Selon BFM Business, investir uniquement sur les points hauts de l’indice américain S&P 500 au cours des quatre dernières décennies aurait permis d’obtenir un taux de rendement interne (TRI) annuel moyen de 10 %. Ce chiffre, avancé lors de l’émission BFM Bourse du 3 juillet 2026, illustre la résilience des marchés actions malgré les crises successives. L’analyse, présentée par Alexandre Baradez, chef analyste chez IG France, et Kevin Thozet, membre du comité d’investissement de Carmignac, met en lumière l’efficacité d’une stratégie d’investissement ciblée sur les sommets de marché.
Ce qu'il faut retenir
- Un investissement de 1 euro sur les points hauts du S&P 500 depuis 40 ans aurait généré un TRI annuel de 10 %.
- Cette performance est calculée sur la base d’une stratégie d’achat uniquement aux sommets de marché, sans tenir compte des baisses intermédiaires.
- L’analyse a été présentée lors de l’émission BFM Bourse du 3 juillet 2026, avec des experts comme Alexandre Baradez et Kevin Thozet.
- Le S&P 500, indice phare des actions américaines, reste un baromètre clé pour les investisseurs internationaux.
- Cette performance soulève des questions sur la pertinence des stratégies d’investissement passif versus actif.
Le S&P 500, un indice résilient malgré les crises
Le S&P 500, qui regroupe les 500 plus grandes entreprises cotées aux États-Unis, est souvent considéré comme un indicateur fiable de la santé économique américaine. BFM Business rappelle que cet indice a traversé plusieurs crises majeures – krach de 2008, pandémie de Covid-19, tensions géopolitiques – tout en enregistrant une croissance moyenne annuelle proche de 10 % sur le long terme. « Les points hauts du S&P 500 ont toujours été suivis de rebonds significatifs », a souligné Alexandre Baradez lors de l’émission. Selon lui, cette résilience s’explique par la capacité des entreprises américaines à innover et à s’adapter, même en période de turbulence.
L’indice a connu des phases de forte volatilité, notamment entre 2020 et 2024, où les crises sanitaires et inflationnistes ont provoqué des corrections brutales. Pourtant, à chaque fois, le marché a fini par retrouver des sommets historiques. « Sur 40 ans, les investisseurs ayant acheté aux points hauts ont systématiquement été récompensés », a ajouté Kevin Thozet, pour qui cette dynamique illustre la force sous-jacente de l’économie américaine.
Une stratégie d’investissement controversée mais performante
L’idée d’investir uniquement sur les points hauts du S&P 500 peut sembler contre-intuitive. En effet, la plupart des stratégies recommandent d’acheter à des niveaux bas pour maximiser les gains. Pourtant, les données présentées par BFM Business montrent que cette approche, bien que risquée, peut s’avérer extrêmement lucrative. « Cela ne signifie pas qu’il faut systématiquement acheter au plus haut », a précisé Baradez. « Mais cela prouve que les marchés ont une tendance naturelle à la hausse sur le long terme. »
Cette analyse soulève un débat parmi les professionnels de la finance. Certains y voient une preuve que les corrections de marché sont temporaires et que la patience est récompensée. D’autres, plus sceptiques, rappellent que cette stratégie suppose une capacité à identifier avec précision les points hauts, ce qui est loin d’être évident en temps réel. « Le vrai défi n’est pas de savoir si le marché monte ou baisse, mais de réussir à rester investi », a nuancé Thozet.
Un rappel sur la puissance des indices passifs
Cette performance du S&P 500 rappelle aussi l’intérêt des fonds indiciels passifs, qui répliquent simplement la composition de l’indice sans chercher à le battre. Ces produits, comme les ETF, ont gagné en popularité ces dernières années, notamment pour leur faible coût et leur simplicité. « Investir dans un ETF S&P 500 reste l’une des solutions les plus efficaces pour s’exposer aux actions américaines », a confirmé Olivier Malteste, directeur des investissements d’Althéis by Yomoni, lors de la chronique Culture ETF diffusée le même jour.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis 1986, le S&P 500 a enregistré une performance annualisée de 9,8 %, dividendes réinvestis. Même en excluant les périodes de crise, les rendements restent significatifs. « Sur le très long terme, les marchés actions restent le meilleur placement disponible », a résumé Malteste. Une affirmation qui contraste avec les discours alarmistes sur la volatilité récente des marchés.
Les limites de cette analyse
Malgré ces résultats impressionnants, les experts interrogés par BFM Business ont tenu à souligner les limites de cette analyse. D’abord, elle suppose une capacité à acheter au bon moment, ce qui est extrêmement difficile en pratique. Ensuite, elle ne prend pas en compte les frais de transaction, les impôts ou l’impact psychologique d’un investissement en pleine correction de marché. « Cette étude est théorique », a rappelé Thozet. « Dans la réalité, les investisseurs vendent souvent au pire moment. »
Enfin, cette stratégie suppose une vision long terme incompatible avec les contraintes de nombreux épargnants. « Qui peut se permettre d’attendre 20 ou 30 ans avant de réaliser ses plus-values ? », s’est interrogé Alexandre Baradez. Une question qui renvoie au débat plus large sur l’horizon d’investissement idéal.
Côté investisseurs, la prudence reste de mise. Les stratégies d’investissement doivent être adaptées à chaque profil, en tenant compte de l’appétence pour le risque et de l’horizon temporel. « L’idéal reste une diversification intelligente, combinant actions, obligations et actifs alternatifs », a recommandé Kevin Thozet. Une approche qui, même sans atteindre les 10 % annuels du S&P 500, permet de limiter les risques tout en profitant de la croissance des marchés.
Alors que les marchés continuent de défier les prévisions, une chose est sûre : l’histoire du S&P 500 rappelle une vérité simple, mais souvent oubliée. Sur le très long terme, les actions restent le placement le plus performant. Reste à savoir si les investisseurs sauront en tirer parti sans se laisser guider par leurs émotions.
Cette stratégie est risquée car elle suppose une capacité à identifier avec précision les sommets du marché, ce qui est extrêmement difficile en temps réel. En pratique, la plupart des investisseurs achètent après une hausse significative, c’est-à-dire au moment où les risques de correction sont plus élevés. De plus, cette approche ne tient pas compte des périodes de forte volatilité ou des crises économiques, où les marchés peuvent rester baissiers pendant plusieurs années.