Comme le rapporte BMF - International, la justice iranienne a annoncé ce lundi 1er juin 2026 l’exécution par pendaison de deux hommes présentés comme les principaux responsables du saccage et de l’incendie d’une mosquée à Téhéran lors des manifestations antigouvernementales de décembre 2025 et janvier 2026. Mehrdad Mohammadinia et Ashkan Maleki ont été pendus à l’aube, selon un communiqué de Mizan, l’agence officielle du pouvoir judiciaire iranien.

L’incident s’inscrit dans un contexte de contestation massive ayant débuté fin décembre 2025 contre la hausse des prix avant de se transformer en un mouvement politique réprimé dans la violence. Le 8 janvier 2026, des dégradations majeures ont été observées dans tout le pays, avec des incendies et des affrontements ayant causé plusieurs milliers de morts. Le régime iranien a imputé ces violences à des « terroristes » soutenus par les États-Unis et Israël, une accusation rejetée par les ONG internationales qui pointent plutôt une répression sanglante des forces de l’ordre.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux exécutions par pendaison à l’aube du 1er juin 2026 : Mehrdad Mohammadinia et Ashkan Maleki, accusés d’avoir incendié une mosquée à Téhéran lors des manifestations de janvier.
  • Les faits remontent aux manifestations de décembre 2025, initialement déclenchées contre la vie chère avant de prendre une tournure antigouvernementale.
  • Le régime iranien évoque des « terroristes » soutenus par les États-Unis et Israël, tandis que les ONG dénoncent une répression violente des forces de l’ordre.
  • Ces événements ont servi de prétexte à une intervention militaire conjointe d’Israël et des États-Unis le 28 février 2026, déclenchant un conflit régional.
  • L’Iran figure parmi les pays les plus actifs en matière d’exécutions capitales, avec au moins 1 639 condamnations à mort en 2025, un record depuis 1989.

Un mouvement de contestation réprimé dans le sang

Fin décembre 2025, un soulèvement populaire éclate en Iran, d’abord motivé par des revendications économiques liées à la hausse des prix. Rapidement, les manifestants élargissent leurs revendications, dénonçant le régime et réclamant des réformes politiques. Ces rassemblements, initialement pacifiques, dégénèrent le 8 janvier 2026 avec des incidents violents à travers le pays. Des mosquées, des bâtiments publics et des commerces sont vandalisés, tandis que des affrontements opposent manifestants et forces de l’ordre.

Selon les bilans officiels iraniens, ces violences ont fait plusieurs milliers de morts, bien que les ONG internationales contestent ces chiffres et dénoncent une répression disproportionnée. Le pouvoir en place a accusé des groupes armés soutenus par Washington et Tel-Aviv d’être à l’origine de ces troubles, une thèse contestée par les organisations de défense des droits humains.

De la répression à l’escalade militaire

Dans ce contexte déjà tendu, les autorités iraniennes ont multiplié les arrestations et les condamnations à mort, notamment à l’encontre de manifestants présumés. Selon Mizan, l’incendie criminel de la mosquée du centre de Téhéran, attribué à Mohammadinia et Maleki, a servi de prétexte à une escalade militaire. « Face à la menace d’une attaque militaire des États-Unis et du régime sioniste, les agissements de ces individus (...) ont servi de prétexte à l’agression militaire de février », a affirmé l’agence judiciaire.

Le 28 février 2026, Israël et les États-Unis lancent une frappe conjointe contre l’Iran, marquant le début d’un conflit armé au Moyen-Orient. Depuis, les tensions n’ont cessé de s’aggraver, entraînant une vague d’arrestations et d’exécutions dans le pays. Les observateurs soulignent que ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large de durcissement du régime, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières.

L’Iran, champion des exécutions capitales

Les chiffres publiés par les ONG spécialisées confirment une utilisation massive de la peine de mort en Iran. Selon Iran Human Rights, basée en Norvège, et Ensemble contre la peine de mort (ECPM), au moins 1 639 exécutions ont été recensées en 2025, un niveau inédit depuis 1989. L’Iran se classe ainsi au deuxième rang mondial pour le nombre de condamnations à mort, derrière la Chine.

Cette politique répressive s’inscrit dans une logique de contrôle social renforcé, notamment depuis le début des manifestations. Les autorités justifient ces exécutions par la nécessité de rétablir l’ordre et de lutter contre le « terrorisme », une rhétorique régulièrement employée pour légitimer les mesures les plus radicales. Les observateurs internationaux s’inquiètent de cette tendance, qui pourrait s’aggraver avec la poursuite du conflit régional.

« Les autorités iraniennes utilisent la peine capitale comme un outil de dissuasion face à toute contestation, dans un contexte où les libertés individuelles sont déjà fortement restreintes. »
Amnesty International

Et maintenant ?

Alors que l’Iran poursuit sa politique répressive, la communauté internationale observe avec inquiétude l’évolution de la situation. Plusieurs pays occidentaux ont déjà condamné les exécutions récentes, mais aucune mesure concrète n’a encore été prise pour faire pression sur Téhéran. La poursuite du conflit avec Israël et les États-Unis pourrait aggraver encore la répression interne, avec un risque d’escalade des violences et des condamnations à mort. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact de ces décisions sur la stabilité régionale.

Sur le plan intérieur, les observateurs s’attendent à ce que les autorités iraniennes maintiennent leur ligne dure, notamment en réponse aux critiques internationales. La communauté des droits humains craint une augmentation des exécutions dans les mois à venir, en particulier si le conflit se poursuit. Reste à voir si les pressions diplomatiques pourront influencer la politique judiciaire iranienne, alors que le régime semble déterminé à écraser toute forme de dissentiment.

Le régime iranien accuse les deux hommes pendus, Mehrdad Mohammadinia et Ashkan Maleki, d’avoir commis un incendie criminel et détruit une mosquée à Téhéran lors des manifestations de janvier 2026. Les autorités les présentent comme des « terroristes » soutenus par des puissances étrangères, notamment les États-Unis et Israël, et affirment que leurs actes ont servi de prétexte à l’agression militaire conjointe de février 2026.