Le groupe Ipsos, spécialiste des études de marché et des sondages d'opinion, a déçu les analystes en publiant des résultats trimestriels inférieurs aux attentes, selon BFM Bourse. Une contre-performance principalement imputable à un recul marqué sur le marché américain, qui a entraîné une chute de 15,3 % de son action ce vendredi 17 avril 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Le chiffre d'affaires du premier trimestre 2026 recule de 2,4 %, à 554,9 millions d'euros, en données publiées.
- En données organiques (hors variations de changes et de périmètre), le groupe enregistre une baisse de 1,4 %.
- La zone Amériques, et plus particulièrement les États-Unis, affiche un recul de 4,1 %, tandis que l'Asie-Pacifique et l'EMEA restent quasi stables.
- L'action Ipsos plonge de 15,30 %, devenant la deuxième plus forte baisse du SBF 120 ce jour-là.
- Malgré ces résultats décevants, Ipsos maintient ses prévisions annuelles pour 2026, visant une croissance organique du chiffre d'affaires entre 2 % et 3 %.
- Le groupe confirme également son objectif de marge opérationnelle stable à 12,3 %.
Des résultats en dessous des attentes sur le premier trimestre
Ipsos a annoncé un chiffre d'affaires en recul de 2,4 % au premier trimestre 2026, s'établissant à 554,9 millions d'euros en données publiées. En données organiques, le groupe affiche une décroissance de 1,4 %, un chiffre qui se situe 3 % en dessous des attentes du marché, d'après Allinvest Securities. Le consensus tablait en effet sur une hausse de 1,1 % en données organiques, rappelle Oddo BHF dans une note publiée avant l'ouverture des marchés.
La zone Amériques, et plus précisément les États-Unis, est pointée du doigt pour expliquer cette contre-performance. Ipsos y enregistre un recul de 4,1 %, tandis que les régions Asie-Pacifique et EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique) affichent des croissances quasi nulles, avec respectivement +0,2 % et +0,1 %. « C’est la zone Amériques, surtout les États-Unis, qui explique cette situation de récession », détaille l'analyse d'Oddo BHF.
L'action Ipsos s'effondre de 15 % en Bourse
Cette publication décevante a immédiatement pesé sur l'action Ipsos, qui s'est effondrée de 15,30 % ce vendredi 17 avril 2026 vers 14h15. Elle enregistre ainsi la deuxième plus forte baisse du SBF 120, derrière Alstom, dont le titre chute de 30 % après un nouvel avertissement sur résultats. Pour Oddo BHF, le chiffre d'affaires d'Ipsos est « clairement décevant », et cette déception devrait se répercuter sur la valorisation boursière du groupe, d'autant plus que son action avait fortement progressé ces derniers jours.
Pourtant, Ipsos met en avant des signaux positifs dans sa dynamique commerciale. À fin mars, son carnet de commandes affiche une croissance organique de 1 %, conforme aux attentes de la direction. Le groupe souligne notamment une reprise de la demande en « affaires publiques » aux États-Unis et en France, ainsi qu'une bonne performance auprès de grands clients internationaux et du secteur de la grande consommation. Une amélioration significative est également observée en Chine, tirée par l'adoption rapide des technologies liées à l'intelligence artificielle.
Un décalage entre commandes et chiffre d'affaires
Ipsos précise que les commandes enregistrées en mars ne se traduiront pas immédiatement en chiffre d'affaires, créant un décalage entre la hausse du carnet et sa reconnaissance comptable. Malgré ce faux départ, le groupe maintient ses prévisions annuelles pour 2026, inchangées depuis leur communication en février. Ipsos vise toujours une croissance organique du chiffre d'affaires comprise entre 2 % et 3 %, ainsi qu'une marge opérationnelle stable à 12,3 %.
Ces objectifs tiennent compte de la déconsolidation de ses activités en Russie, dont la rentabilité était élevée, ainsi que de l'effet dilutif sur 12 mois, contre 6 mois en 2025, lié à l'intégration de The BVA Family. Le groupe rappelle également que l'année 2026 marque le lancement de son plan stratégique « Horizon 2030 », dévoilé lors de sa journée investisseurs le 22 janvier dernier. Ce plan prévoit des investissements de transformation dépassant le milliard d'euros sur cinq ans, principalement financés par le free cash-flow, avec pour objectif une croissance comparable de 5 % en 2030.
Les tensions au Moyen-Orient n'impactent pas les prévisions
Ipsos a également fait le point sur les tensions au Moyen-Orient, indiquant observer un ralentissement localisé dans la région. Cependant, le groupe précise qu'aucun annulation ou report significatif de commandes n'a été constaté à ce stade en lien avec le conflit. « Aucune annulation ou report significatif de commandes n’a été constaté à ce stade en lien avec le conflit », a ajouté la société dans son communiqué.
De son côté, Oddo BHF a salué la dynamique commerciale d'Ipsos pour le mois de mars, jugée « encourageante ». L'intermédiaire financier a laissé inchangées ses prévisions de résultats à la suite de cette publication, tout en maintenant sa recommandation de « surperformance » sur le titre, avec un objectif de cours fixé à 50 euros. « Ipsos offre des marges confortables, des free cash-flow récurrents, un bilan sain et un rendement élevé pour l’actionnaire. Il manque la croissance qui, si elle se redresse cette année conformément aux promesses, doit permettre un rerating des multiples de valorisation », analyse Oddo BHF.
Ce début d'année décevant ne remet pas en cause la feuille de route à long terme du groupe, qui mise sur une relance progressive de sa croissance d'ici 2030. La capacité d'Ipsos à concrétiser ses objectifs annuels, malgré un environnement économique incertain, sera un test clé pour les marchés dans les mois à venir.
La zone Amériques, et en particulier les États-Unis, a enregistré un recul de 4,1 % du chiffre d'affaires d'Ipsos au premier trimestre 2026, expliquant à lui seul la contre-performance globale du groupe. Cette région a été pénalisée par un environnement économique moins porteur, affectant la demande en études de marché et sondages d'opinion.
Le groupe maintient ses prévisions annuelles, visant une croissance organique du chiffre d'affaires comprise entre 2 % et 3 %, ainsi qu'une marge opérationnelle stable à 12,3 %. Ipsos mise sur une reprise progressive au second semestre et sur la concrétisation de son plan stratégique « Horizon 2030 », qui prévoit des investissements massifs pour relancer sa croissance d'ici 2030.
