des concepteurs — décident de relever un défi : simplifier la vie des personnes en fauteuil roulant. Leur solution ? Un système de freinage sans frottement, permettant un freinage fluide et précis avec un effort minimal. « Ce système permet à l’utilisateur d’avoir zéro frottement dans la main et cinq fois moins d’efforts », explique Lancelot Durand, l’un des lauréats du Concours Lépine 2023.
Leur projet, baptisé Eppur, a rapidement séduit les jurys du célèbre concours parisien, qui récompense chaque année les inventions les plus prometteuses. « Dès que nous avons remporté le prix, tout a changé », confie Matthias Portellano. Le label du Concours Lépine a ouvert des portes : fabricants, usineurs et investisseurs ont répondu présents. « Ça a été beaucoup plus simple d’aller toquer chez les industriels en leur disant : ‘Aidez-nous à rendre ce produit accessible au plus grand nombre’ », précise-t-il.
Une production locale et une ambition internationale
Créée après leur victoire, la start-up emploie désormais six salariés et commercialise 400 paires de roues équipées du système Eppur chaque année. L’objectif ? Atteindre les 1 500 unités annuelles d’ici deux à trois ans. « On est très fiers non seulement du succès technique, mais surtout de l’impact concret sur la vie des utilisateurs », souligne Lancelot Durand. Leur entreprise, encore en phase de croissance, mise sur une production 100 % française pour garantir la qualité et réduire les coûts.
Le système est déjà distribué dans plusieurs pays européens et en Amérique du Nord. Les retours des utilisateurs, comme Bazile Mayer — l’un des trois concepteurs —, sont unanimes : « Avant, je tombais parfois parce que je n’arrivais pas à freiner. Maintenant, je sais que c’est impossible. C’est rassurant, et je peux me déplacer seul sans aide. » Un témoignage qui résume l’enjeu de cette innovation : redonner autonomie et confiance.
Un remboursement intégral qui change la donne
Depuis le 24 avril 2026, le système Eppur est remboursé à 100 % par la Sécurité sociale, une première pour un accessoire de fauteuil roulant. Cette prise en charge totale, accordée après évaluation par les autorités sanitaires, devrait démocratiser l’accès à cette technologie. « Pour beaucoup de nos concitoyens, ce remboursement va faire la différence entre un équipement accessible et un luxe », note un responsable de la start-up.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en France, près de 400 000 personnes utilisent un fauteuil roulant, dont une majorité pour des raisons de mobilité réduite liées à l’âge, à un handicap ou à une maladie chronique. Pour ces utilisateurs, la question de l’autonomie est cruciale. « Pouvoir freiner en toute sécurité, surtout en pente, c’est une question de dignité », rappelle un ergothérapeute interrogé par Franceinfo - Santé. L’invention des trois ingénieurs s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large de modernisation des équipements médicaux, où l’innovation rime avec accessibilité.
Cette avancée rappelle aussi l’importance des concours comme le Lépine, qui jouent un rôle de tremplin pour les inventeurs. « Sans ce prix, nous en serions encore au stade du prototype », admet Matthias Portellano. À l’heure où les technologies médicales évoluent rapidement, cette histoire illustre comment une idée simple, bien exécutée, peut avoir un impact sociétal majeur.
Pour l’instant, l’équipe reste concentrée sur son objectif : « Continuer à écouter les besoins des utilisateurs et innover sans jamais perdre de vue l’essentiel : leur liberté. »
Le système Eppur est remboursé à 100 % par l’Assurance maladie depuis le 24 avril 2026, sous réserve d’une prescription médicale et de la conformité du fauteuil à certains critères techniques. Les détails sont disponibles sur le site Ameli.fr ou auprès des ergothérapeutes et revendeurs agréés.
Pour l’instant, le système est compatible avec la majorité des fauteuils manuels modernes, mais des adaptations sont nécessaires pour certains modèles anciens ou sur mesure. La start-up travaille à élargir cette compatibilité d’ici fin 2026.