Depuis près de six semaines, les habitants de la République islamique d’Iran subissent la plus longue interruption d’accès à internet jamais recensée dans le pays. Selon Libération, cette mesure drastique, toujours en vigueur, a débuté le 28 février 2026, au lendemain du lancement d’une offensive militaire conjointe menée par les États-Unis et Israël. Les données compilées par l’ONG Netblocks confirment que le blocage des réseaux reste total à ce jour, soit 37 jours consécutifs.

Ce qu'il faut retenir

  • Une coupure internet totale en Iran depuis le 28 février 2026, début de l’attaque américano-israélienne.
  • 37 jours consécutifs sans accès au réseau, selon les relevés de l’ONG Netblocks.
  • Cette mesure, appliquée dans l’ensemble du pays, constitue la plus longue interruption jamais enregistrée en Iran.
  • L’ONG Netblocks alerte régulièrement sur l’ampleur des restrictions numériques dans la région.

Une mesure exceptionnelle en réponse à une crise géopolitique

La coupure internet décidée par les autorités iraniennes s’inscrit dans un contexte de tensions extrêmes entre Téhéran et une coalition internationale. D’après les informations rapportées par Libération, les autorités justifient cette mesure par des impératifs de « sécurité nationale ». Netblocks, spécialisée dans le suivi de la liberté d’internet, souligne que ce blocage affecte l’ensemble des fournisseurs d’accès du pays, rendant toute connexion impossible pour des millions d’utilisateurs.

Les observateurs notent que cette décision s’ajoute à une série de restrictions numériques déjà mises en place ces dernières années. Pourtant, la durée et l’étendue géographique de cette interruption en font un cas sans précédent dans l’histoire récente du pays. Les répercussions touchent aussi bien la population civile que les entreprises, paralysant de nombreux secteurs économiques dépendants du numérique.

Netblocks, témoin d’une crise numérique sans précédent

L’ONG Netblocks, qui suit en temps réel l’état des réseaux à l’échelle mondiale, a alerté à plusieurs reprises sur l’ampleur de la situation en Iran. Ses outils de mesure, croisés avec des rapports d’ONG locales, confirment que le blocage est maintenu malgré l’absence de justification technique claire. Douglas Madory, directeur de l’analyse internet chez Netblocks, a déclaré : « Cette coupure prolongée dépasse de loin toutes les interruptions précédentes en Iran. Elle illustre une stratégie délibérée de coupure des communications, susceptible d’aggraver une crise humanitaire déjà bien réelle. »

Les données techniques de Netblocks montrent que les connexions mobiles et fixes sont toutes deux concernées, avec des tentatives de contournement systématiquement bloquées. Les applications de messagerie comme Telegram ou WhatsApp, pourtant largement utilisées en Iran, restent inaccessibles, privant les citoyens de tout moyen de communication avec l’extérieur.

Et maintenant ?

La durée de cette coupure dépendra très probablement des négociations en cours entre l’Iran et la coalition internationale. Aucune date butoir n’a été communiquée par les autorités iraniennes, et les observateurs s’attendent à ce que le blocage soit maintenu tant que les tensions persisteront. Une reprise progressive des services pourrait être envisagée en cas de désescalade, mais aucun calendrier n’a été annoncé à ce stade. La communauté internationale, via des organisations comme Netblocks ou l’ONU, pourrait intensifier ses pressions pour un rétablissement rapide des libertés numériques.

Cette situation met en lumière les vulnérabilités des infrastructures numériques en temps de crise. Les Iraniens, comme des millions d’autres citoyens dans des régions instables, se retrouvent privés d’un outil devenu essentiel pour l’information, les échanges sociaux et même les soins médicaux dans certains cas. L’impact à long terme de cette coupure reste difficile à évaluer, mais il est d’ores et déjà clair qu’elle laissera des traces durables sur la société iranienne.

Les autorités iraniennes n’ont pas officiellement détaillé les motivations derrière cette mesure. Cependant, selon les observateurs, il s’agirait d’une réponse à l’offensive américano-israélienne de fin février, visant à empêcher toute communication entre les forces opposées ou la diffusion d’informations non contrôlées. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de contrôle strict de l’information en période de conflit.